Des enfants d'un «gilet jaune» ont-ils été vraiment placés en foyer?

FAKE OFF Une publication virale sur Facebook alerte sur le sort de deux fillettes, dont le père est un « gilet jaune ». Les enfants ont été placés en raison d'un « état d'insalubrité » constaté dans le logement de la famille, explique le procureur

Mathilde Cousin

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Des « gilets jaunes » défilent à Toulouse le 23 février.
Des « gilets jaunes » défilent à Toulouse le 23 février. — FRED SCHEIBER/SIPA
  • Deux fillettes ont été placées en foyer et leur père « gilet jaune » a été placé en garde à vue, alerte un post viral sur Facebook.
  • Les fillettes font bien l’objet d’une mesure provisoire de protection.
  • Elles n’ont pas été placées en raison de l’engagement de leur père, mais parce qu’un « état d’insalubrité » a été constaté dans le logement de la famille, explique le procureur.

Edit du 7 mai 2019 : L'homme et sa compagne ont pu récupérer leurs enfants.

Des enfants retirés à leur père « gilet jaune », après que celui-ci a été placé en garde à vue ? Un post Facebook indiquant que deux petites filles âgées de deux et quatre ans ont été « retirées à leurs parents » et « placées en foyer » est devenu viral sur le réseau social. Titré « alerte enlèvement par l’Etat », il a été partagé 23.000 fois depuis sa publication le 26 avril.

Selon ce post, le père a été placé en garde à vue le 24 avril et en est sorti le lendemain. L’homme a été arrêté à Belfort.

Ce post alertant sur le sort des deux fillettes est devenu viral sur Facebook.
Ce post alertant sur le sort des deux fillettes est devenu viral sur Facebook. - Capture d'écran Facebook

L’information a été reprise sur des sites soutenant l’indépendance de la Bretagne, le « gilet jaune » étant un militant de cette cause.

Lundi, les enfants étaient toujours placés, selon le compte Facebook du grand-père des fillettes. Contacté par 20 Minutes, celui-ci n’a pas donné suite.

Un placement provisoire des enfants peut être prononcé

Les enfants n’ont pas été placés en raison de l’engagement de leur père, explique le procureur de Belfort à 20 Minutes. Ils font l’objet d’une mesure de protection car un « état d’insalubrité » dans le logement de la famille a été constaté, « à l’occasion de la perquisition » et de « l’audition de l’épouse » du « gilet jaune », détaille Eric Plantier. « La santé, la sécurité, la moralité, le développement des enfants paraissaient compromis », ajoute le magistrat, en s’appuyant sur le code civil.

La publication Facebook questionne la légalité de la procédure. Le juge des enfants a toutefois le droit de prononcer une mesure de protection provisoire « en cas d’urgence et sans attendre la fin de la procédure », rappelle le site service public. Il doit ensuite auditionner les parents « au plus tard 15 jours » après cette décision. Le procureur peut lui aussi décider de placer les enfants. Il a alors 8 jours pour saisir le juge des enfants, puis celui-ci a 15 jours pour tenir une audience avec les parents.

En garde à vue pour des publications sur Facebook

Le père a quant a lui été placé en garde à vue pour des publications sur Facebook. Lui sont reprochés des faits de « provocation publique à la commission de crime ou de délit » et de « provocation à s’armer contre l’autorité de l’Etat ». L’homme a été mis en examen, confirme le procureur.

 

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