Elections européennes: Qui sont les têtes de liste françaises?

RECAP De la cheffe de file de LREM Nathalie Loiseau, au chanteur Francis Lalanne, leader d’une liste « gilets jaunes », « 20 Minutes » vous présente les principales têtes de liste françaises pour les élections europénnes

A.L. avec AFP

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Le Parlement européen à Strasbourg.
Le Parlement européen à Strasbourg. — ISOPIX/SIPA
  • Les élections européennes ont lieu le 26 mai. La clôture du dépôt des listes a lieu ce vendredi 3 mai.
  • Les listes doivent être publiées lundi par le ministère de l'Intérieur, soit une semaine avant le lancement, le 13 mai, de la campagne officielle.
  • 20 Minutes vous présente les principales têtes de liste.
Nathalie Loiseau à Chalon-sur-Saône, le 19 avril 2019.

 

Nathalie Loiseau (LREM)

L’ex-ministre des Affaires européennes a pris la tête de la liste de La République en marche fin mars, avec un meeting à Aubervilliers. Parmi ses propositions phares, l’idée d’un smic européen, soit l’équivalent d'« au moins la moitié du salaire médian ». La liste LREM est arrivée en tête de nombreux sondages ces derniers mois, mais une enquête Ifop/Fiducial diffusée le 2 mai indique que le Rassemblement national lui est passé devant, avec 21,5 % des voix contre 22,5 % pour son principal adversaire.

Erigée en rempart contre le Rassemblement national et le populisme en Europe, la cheffe de file a pâti des révélations de Mediapart démontrant qu’elle avait figuré sur une liste d'extrême-droite pendant ses études. D’autres gaffes sont venues ternir son image : cette ancienne directrice de l’ENA (Ecole nationale d’administration) a ainsi déclaré être « soulagée » de la possible suppression de l’école, puis elle a affirmé y avoir été accueillie comme « une romanichelle » quand elle est arrivée à sa tête. Des propos qui ont suscité l’indignation sur les réseaux sociaux. Ses opposants l’ont aussi accusé de « relativiser l’homophobie » dans une bande dessinée sur l'Europe dont elle a signé le scénario.

Jordan Bardella à Metz, le 1er mai 2019.

 

Jordan Bardella (RN)

Le Rassemblement national (RN) est parti dans la course aux élections européennes beaucoup plus tôt que son principal concurrent, LREM. Jordan Bardella, ex-porte-parole du mouvement d’extrême droite, conseiller régional de seulement 23 ans, a été désigné tête de liste début janvier. Né à Drancy, en Seine-Saint-Denis, en 1995, Jordan Bardella est issu de l’immigration.

Avant sa désignation, Jordan Bardella avait déjà passé plus de sept ans à militer pour le mouvement de Marine Le Pen. Il a effectué son baptême du feu médiatique fin février au Salon de l’agriculture, souriant et un peu stressé. Depuis, le public a découvert le visage de cet ex-étudiant en géographie au travers des nombreux débats télévisés. Notamment le 5 avril, lorsqu’il a affirmé à propos du Brexit que l’économie britannique ne s’était « jamais si bien portée ».

François-Xavier Bellamy au Cirque d'Hiver à Paris, le 25 avril 2019.

 

François-Xavier Bellamy (LR)

Ex-plume de l’ancien ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres, remarqué par ce dernier après une garde à vue, le natif de Versailles cumule les records de précocité. En 2008, il est par exemple devenu le plus jeune adjoint au maire d’une grande ville de France. L’agrégé de philosophie ne fait toutefois pas que des heureux à droite, en raison de sa proximité avec La Manif pour tous. Lui dénonce les caricatures dont on l'affuble, dit-il, concernant sa position sur l’avortement.

François-Xavier Bellamy a un autre thème de prédilection, « l’islamisme », dont il a fustigé la « barbarie », par exemple, lors d’un meeting dans la capitale alsacienne, fin avril. Sur l’écologie, il affiche une position « pragmatique », dit-il, s'affirmant d'accord avec l'interdiction du glyphosate en 5 ans. Pour l’instant, il semble avoir plutôt réussi à relever son camp :  sa liste recueille entre 14 et 15 % d’intentions de vote dans les dernières études d’opinion, alors qu’elle avait connu un plancher de 8 % dans un sondage au cœur de l’hiver.

Manon Aubry à Bordeaux, le 29 avril 2019.

