Jean-Luc Mélenchon a-t-il assigné le RN en justice pour avoir dit qu’Andréa Kotarac était membre de LFI?

FAKE OFF Selon Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon aurait assigné le Rassemblement national (RN) pour avoir indiqué qu'Andréa Kotarac était membre de la France insoumise (FI)

Alexis Orsini

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Jean-Luc Mélenchon lors d'un meeting de la France insoumise (FI) à Rouen, le 16 mai 2019.
Jean-Luc Mélenchon lors d'un meeting de la France insoumise (FI) à Rouen, le 16 mai 2019. — SICCOLI PATRICK/SIPA
  • Marine Le Pen a dénoncé la mise en demeure reçue par le Rassemblement national (RN) de la France insoumise (FI).
  • Elle affirme que «Mélenchon assigne le RN pour avoir dit qu’Andréa Kotarac était membre de son équipe», en référence à l'ex-élu de la FI qui a annoncé son ralliement au parti d'extrême droite.
  • La mise en demeure porte toutefois uniquement sur un visuel du RN jugé trompeur, sur le fondement du code électoral, comme l'explique la France insoumise à 20 Minutes.

Le revirement d’Andréa Kotarac, élu de la France insoumise (FI) en région Rhône-Alpes, qui a annoncé son intention de voter pour le Rassemblement national (RN) aux élections européennes, continue d’alimenter les tensions entre les deux partis.

Après les critiques de Jean-Luc Mélenchon, qui a dénonce une « boule puante de fin de campagne », Marine Le Pen a fustigé la mise en demeure reçue par le Rassemblement national : « RIDICULE ! Mélenchon assigne le RN pour avoir dit qu’Andréa Kotarac était membre de son équipe, ce qui est incontestable. On se croirait revenu à l’époque soviétique où le Politburo supprimait les dirigeants gênants des photos officielles ! »

FAKE OFF

Si FI a bien engagé une procédure juridique contre le parti d’extrême droite, celle-ci ne vise pas à lui interdire toute mention du passé politique d’André Kotarac. « La mise en demeure porte uniquement sur un visuel du Rassemblement national diffusé sur Facebook et Twitter, sur lequel il est écrit "Andréa Kotarac, membre de l’équipe de Jean-Luc Mélenchon, La France insoumise" », précise le service presse de la France insoumise à 20 Minutes.

« Cela laisse entendre qu’il y a une convergence entre LFI et le RN, et ça peut tromper des électeurs. Cette mise en demeure s’appuie donc sur un fondement juridique, en l’occurrence le code électoral qui sanctionne toute tentative de tromperie », poursuit-il.

Son article L97 sanctionne en effet d’un an d’emprisonnement et de 15.000 euros d’amende « ceux qui, à l'aide de fausses nouvelles, bruits calomnieux ou autres manoeuvres frauduleuses, auront surpris ou détourné des suffrages, déterminé un ou plusieurs électeurs à s'abstenir de voter. »

Ce n’est pas la première fois qu'un visuel oppose Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. En 2012, cette dernière avait fait l’objet d’une procédure par citation du candidat du Front de gauche, qui accusait ses équipes d’avoir diffusé un tract à son effigie, contenant une phrase prononcée lors d’un discours (« Il n'y a pas d'avenir pour la France sans les Arabes et les Berbères du Maghreb ») et la phrase « Votons Mélenchon » rédigée en arabe (approximatif). D'abord condamnée en première instance, Marine Le Pen avait finalement été relaxée en 2015 par la cour d’appel de Douai.