Défilé du 1er Mai: Quel est le dispositif de sécurité prévu à Paris?

MOBILISATION A côté des syndicats, des «gilets jaunes» et des «black blocs» pourraient venir grossir les cortèges

Nicolas Raffin

— 

La manifestation du 1er Mai 2018 avait été émaillée de violences.
La manifestation du 1er Mai 2018 avait été émaillée de violences. — ISA HARSIN/SIPA
  • La manifestation du 1er Mai sera très encadrée à Paris.
  • Les autorités veulent éviter tout débordement lié aux « black blocs ».
  • Près de 7.400 policiers et gendarmes seront déployés dans la capitale.

Christophe Castaner a donné le ton. Avant les défilés de ce mercredi, le ministre de l’Intérieur a rappelé mardi que le 1er Mai devait rester « la fête du Travail, pas la fête de la violence ». Pourtant, « nous pouvons avoir des inquiétudes » a-t-il reconnu, citant notamment des « appels à la violence qui s’affichent ouvertement » sur les réseaux sociaux.

La journée de mercredi est en effet qualifiée sur plusieurs groupes Facebook de « journée de l’apocalypse ». Si le dernier « acte » des « gilets jaunes », samedi dernier, a été plutôt calme, le ministère de l’Intérieur se prépare donc à une tout autre ambiance pour ce 1er Mai. Ce sera un « véritable test », selon une source policière citée par l’AFP. Aux traditionnels syndicats vont en effet s’agréger des « gilets jaunes », mais aussi des « black blocs ».

Un large périmètre d’interdiction de manifester

« D’après les informations dont nous disposons, 1.000 à 2.000 activistes pourraient tenter de semer le désordre [à Paris], a affirmé Christophe Castaner. Ils pourraient être rejoints par des « ultra jaunes » radicalisés. Il n’est pas question de provoquer, mais de dire la vérité (…) Il y a un risque. » Pour tenter d’éviter tout débordement, 7.400 policiers et gendarmes seront déployés dans la capitale.

Les forces de l’ordre seront chargées de mettre en œuvre la nouvelle « doctrine » de sécurité qui a émergé il y a quelques semaines. Le nouveau préfet de police de Paris, Didier Lallement, en a rappelé les principaux contours ce mardi. Plusieurs zones d’interdiction de manifester seront ainsi en vigueur à Paris : les places de la Concorde et de l’Etoile, les Champs-Elysées, les abords de l’Assemblée nationale et de Notre-Dame seront ainsi interdits aux manifestants. Des contrôles préventifs devront aussi permettre d’identifier d’éventuels casseurs en amont des manifestations. Le ministère de l’Intérieur annonçait d’ailleurs plusieurs interpellations dès mardi soir.

Les fameuses unités « anti-casseurs » se déplaçant à moto seront aussi présentes ce 1er Mai. Christophe Castaner a d’ailleurs réfuté le qualificatif de « voltigeurs » qui leur est parfois attribué, estimant que les motos servaient simplement « à se projeter rapidement », sans pour autant aller au contact des manifestants. Enfin, près de 580 commerces se trouvant sur le parcours de la manifestation (entre Montparnasse et place d’Italie) devraient baisser le rideau par mesure de sécurité.

Eviter un remake de 2018

Avec toutes ces précautions, l’exécutif espère ne pas revivre le 1er Mai 2018. L’année dernière, le défilé parisien du 1er Mai avait compté environ 14.500 personnes, selon les autorités, et plus de 1.200 « black blocs » avaient été recensés par la police. Les images de dégradations et d’un McDonald’s en feu face à la gare d’Austerlitz avaient marqué les esprits. Tout comme la révélation, a posteriori, des agissements d’Alexandre Benalla, présent ce jour-là au côté des forces de l’ordre. En réponse à la question malicieuse d’un journaliste, Didier Lallement a d’ailleurs indiqué qu’aucun « observateur » ne serait présent cette année avec les policiers.