 

Manon Aubry (LFI)

La France insoumise cherchait une « femme venant du monde associatif » et c’est son nom qui est remonté. Avant de s’engager en politique il y a quelques mois seulement, Manon Aubry était porte-parole de l’ONG Oxfam, spécialiste de l’évasion fiscale et des inégalités. Mais si elle n’a jamais eu de mandat, elle a toujours milité. Contre les réformes Fillon, le référendum sur le projet de Constitution européenne, le contrat première embauche (CPE) lorsqu’elle était au lycée. Et plus tard à Sciences-Po Paris au sein de l'Unef, le syndicat étudiant de gauche. En matière d’écologie, la militante défend l’option d’une règle verte – ne pas prendre à la terre plus que ce qu’elle peut reconstituer – et vise les 100 % d’énergies renouvelables d’ici 2050.

Malgré ce discours offensif sur l’un des thèmes chers aux Insoumis, la candidate ne dépasse jamais la barre des 10 % dans les sondages, loin des 19 % de la présidentielle de 2017. Serait-ce à cause des accusations de népotisme à son encontre ? Certains et certaines disent que c’est parce que « le patron », Jean-Luc Mélenchon, lui fait de l’ombre, mais la candidate s'en défend : « Jean-Luc Mélenchon ne décide de rien (dans la campagne pour les Européennes) », tonne-t-elle. Depuis quelques semaines, elle apparaît en tout cas plus souvent aux côtés du leader du mouvement, comme à Amiens mi-avril. 

Yannick Jadot le 10 avril à Villeurbanne.

 

Yannick Jadot (EELV)

Yannick Jadot, tête de liste d’Europe Écologie – Les Verts, s’est lancé très tôt dans la course : il a été désigné en juillet 2018, devant Michèle Rivasi. Au programme, notamment : 100 milliards d'investissements verts et un «plan d'action pour l'Europe». L’ancien candidat à la présidentielle, déjà eurodéputé, mène sa barque seul : Il a décliné l’offre de l'ancienne candidate à la présidentielle, Ségolène Royal. Il a aussi refusé de s’allier avec Benoît Hamon, candidat de Génération·s, dont il était l’ancien conseiller spécial ; tout comme avec  Place publique et le Parti socialiste. « Notre priorité est de rassembler les écologistes autour d’une ligne claire, pas de faire de la vieille politique avec ses accords d’appareils », a-t-il réfuté d'un revers de main.

Car Yannick Jadot espère rassembler au-delà de la gauche, affirmant vouloir donner à son mouvement une place « centrale », autour de l'«écologie pragmatique». « Yannick Jadot retourne officiellement à ses convictions libérales bien connues des adhérents d’EELV », a taclé Jean-Luc Mélenchon. Pour l’instant, cette stratégie semble porter ses fruits, puisque son parti est au coude à coude avec La France insoumise dans certains sondages.

Raphaël Glucksmann à Bordeaux le 2 mai 2019.

 

Raphaël Glucksmann (liste commune Place publique-PS)

C’était un pari gonflé, et qu’il a tenu en partie : Raphaël Glucksmann, quasi-novice en politique en France, a pris la tête mi-mars d’une liste rassemblant son mouvement, Place publique, et le Parti socialiste. Mais il n’a pas réussi à unir toute la gauche derrière lui, du moins la gauche comprise entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, comme il le souhaitait. Génération·s de Benoît Hamon et le Parti communiste français (PCF) ont de leur côté rapidement claqué la porte, ne souhaitant pas s’allier avec un PS encore jugé « radioactif », après le quinquennat de François Hollande. Et Raphaël Glucksmann de fustiger une gauche à la « mentalité de videur de boîte de nuit »….

A 39 ans, l’essayiste a déjà un CV bien fourni en expériences diverses et variées : documentariste, rédacteur en chef, écrivain ou encore conseiller politique en Géorgie. Fils du philosophe André Glucksmann, jadis maoïste et qui a évolué ensuite vers des positions plus conservatrices, il a dû lui-même essuyer des critiques sur ses revirements politiques. Son mouvement, Place publique, a subi les départs en masse de fondateurs, déçus par un fonctionnement « pyramidal » et l'alliance avec le PS. Sans perdre son optimisme, le candidat a continué à aligner ses propositions :   «asile européen» pour les migrants, «Erasmus pour tous» ou encore   impôt écologique. Pour l’instant sans grand succès, sa liste n’étant créditée que de 5 % d’intentions de vote, selon un sondage OpinionWay/Tilder diffusé jeudi.

Nicolas Dupont-Aignan au Grand Jury RTL.

