Elections européennes: Le gouvernement entre en piste pour rebooster la campagne

VOTE Nathalie Loiseau, tête de liste LREM-Renaissance devrait notamment présenter son programme le 9 mai

20 Minutes avec AFP

— 

Nathalie Loiseau et Edouard Philippe, le 12 juillet 2018 à Paris.
Nathalie Loiseau et Edouard Philippe, le 12 juillet 2018 à Paris. — Bertrand GUAY / AFP

Confronté au tassement de la liste de La République en marche dans les sondages, le gouvernement se lance ce lundi dans la campagne des européennes, prévenu qu’une partie de la crédibilité de l’exécutif est en jeu.

A trois semaines du scrutin du 26 mai, le sprint final est engagé pour toute la majorité qui tiendra lundi plusieurs meetings, dont une estrade commune inédite à Caen rassemblant Edouard Philippe, la tête de liste Nathalie Loiseau et des ministres, étrillés par l’opposition qui leur reproche de traîner pour dévoiler leur programme. « Ce n’est pas le départ en campagne du gouvernement mais le départ en campagne tout court », tranche auprès de l’AFP le directeur de campagne Stéphane Séjourné, qui avait ciblé l’essentiel des efforts sur le mois de mai.

Affiches, tracts et programme dévoilé

« Tout va s’intensifier, avec plus de réunions publiques qui se passeront de manière simultanée. On joue la stratégie de la démultiplication et du maillage », ajoute l’ancien conseiller politique d’Emmanuel Macron. D’abord prévue autour du 20 avril, cette accélération a été retardée par l'incendie de Notre-Dame et la sortie du grand débat. Cette semaine, elle se traduira aussi par le dévoilement du matériel de campagne (affiches, tracts, professions de foi) et surtout la présentation du programme le 9 mai, déclinée en plusieurs événements en régions.

Elle répond aussi à l’injonction du président de la République qui, relayé par les ténors de la majorité, ont multiplié les appels à la mobilisation générale. Le Premier ministre, dont « l’engagement pro-européen est très ancien », devrait montrer l’exemple à raison de deux voire trois meetings par semaine, selon Matignon. « On a un enjeu de montrer que l’élection n’est pas faite », insiste Stéphane Séjourné.

Un début de campagne polémique

Au coude-à-coude avec le Rassemblement national dans les sondages, entre 21 et 24 % des intentions de vote, la liste de la majorité régresse légèrement depuis quelques jours, jusqu’à passer derrière le RN dans certaines enquêtes, après plusieurs déboires pour Nathalie Loiseau : révélation de sa présence sur une liste d’extrême droite lors d’élections étudiantes, maladresses verbales.

« Je préfère que la séquence qu’on a eue se passe maintenant plutôt que dans dix jours », se rassure un cadre de la campagne. « Le début de campagne de Nathalie Loiseau a fait couler pas mal d’encre mais ce n’est pas un enjeu grand public. Les gens n’ont pas commencé à se forger d’opinion », abonde une source gouvernementale, en appelant toutefois à « mettre les bouchées doubles ».

Premier test pour la majorité

« Il n’y a pas de panique contrairement à ce que j’entends », balaye pour sa part Stéphane Séjourné. Sans pour autant minimiser l’important enjeu pour Emmanuel Macron, dont la fibre pro-européenne avait été un marqueur de sa victoire en 2017, de remporter cette élection qui avait porté en tête le FN en 2014.

« On ne peut pas revenir dans trois ans [à la présidentielle de 2022] et dire qu’on n’a pas de bilan européen et qu’on n’est pas arrivés à bouger les choses », souligne Stéphane Séjourné pour souligner l’importance d’une entrée massive d’eurodéputés LREM. Sur le plan national, « c’est le premier test électoral pour la majorité. Personne ne pourra dire le contraire. En termes de dynamique politique, évidemment qu’il y aura des conséquences à tirer en cas d’échec », renchérit-il.