Crise chez Les Républicains: Pourquoi le patron du Sénat Gérard Larcher s'impose comme un recours à droite

POLITIQUE Plusieurs cadres de Les Républicains (LR) ont mis en avant le président du Sénat pour sortir de la crise

Thibaut Le Gal

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Laurent Wauquiez et Gérard Larcher
Laurent Wauquiez et Gérard Larcher — Jacques Witt/SIPA
  • Le parti Les Républicains a connu un revers lors des élections européennes.
  • Plusieurs cadres des Républicains estiment que Gérard Larcher peut rassembler la droite.
  • A un an des municipales, la pression s’accentue sur Laurent Wauquiez.

La pression s’accroît sur Laurent Wauquiez comme sur les épaules d'Atlas. Après l'échec cuisant des européennes, le président du parti Les Républicains (LR) se trouve fragilisé. Lundi soir, le patron de la droite a proposé lors d’un bureau politique la tenue d'« états généraux » à la rentrée pour « tout remettre à plat ». Une tentative pour balayer les appels plus ou moins explicites à sa démission.

Mais plusieurs cadres du parti ont maintenu la pression ce mardi, en poussant le président du Sénat vers la lumière. C’est avec « Gérard Larcher qu’il faut faire un grand rassemblement. Il est une figure morale qui a la capacité de nous rassembler tous, qu’on soit dedans ou dehors », a notamment plaidé Valérie Pécresse sur France info. Pourquoi le sénateur des Yvelines s’impose-t-il dans le débat à droite ?

Il a un profil rassembleur

L’intéressé est passé lui-même à l’offensive ce mardi, lançant une « démarche » pour « reconstruire un projet qui rassemble la droite et le centre ».

Plusieurs cadres ont loué son profil rassembleur. « Il peut être un trait d’union entre Les Républicains, l’UDI [l'Union des Démocrates et Indépendants], Xavier Bertrand [président de la région Haut-de-France], François Baroin [ex-ministre et maire de Troyes]», a déclaré Valérie Pécresse, rappelant que la droite et le centre sont désormais divisés en plusieurs chapelles.

« Beaucoup d’élus, de cadres, ont de l’amitié et du respect pour lui. C’est quelqu’un d’agile, avec une forme de rondeur, qui a une longue pratique de la vie au Sénat, où la recherche du consensus est un peu plus grande », appuie Damien Abad, le vice-président du parti. Le député Robin Reda, proche de Pécresse, ajoute cet élément non négligeable : « C’est une grande figure de la droite, appréciée par tous les courants, et qui n’est pas un potentiel candidat pour 2022 ».

C’est un moyen d’acculer Laurent Wauquiez

Pour les cadors de la droite, imposer la figure consensuelle de Gérard Larcher est une manière d’acculer le président des Républicains. Certains ne s’en sont même pas cachés, en affirmant que Laurent Wauquiez aurait dû prendre ses responsabilités après le fiasco de dimanche : « En 1999, Nicolas Sarkozy avait démissionné avec un score de 13 % [aux européennes]. C’est une question d’éthique », a lancé Valérie Pécresse. « A échec exceptionnel, mesure exceptionnelle, sinon nous disparaîtrons », a abondé le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau sur Europe 1.

Damien Abad, vice-président du parti, balaie : « Il ne faut pas ajouter de la crise à la crise et du désordre à une situation compliquée. Retrouvons la démarche collective qui nous a manqué ». Philippe Gosselin, proche de Pécresse, nuance également: « Il ne serait pas bon de vouloir couper des têtes aujourd’hui. Je le dis d’autant plus que je suis parfois critique de Laurent Wauquiez ».

C’est un homme qui parle aux territoires

A un an des municipales, la droite sait que le chrono tourne. Valérie Pécresse a prévenu que « la plupart des maires de droite ne vont pas demander l'investiture des Républicains », s’inquiétant de la disparition du mouvement. « Gérard Larcher est un fin connaisseur des territoires, il est contact avec les élus de terrain. Il est urgent d’élargir notre famille politique pour être victorieux lors des prochaines élections locales. On ne peut pas avoir une génération d’élus sacrifiée par le recroquevillement de notre parti », alerte Robin Reda.

Le président du Sénat a déjà proposé « aux présidents de groupe parlementaire, aux présidents des trois grandes associations d’élus » de se retrouver la semaine prochaine. La majorité a déjà lancé l'assaut: dans un texte que s’est procuré le Monde, le parti de centre droit Agir, allié aux macronistes, appelle les maires LR à quitter Laurent Wauquiez pour rejoindre Emmanuel Macron pour les municipales de mars 2020.