 

Nicolas Dupont-Aignan (DLF)

Le président de Debout la France a annoncé fin septembre qu’il conduirait une « liste d’union » pour les élections européennes de 2019, lançant un « appel solennel » aux membres et électeurs des Républicains (LR) comme du Rassemblement national (RN, ex-FN). Depuis, Nicolas Dupont-Aignan a refusé les  mains tendues par Jean-Frédéric Poisson, le président du Parti Chrétien-Démocrate (PCD), d’une part ; et par Marine Le Pen, la candidate du RN, d’autre part, malgré des projets très proches. "NDA" comme on l’appelle parfois était alors porté par les plus de 6 % que lui promettaient les sondages. Depuis, ce chiffre semble s’être quelque peu dégonflé. Mardi, un sondage Elabe le créditait de 4 % des voix, soit en dessous du seuil des 5 % qui permet d’avoir des élus au Parlement européen. Mais Nicolas Dupont-Aignan mise sur une figure des « gilets jaunes » et une recrue des Républicains pour reprendre des couleurs.

Benoît Hamon à Trappes (Yvelines) le 12 avril 2019.

 

Benoît Hamon (Génération·s)

« Je suis confiant, il y aura une unité de la gauche », prédisait Benoît Hamon. Ses espoirs ont pour l’instant été douchés. L’ex-candidat à la présidentielle, qui a quitté le PS le 1er juillet 2017 après son score catastrophique (6,36 %), rame depuis des mois pour se faire une place dans le maquis des formations de gauche.

Pas sûr de dépasser le seuil des 5 % nécessaires pour pouvoir se faire rembourser ses frais de campagne (il tourne autour de 3 % ou 4 % dans les sondages), il a lancé début avril un appel aux dons. Il ne joue là rien de moins que sa survie en politique : Benoît Hamon risque de disparaître du paysage politique s’il n’est pas élu.

Ian Brossat devant le siege de l'entreprise privee Korian, proprietaire de l'Ehpad de Lherm (Haute-Garonne) ou cinq pensionnaires sont morts le 31 mars dernier.

 

Ian Brossat (PCF)

En juin 2018, il était déjà dans les starting-blocks. Ian Brossat, adjoint communiste au Logement de la maire de Paris Anne Hidalgo (PS), est âgé de 38 ans, normalien et agrégé de lettres modernes. Il est aussi membre de la direction nationale du PCF, le parlement du Parti, où il est responsable de la commission logement. Ne se « faisant pas à l’idée que la gauche parte à cette élection aussi éparpillée », Ian Brossat a dit «welcome» à Benoît Hamon en février.

Ces derniers mois, ils se sont affichés ensemble à plusieurs reprises. Mais ce dernier pour l’instant l’assure : ce sera lui en haut de l’affiche, ou rien. La liste PCF est créditée d’entre 2 et 3 % d’intentions de vote dans des sondages récents.

Jean-Christophe Lagarde en deplacement au centre Ethic Etapes de Dijon le 29 avril 2019.

 

Jean-Christophe Lagarde (UDI)

Il n’y a pas que la gauche qui est divisée, les centristes le sont aussi. Le parti Les Centristes, d’Hervé Morin, a rejoint en mars Les Républicains. Le président de l’Union des Démocrates et Indépendants (UDI), Jean-Christophe Lagarde, mène quant à lui sa propre liste aux Européennes. Elle est créditée de 2 % des intentions de vote, selon les derniers sondages.

Sur le fond, Jean-Christophe Lagarde fustige « les Frexiters cachés, tous ceux qui disent qu’il faut sortir des traités mais en réalité veulent sortir de l’Europe », à l’instar du Rassemblement national. Il veut aussi « rassembler les héritiers de la droite française, européenne, du centre (…), et en même temps, dans un nouvel "en même temps", ne pas cautionner la politique de M. Macron ». Dernièrement, il s'est cependant dit prêt à redonner « une chance » au président de la République. Une main tendue pour une alliance… ?

Christophe Chalencon (Gilets Jaunes)

 

Christophe Chalençon («Evolution citoyenne »)

Cette figure du mouvement des « gilets jaunes », forgeron de métier, a déposé le 2 mai sa liste «Evolution citoyenne» au ministère de l’Intérieur. Une liste entièrement composée de personnes « issues de la société civile », un « panel de citoyens de gauche à droite » selon ses propres mots.

« Nous ne sommes pas pour sortir de l’Europe, nous sommes pour une Europe des nations fortes », a expliqué Christophe Chalençon, qui veut, s’il est élu, organiser des « assemblées citoyennes » au cours desquelles les participants pourront s’exprimer sur les lois soumises au vote du Parlement européen.

Francis Lalanne, en août 2018.

Francis Lalanne (Alliance jaune)

« Je propose de financer et structurer ce mouvement (des gilets jaunes) pour mettre fin à une violence légitime mais contre-productive en transformant l’essai par la voie des urnes, la révolte par le vote », avait déclaré le chanteur en décembre. Depuis, l’artiste originaire de Bayonne est passé du porte-monnaie au porte-voix. Celui qui refusait d’être tête de liste, afin de préserver la démocratie, disait-il, a dû se plier aux règles du jeu.

