Elections européennes: «Double défaite» pour LFI, le PS sauve les meubles et EELV triomphe

RECOMPOSITION A GAUCHE « Notre résultat est très décevant. Il n’est pas à la hauteur de nos espérances », a commenté le leader de LFI, Jean-Luc Mélenchon, alors que la liste de LFI est au coude-à-coude avec PS-Place Publique, à 6,5 %.

Aude Lorriaux

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La tête de liste de LFI, Manon Aubry, lors du dernier meeting de la France insoumise avait les élections européennes.
La tête de liste de LFI, Manon Aubry, lors du dernier meeting de la France insoumise avait les élections européennes. — Sarah ALCALAY/SIPA
  • Aux élections européennes, LFI est au coude-à-coude avec PS-Place Publique et loin derrière EELV. « C’est une double défaite », résume le politologue Rémi Lefebvre.
  • EELV a engrangé entre 12,70 et 13 % de voix, selon deux sondages. Un chiffre plus élevé que ne le laissaient croire les dernières enquêtes.

Les premières estimations de vote aux élections européennes les donnent à égalité avec la liste PS-Place Publique, voire en dessous :  La France insoumise, qui voulait s’imposer comme le premier parti de gauche lors de ces élections, a perdu son pari. Un sondage Ifop Fiducial les donne à 6,3 %, en dessous de leurs concurrents sociaux-démocrates, à 6,5 %. Un autre, d’Elabe, les donne à égalité avec le PS-Place Publique, à 6,20 %.

« Ces résultats sont décevants compte tenu des efforts déployés », a déclaré la tête de liste Manon Aubry, quelques minutes après l’annonce des résultats provisoires. « Notre résultat est très décevant. Il n’est pas à la hauteur de nos espérances », a renchéri le leader de LFI, Jean-Luc Mélenchon, blême.

Une double défaite pour LFI

Quelques jours plus tôt, LFI était donné largement devant PS-Place publique. Un revers cuisant pour l’ex-membre du PS, qui s’est donné comme objectif de siphonner son ancien parti et de passer devant EELV, qu’il n’a cessé d’attaquer pendant la campagne.

« C’est une double défaite pour LFI, résume pour 20 Minutes le politologue Rémi Lefebvre, professeur en science politique au Ceraps (Lille 2). On a l’impression qu’ils sont revenus à la situation d’avant 2017 ». En cause pour le politologue, une série de séquences qui ont dégradé l’image du leader politique de LFI, notamment celle des perquisitions au domicile de Jean-Luc Mélenchon et au siège du parti. « La dynamique s’est enrayée depuis quelques mois », résume Rémi Lefebvre.

« La mobilisation des jeunes pour le climat a fini par se voir »

La surprise positive du jour vient du côté écolo, où EELV a engrangé entre 12,70 et 13 % de voix, selon les deux sondages précités. La tête de liste Yannick Jadot a évoqué un « magnifique message ». « Les Françaises et les Français nous ont envoyé un signal très clair : ils veulent que l’écologie aussi soit au cœur du jeu politique et ce message a été lancé dans toute l’Europe », a-t-il ajouté, alors que les partis écolos sont donnés en forte hausse dans de nombreux pays de l’Union européenne.

A quoi est due cette victoire ? Avec les marches pour le climat, les thèmes écolos ont été plus présents ces derniers temps, alors que les études et réunions internationales ne cessent d’égrainer des chiffres calamiteux pour la biodiversité et le climat. « La mobilisation des jeunes pour le climat a fini par se voir », commente Pierre Serne, auteur de Des verts à EELV, 30 ans d’histoire de l’écologie et porte-parole de Générations.

Quand au PS-Place Publique, il sauve les murs, après avoir réussi à remobiliser une partie de son électorat. Un peu d’air pour la tête de liste Raphaël Glucksmann, alors que son parti n’était pas certain d’atteindre le seuil des 5 % à partir desquels des élus sont effectivement désignés pour siéger au Parlement européen.