Européennes: Propositions, têtes de liste, couleur politique... On vous dit tout sur les deux listes «gilets jaunes»

POLITIQUE Deux listes ayant des liens avec les «gilets jaunes» ont été déposées vendredi dernier en vue des élections européennes

T.L.G.

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Fracis Lalanne en gilet jaune, le 17 décembre 2018 à Paris.
Fracis Lalanne en gilet jaune, le 17 décembre 2018 à Paris. — AFP
  • Plusieurs figures des «gilets jaunes» ont tenté de monter une liste pour les européennes.
  • Deux listes ont finalement été validées pour le scrutin du 26 mai.
  • Plusieurs partis ont placé des figures du mouvement sur leur liste.

Il y en aura finalement deux. Deux listes liées aux «gilets jaunes» ont été déposées vendredi dernier pour les élections européennes. Dès janvier, l’une des figures du mouvement, Ingrid Levavasseur, avait souhaité porter les revendications des manifestants au scrutin du 26 mai avec le Ralliement d’initiative citoyenne (RIC). Mais l’aide-soignante de l’Eure avait finalement abandonnée à la mi-février.

Cette fois, c’est certain : deux listes liées au mouvement social seront proposées aux électeurs. 20 Minutes vous donne plus d’informations sur leurs chefs de file, leurs propositions, et leur couleur politique.

« Alliance jaune, la révolte par le vote »

Tête de liste : Francis Lalanne. Le chanteur est presque un briscard de la politique. Il a déjà participé à plusieurs campagnes : en 2007 dans la 2e circonscription du Bas-Rhin sous la bannière du Mouvement écologiste indépendant d’Antoine Waechter, aux municipales de 2008 dans la ville de Montauban ou encore aux législatives de 2017 (comme suppléant) dans le fief d’Essonne de Manuel Valls avec le mouvement « 100 % ».

Leur couleur politique : L’Alliance jaune est issue d'un mariage entre le « rassemblement gilets jaunes » de Francis Lalanne et des rescapés du Ralliement d’initiative citoyenne (RIC) comme Jérémy Clément, numéro 3 derrière l’avocate d’Avignon Sophia Albert-Salmeron, qui a défendu plusieurs manifestants.

Le mouvement, qui se dit « citoyen » et « apolitique » bénéficie de l’aide de Jean-Marc Governatori, co-secrétaire national de l'Alliance écologiste indépendante alliée à EELV pour le scrutin. Ce dernier a accepté de se porter « caution financière » à hauteur de 800.000 euros auprès d’un imprimeur. « Ca correspond à 94 millions de bulletins de vote, à 100.000 affiches et 47 millions de professions de foi », précisait Lalanne.

Leurs propositions : : L’alliance jaune défend notamment la taxe Tobin (taxe sur les transactions financières internationales), une taxation du kérosène lourd (utilisé par les avions) et une reconnaissance des ressources naturelles comme entités morales. « Ces élections seront le moyen de faire valoir les revendications des "gilets jaunes" sur le plan institutionnel », disait le chanteur.

« Evolution citoyenne »

Tête de liste : Christophe Chalençon. L’artisan forgeron du Vaucluse est une figure du mouvement des « gilets jaunes ». Il avait créé un incident diplomatique début février lorsqu’il avait rencontré Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement 5 étoiles et numéro deux du gouvernement italien. Christophe Chalençon avait également fait parler de lui lorsqu’il a appelé à installer un ancien militaire au pouvoir «comme le général De Villiers».

Leur couleur politique : D’après leur chef de file, il ne s’agit pas véritablement d'« une liste gilets jaunes » mais d’un « panel de citoyens de gauche à droite » composés de personnes « issues de la société civile ». Sur la liste, figurent notamment Marc Doyer, ancien soutien d'Emmanuel Macron passé par le RIC de Levavasseur ou encore l’ex-conseiller municipal biterrois (RPF) Brice Blazy, désormais en froid avec Robert Ménard.

Leurs propositions : « Nous ne sommes pas pour sortir de l’Europe, nous sommes pour une Europe des nations fortes », a expliqué Christophe Chalençon, qui veut, s’il est élu, organiser des « assemblées citoyennes » au cours desquelles les participants pourront s’exprimer sur les lois soumises au vote du Parlement européen.

Des figures des « gilets jaunes » sur d’autres listes

Par ailleurs, certaines figures du mouvement ont rejoint des listes de partis existants : le fonctionnaire Jean-François Barnaba a annoncé son ralliement à la liste des Patriotes de Florian Philippot (en 9e position) et Benjamin Cauchy celle du souverainiste Nicolas Dupont-Aignan (9e). D’autres partis, comme le PCF ou l’UPR, ont également mis en avant la présence de « gilets jaunes » sur leurs listes.

Par ailleurs, la liste du « Mouvement pour l’initiative citoyenne », qui défend l’une des mesures phares du mouvement, le référendum d’initiative citoyenne (RIC), n’est pas liée aux « gilets jaunes », confirme à 20 Minutes l’un des porte-paroles. « Nous défendions déjà cette mesure aux européennes de 2009 », ajoute-t-il.