«Gilets jaunes» : Agnès Buzyn assure qu'«il n’y a en aucun cas de fichage» à l’hôpital

DEFENSE La ministre de la Santé a nié l’existence d’un fichier recensant le type de blessures lors des manifestations de « gilets jaunes », révélée par « Le Canard enchaîné » mi-avril

Manon Aublanc
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Agnès Buzyn, le 24 octobre 2018 à Paris.
Agnès Buzyn, le 24 octobre 2018 à Paris. — Eric FEFERBERG / AFP

Agnès Buzyn monte au créneau pour défendre ses équipes. Dans un article paru mi-avril, Le Canard enchaîné avait mis en cause l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (APHP) et l’Agence Régionale de Santé (ARS) dans l’utilisation illicite d’un fichier pour recenser « les gilets jaunes » blessés lors des manifestations. Ce vendredi sur Franceinfo, la ministre de la Santé a nié tout « fichage » de « gilets jaunes » blessés dans les hôpitaux.

Le 17 avril, l’hebdomadaire satirique avait révélé l’existence d’un recensement nominatif par les hôpitaux parisiens des personnes blessées lors des manifestations des « gilets jaunes », dans un fichier appelé « SI-VIC » (système d’information pour le suivi des victimes), et mis en place après les attentats de 2015 pour faciliter l’identification des victimes d’attaques. Une information qui avait conduit l’un des manifestants concernés, blessé à Paris lors de la manifestation du 9 février, à porter plainte pour fichage « illicite ».

« Un système purement administratif qui permet de repérer les victimes et de mieux les orienter »

« Il n’y a en aucun cas de fichage, je me fiche de savoir si ce sont des manifestants, des forces de l’ordre, des journalistes ou des passants », a assuré Agnès Buzyn, rappelant que la SI-VIC est « un système purement administratif qui permet de repérer les victimes et de mieux les orienter pour que par exemple un service d’urgences ou de chirurgie ne soit pas débordé par toutes les victimes qui arriveraient d’un coup », a précisé Agnès Buzyn.

« Donc c’est un système qui permet de mieux organiser le secours en cas d’afflux en masse de victimes, et qui permet de renseigner les familles pour leur dire si la personne qu’ils cherchent est vivante ou décédée, si elle est hospitalisée ou ressortie. Ce sont les seules informations qui figurent », a ajouté la ministre de la Santé, réagissant à la tribune d’une centaine de médecins qui dénonçaient « le fichage de patients à des fins possibles d’exploitations politiques ou judiciaires ».

« S’il y a eu des dérives, cette dérive a eu lieu à l’Assistance publique des hôpitaux de Paris »

« Aucun soignant n’accepterait de faire » un fichage, a poursuivi la ministre de la Santé. « Donc s’il y a eu des dérives, cette dérive a eu lieu à l’Assistance publique des hôpitaux de Paris, dans un hôpital, c’est ce qui a entraîné un émoi. J’ai demandé une enquête, j’attends les résultats de cette enquête, mais cela ne concerne en rien le ministère de la Santé, qui fort heureusement demande aux soignants toujours la même chose : de soigner tout le monde, avec la même déontologie », a-t-elle conclu.

Quelques jours après les révélations du Canard enchaîné, l’AP-HP a reconnu qu’un fichier nominatif avait parfois inclus « de manière inappropriée » des précisions de nature médicale.