Municipales à Lyon: La démission de Laurent Wauquiez de la présidence LR peut-elle avoir des conséquences à Lyon?

MUNICIPALES Etienne Blanc, bras droit de Laurent Wauquiez à la tête de la région Auvergne-Rhône-Alpes, se présente à la mairie de Lyon

Caroline Girardon

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La démission de Laurent Wauquiez de la présidence des Républicains peut-elle avoir une incidence sur les élections municipales et métropolitaines à Lyon.
La démission de Laurent Wauquiez de la présidence des Républicains peut-elle avoir une incidence sur les élections municipales et métropolitaines à Lyon. — J.P Clatot / AFP
  • Après la débâcle des élections européennes, Laurent Wauquiez a démissionné de la présidence des Républicains.
  • Cette décision peut-elle avoir des conséquences à Lyon, où son bras droit Etienne Blanc est candidat à la mairie en 2020 ?

La démission de Laurent Wauquiez de la présidence des Républicains, quelques jours seulement après la débâcle enregistrée lors des élections européennes, peut-elle avoir une incidence sur les élections municipales et métropolitaines de Lyon ?

François-Noël Buffet, sénateur LR du Rhône et candidat à l’investiture pour le scrutin métropolitain, est intimement convaincu que ça ne sera pas le cas. « Les élections municipales fonctionnent selon un autre mécanisme. Elles sont par nature moins politisées. Les concitoyens font confiance aux maires qui ont fait leur travail. Il y a l’avantage de la proximité », répond-il, persuadé qu' « il n’y a pas d’inquiétude à avoir ».

Dissocier les élections locales des élections nationales

L’élu estime toutefois, qu’un « un message clair [a été] envoyé ». « Il doit être entendu. Les électeurs ont fait part de leurs préoccupations et de leur intérêt, notamment pour les sujets environnementaux. Les candidats doivent en tenir compte ou rappeler ce qu’ils ont déjà mis en place, dans le cas échéant », assure-t-il.

Un avis partagé par Stéphane Guilland, chef de file LR à la ville de Lyon, pour lequel il faut « dissocier les élections locales des élections nationales ». « L’échec des européennes appelait une réaction. Laurent Wauquiez l’a bien rappelé : la victoire est collective mais la défaite est solitaire. Il a su montrer son sens des responsabilités en prenant cette décision », assure-t-il.

« Lyon n’est pas une ville majoritairement acquise à l’électorat républicain »

Reste à savoir si la décision de Laurent Wauquiez pourrait freiner la campagne d'Etienne Blanc, son premier vice-président à la région Auvergne-Rhône-Alpes, candidat à la mairie de Lyon. « Les équipes de Gérard Collomb sont en bout de cycle alors que la campagne d’Etienne Blanc prend bien. Pascal Blanche, le maire du 6ème arrondissement, l'a rejoint. Et on ne voit pas comment Denis Broliquier [le maire du 2ème] pourrait ne pas le suivre », répond Stéphane Guilland.

Selon un autre élu LR, la démission de Laurent Wauquiez de la présidence LR pourrait même être en salvatrice pour son bras droit. « Cela sera certainement désormais moins pénalisant pour lui. Depuis le début de sa campagne, Etienne Blanc est prisonnier de l’attitude des Républicains, qui pensent que la seule voie possible à suivre est la ligne dure », confesse-t-il. Mais pour le principal intéressé, il n’y a pas de lien à établir.

« Je n’ai jamais mis en avant l’étiquette LR et préfère porter projet rassembleur »

« LR, qui structure la vie politique depuis plus d’un demi-siècle est actuellement dans un tourbillon de destruction. Le PS, comme le PC ou les grands partis centristes sont eux aussi en train de disparaître. Il va falloir qu’ils reconstruisent quelque chose mais cela n’aura pas d’incidence sur la vie politique lyonnaise », constate Etienne Blanc. Selon lui, la décision de Laurent Wauquiez ne fait qu' « accroître la déconnexion entre ce que veulent les Républicains et le projet [qu’il] va présenter ».

« Les Républicains n’ont rien à faire dans la campagne électorale des municipales. Il n’y a pas un projet unique pour toutes les collectivités territoriales. Les programmes des candidats seront différents dans chaque ville », argumente le premier vice-président à la région, rappelant que Lyon « n’est pas une ville majoritairement acquise à l’électorat républicain ». « Je n’ai d’ailleurs jamais mis en avant l’étiquette LR et préfère porter un projet rassembleur », conclut-il.