Francis Lalanne a annoncé mardi prendre la tête d’une liste nommée « Alliance jaune », fruit d’une alliance avec les représentants de la liste « Ralliement d’initiative citoyenne », dite « RIC ». Jérémy Clément, meneur du « RIC », est numéro 3 de la liste, derrière Sophia Albert-Salmeron, avocate à Avignon ayant défendu plusieurs « gilets jaunes ». « L’Alliance jaune » se veut « apartisane » et défend plusieurs propositions : taxe Tobin (taxe sur les transactions financières internationales), taxation du kérosène lourd et reconnaissance des ressources naturelles comme entités morales.

Nathalie Arthaud à Seyssins, près de Grenoble, le 11 avril 2019.

 

Nathalie Arthaud (LO)


Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte Ouvrière, a dévoilé l’intégralité de sa liste fin mars, où elle y figure en première position. Arlette Laguiller clôt symboliquement la liste « de travailleuses et travailleurs », à la 79e place. Tous et toutes feront campagne sous le slogan « Contre le grand capital, le camp des travailleurs ».

Créditée de 1 % des voix dans les sondages, la formation trotskiste de Nathalie Arthaud a reçu le soutien du Nouveau parti anticapitaliste (NPA). Les deux partis n’ont d’abord pas trouvé d’accord pour faire une liste commune, puis le NPA a renoncé à faire campagne faute de moyens financiers.

Florian Philippot le 31 mars 2019 à Paris.

 

Florian Philippot (Les Patriotes)

Le président des Patriotes s’est très tôt intéressé aux « gilets jaunes » pour sa campagne. En décembre, il avait déclaré vouloir conduire une « liste hybride, mi-Patriotes mi-"gilets jaunes" » . Il avait également déposé la marque « Les Gilets jaunes » à l’Institut national de la propriété intellectuelle (Inpi). En janvier, il avait annoncé qu’une « gilet jaune » de l’Oise, Nathalie Reinert, représenterait son parti au « comité de suivi » du grand débat national.

Plus récemment, Florian Philippot a reçu le soutien de la liste du mouvement « Jaunes et citoyens », conduite par Jean-François Barnaba. Mais cet intérêt suffira-t-il pour faire un beau score ? Pour l’instant sa liste plafonne à 1 % des intentions de vote dans les sondages.

Fraçois Asselineau le 4 avril 2019 sur France 2.

 

François Asselineau (UPR)

C’est devenu une figure familière des campagnes électorales. Lors de la présidentielle de 2017, cet énarque et inspecteur des Finances n’a recueilli que 0,92 % des voix. Mais il ne s’est pas découragé. Cet ex-membre de cabinet de droite des gouvernements Balladur (1993-1995) et Chirac (1995-1997) puis du RPF de Charles Pasqua s'est lancé dès le mois d'octobre dans la course aux Européennes.

Avec une « majorité de primo-adhérents » à un parti politique, et des nouveaux venus « plutôt de la gauche », son mouvement est très actif sur Internet où les vidéos de François Asselineau dépassent souvent les 50.000, voire les 100.000 vues. Mais dans les sondages, ce n’est pas toujours aussi glorieux : il ne fait guère mieux que son score à la présidentielle.

Dominique Bourg à Paris le 31 mai 2011.

 

Dominique Bourg (Urgence écologie)

Le philosophe Dominique Bourg a annoncé mi-mars qu’il serait candidat aux européennes, à la tête d’une liste portée par Génération écologie, le parti présidé par Delphine Batho, et par le Mouvement écologiste indépendant (MEI) d’Antoine Waechter. « Face au chaos annoncé, contre la passivité coupable de tous les gouvernements actuels en Europe, notre liste a pour but de mettre l’écologie au pouvoir », expliquent les deux partis dans un dossier de presse.

Et les autres

De nombreuses petites listes sont également parvenues à se constituer dont voici la liste: Mouvement pour l'initiative citoyenne (Gilles Helgen), Une France royale au cœur de l'Europe (Robert De Prevoisin), La ligne claire (Renaud Camus), Parti pirate (Florie Marie), Démocratie représentative (Hamada Traoré), Parti des citoyens européens (Audric Alexandre), Liste de la reconquête (Vincent Vauclin), Parti fédéraliste européen (Yves Gernigon), Allons enfants (Sophie Caillaud), Décroissance 2019 (Thérèse Delfel), A voix égales (Nathalie Tomasini), Neutre et actif (Cathy Corbet), Parti révolutionnaire communiste (Antonio Sanchez), Espéranto (Pierre Dieumegard), Parti animaliste (Hélène Thouy), Les oubliés de l'Europe (Olivier Bidou), Union démocratique pour la liberté, égalité, fraternité (Christian Luc Person).