Elections européennes: Nouvelle polémique pour un grand débat sur France 2

TELEVISION Certains candidats sont très remontés contre la chaine 

20 Minutes avec AFP

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Generation.s, le mouvement de Benoit Hamon, avait manifesté devant les locaux de France Televisions en mars 2019.
Generation.s, le mouvement de Benoit Hamon, avait manifesté devant les locaux de France Televisions en mars 2019. — VINCENT LOISON/SIPA

A chaque grand débat télévisé sa polémique : plusieurs têtes de liste de « petits partis » aux européennes ont dénoncé ce mardi leur relégation « scandaleuse » en deuxième partie de soirée sur France 2 le 22 mai, quatre jours avant le scrutin. Certains d’entre eux y voient une « manipulation » politique, ce dont la chaîne s’est catégoriquement défendue, et Ian Brossat, tête de liste du PCF, a annoncé saisir le CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel).

Quinze candidats répartis sur deux émissions

France 2 diffusera le 22 mai un double débat dans le cadre de l’Emission politique, qui doit réunir dans un premier temps six candidats ou chefs de partis : Marine Le Pen (RN) et Stanislas Guérini (LREM) dont les listes font la course en tête autour de 22 %, Laurent Wauquiez (LR, 13-14 %) Raphaël Glucksmann (PS/PP, entre 5 et 6 %), Yannick Jadot (EELV, entre 7 et 8 %), Manon Aubry (LFI, entre 8 et 9,5 %).

Dans un deuxième temps, sont prévus Nicolas Dupont-Aignan (DLF), Ian Brossat (PCF), Jean-Christophe Lagarde (UDI), François Asselineau (UPR), Francis Lalanne (Gilets jaunes), Dominique Bourg (écolo), Florian Philippot (Patriotes), Nathalie Arthaud (LO) et Benoît Hamon (Génération.s), tous en dessous de 5 % d’intentions de vote.

Mais plusieurs d’entre eux ont critiqué la présence des dirigeants de LR, LREM et du RN au lieu de leurs têtes de liste (Bellamy, Loiseau et Bardella) et menacé de ne pas y participer. Le plus virulent a été Benoît Hamon, tête de liste Génération.s qui a reproché, sur Public Sénat, à la présidente de France Télévisions Delphine Ernotte d’avoir voulu donner « quelques gages à l’Élysée » pour obtenir un second mandat. Si rien ne change, « je m’abstiendrai d’y aller », a-t-il ajouté dans Le Monde.

« Marque d’irrespect »

Jean-Christophe Lagarde, la tête de liste UDI, a fustigé une « attitude scandaleuse de la part du service public » et Nicolas Dupont-Aignan a pourfendu une « scandaleuse manipulation de l’élection par France 2 et France Inter » qui codiffusera l’émission.

Ian Brossat a annoncé saisir le CSA (chargé de veiller au pluralisme mais qui n’intervient jamais en amont sur la programmation des chaînes) et « suspendre » sa participation au débat de France 2, qui selon lui « veut faire l’élection à la place des électeurs ». Quant à Florian Philippot, il a critiqué « une marque incroyable d’irrespect » envers les électeurs.

La réponse de Thomas Sotto

Faux, a répondu Thomas Sotto, coprésentateur de L’Emission politique, interrogé par l’AFP. Pour lui, les organisateurs ont « respecté rigoureusement et scrupuleusement les critères de représentativité du CSA » qui intègrent les sondages, le nombre de parlementaires, la contribution au débat électoral.

Et sur le découpage en deux parties de ce débat, « c’est un choix qu’on assume », a-t-il dit, invoquant une volonté de « clarté », pour que les candidats puissent exposer leurs « idées pour l’Europe ». Quant à la présence de chefs de partis, « dès le départ, c’est nous qui avions donné cette possibilité » aux candidats, a-t-il précisé, compte tenu du fait que certaines têtes de liste devaient participer à des meetings ce soir-là.

« On ne favorisera personne », a-t-il assuré, précisant que l’émission allait donner la parole à une quinzaine de listes sur un record de 34. « Ces petites intimidations, ça suffit », a-t-il estimé, relevant que France 2 était la seule grande chaîne à diffuser régulièrement des programmes politiques en soirée.

Un précédent débat déjà contesté

Le dernier grand débat télévisé de la campagne doit avoir lieu le lendemain, le 23 mai, sur BFMTV. Un débat organisé début avril dans L’Emission politique, et également retransmis sur France Inter, avait déjà tourné au bras de fer judiciaire entre France Télévisions et plusieurs têtes de listes.

D’abord prévu à neuf, il avait été élargi à 12 sous la pression de trois candidats initialement non-invités, à coups de procédures judiciaires : Benoît Hamon, François Asselineau et Florian Philippot. France 2 avait fini par gagner en appel devant le Conseil d’Etat, la haute instance judiciaire ayant tranché que la chaîne était libre de choisir ses invités.