«Accélération écologique», PMA pour toutes, baisse d'impôts... Les moments forts du discours de politique générale d'Edouard Philippe

POLITIQUE Le chef du gouvernement a évoqué les prochaines réformes de l'exécutif lors de sa déclaration de politique générale

T.L.G.

— 

Edouard Philippe
Edouard Philippe — Jacques Witt/SIPA
  • Dans son discours de politique générale à l’Assemblée nationale, Edouard Philippe a insisté sur la nécessité de maintenir le cap des réformes.
  • Le Premier ministre a estimé que « l’ambition écologique » serait « au cœur de l’acte II » du quinquennat.
  • Le projet de loi sur la bioéthique, qui comprend la PMA à toutes les femmes, sera examiné « dès la fin septembre » 2019 à l’Assemblée.

« Il y a toujours urgence. » Dans son discours de politique générale à l’Assemblée nationale, Edouard Philippe a insisté sur la nécessité de maintenir le cap des réformes pour répondre aux urgences « économique », « sociale », « écologique » et « politique ». Le Premier ministre a ainsi dessiné, pendant une heure, les contours de l'« acte II » du quinquennat Macron.

L’écologie, « au cœur de l’acte II »

C’est l’un des rares passages où Edouard Philippe a mis un peu de lui-même : « Je connais les soupçons me concernant : je viens de la droite, j’ai travaillé dans une grande entreprise française du nucléaire [Areva], je suis élu d’une ville industrielle », mais « plus personne aujourd’hui n’a le monopole du vert », a-t-il estimé. Le chef du gouvernement a mis en avant sa conversion écolo pour illustrer le fait que « l’ambition écologique » serait « au cœur de l’acte II », dans la continuité de la campagne des européennes. « Les douze prochains mois seront ceux de l’accélération écologique », a-t-il lancé.

Edouard Philippe a indiqué que les propositions « les plus puissantes » de la convention citoyenne pour la transition écologique pourraient être soumises « à référendum ». Les conclusions de cette assemblée de 150 citoyens, issue du grand débat, seront connues au début de l’année 2020. Le Premier ministre propose en attendant que tous les produits en plastique jetables soient bannis de l'administration à compter de 2020. Il a évoqué d’autres propositions, sans trop de précisions : remise à plat des aides existantes à la rénovation énergétique, lutte contre le gaspillage en septembre (avec notamment la possibilité d’imposer l’incorporation de plastique recyclé dans toutes les bouteilles en plastique), fermeture de Fessenheim avant la fin 2020, réduction de la part du nucléaire à 50 % d’ici 2035, développement de l’éolien en mer.

« La PMA pour toutes » en septembre à l’Assemblée divise déjà la majorité

Le projet de loi sur la bioéthique, qui comprend l’extension de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes, sera examiné « dès la fin septembre » 2019 à l’Assemblée. « Je suis persuadé que nous pouvons atteindre une forme de débat serein, profond, sérieux, à la hauteur des exigences de notre pays », a assuré Edouard Philippe, recevant une ovation d’une partie seulement de la majorité.

Cette promesse du candidat Macron, déjà repoussée à plusieurs reprises, suscite depuis plusieurs mois des dissenssions au sein même de La République en marche.

Flou autour de la loi constitutionnelle, pression sur le Sénat

Edouard Philippe a ouvert la porte mercredi à un report de l’examen de la réforme des institutions après les sénatoriales de septembre 2020, appelant toutefois à ne pas « résister au désir de changement exprimé par les Français ».

La réforme des institutions avait été bloquée à l’Assemblée en juillet 2018, dans la tourmente de l’affaire Benalla, puis avait été retoquée dans un contexte de tension avec le Sénat, à majorité de droite. La réduction du nombre de parlementaires est notamment l’un des points de crispation. « Nous attendrons le moment propice et la manifestation de volonté du Sénat, qui peut être ne viendra qu’après le renouvellement de la Haute Chambre en 2020 », a indiqué le Premier ministre, rappelant qu’Emmanuel Macron pouvait aussi interroger les Français par référendum sur cette question. Une manière de mettre sous pression les sénateurs avant sa prise de parole jeudi matin devant la Haute-Chambre.

Un « âge d’équilibre » pour la retraite

Autre sujet explosif : les retraites. La future réforme maintiendra « la possibilité d’un départ à 62 ans » mais l’exécutif définira « un âge d’équilibre » [pour toucher une pension à taux plein] afin de pousser les Françaises et les Français à « travailler plus longtemps », a déclaré Edouard Philippe. L'hebdomadaire Challenges rapportait la semaine dernière que l’exécutif étudiait le scénario d’un « âge-pivot » à 64 ans avec un dispositif de « bonus-malus ». Le Premier ministre n’a pas donné plus d’information, rappelant seulement « que les personnes qui ont travaillé toute leur vie ne [gagneraient] pas moins que 85 % du Smic », ce qui correspond au minimum de pension à 1.000 euros promis en avril par le chef de l’Etat.

Une baisse d’impôts de 27 milliards sur le quinquennat

Edouard Philippe a confirmé un « bonus-malus » en matière d’assurance-chômage pour pénaliser les entreprises qui abusent des contrats courts (entre 5 et 10 secteurs seront concernés). Le chef du gouvernement a également confirmé que la taxe d’habitation sur les résidences principales sera intégralement supprimée pour l’ensemble des Français. Pour 80 % des « Français les plus modestes (…) leur taxe sera intégralement supprimée en 2020. Pour les 20 % restants, la suppression se déploiera sur trois années », a-t-il ajouté.

« Au total, les impôts des ménages baisseront durant ce quinquennat de 27 milliards d’euros » a expliqué Edouard Philippe, évoquant un gain en moyenne de 350 euros par foyer pour la première tranche de l’impôt sur le revenu. En contrepartie, le gouvernement devra « faire des choix pour contenir nos dépenses publiques » au début de mois de juillet.