Après les annonces d'Emmanuel Macron, quel est le programme pour Edouard Philippe et le gouvernement?

AGENDA Le printemps et l’été seront chauds pour les ministres et leurs équipes

R.G.-V. avec AFP

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Les membres du gouvernement autour d'Edouard Philippe, le Premier ministre, lors de la conférence de presse d'Emmanuel Macron.
Les membres du gouvernement autour d'Edouard Philippe, le Premier ministre, lors de la conférence de presse d'Emmanuel Macron. — Jacques Witt/SIPA

On les a même vus noter les annonces du président de la République sur un calepin. Conviés qu’ils étaient à la conférence de presse d’Emmanuel Macron, jeudi, à l’Elysée. Les membres du gouvernement donnaient en tout cas l’impression, réelle ou feinte, qu’ils découvraient les projets d’Emmanuel Macron en même temps que tout le monde.

Plusieurs chantiers, plus ou moins flous, ont été annoncés par le chef de l’Etat. Charge au gouvernement de les préciser. Les ministres doivent définir la méthode et le calendrier lors d’un séminaire « inédit » lundi, réunissant le gouvernement ainsi que les présidents des groupes de la majorité et des commissions au Parlement autour du Premier ministre Edouard Philippe.

 

Contraintes

Car le calendrier a ses contraintes : il y a d’abord la campagne des élections européennes, qui débute mollement mais qui ne va pas manquer de gagner en intensité d’ici le scrutin, dans moins d’un mois maintenant.

Il y a bien sur aussi la fin de la session parlementaire, cet été. Mais le gouvernement peut toujours demander à l’Assemblée nationale et au Sénat une session extraordinaire. Ça avait été le cas en 2017, juste après les élections. Et en 2018. Théoriquement, c’était pour étudier la réforme constitutionnelle promise lors de la campagne par Emmanuel Macron. Mais, souvenez-vous, on y a surtout parlé d’Alexandre Benalla avec non pas une mais deux commissions d’enquête parlementaires.

Convaincre la majorité sénatoriale

La réforme constitutionnelle, justement. Elle est de retour sur la table à dessin du gouvernement. S’il faudra inclure certaines annonces de la conférence de presse (les référendums d’initiative locale, par exemple) c’est en gros ce qui était déjà en débat l’été dernier devant le parlement. Jeudi soir, le président de la République a dit souhaiter revoir ce projet à l’ordre du jour du parlement cet été.

Rien que sur l’ordre du jour du parlement, le gouvernement aura à ferrailler avec la droite, majoritaire au Sénat. Les sénatrices et sénateurs LR, Gérard Larcher, le président de l’institution, en tête, sont convaincus par les desiderata de la majorité gouvernementale sur ce sujet.

Projet de loi de finance en septembre

Autre gros morceau, la réforme du Conseil économique social et environnemental. Il, ou l’institution qui le remplacera, accueillera des citoyennes et des citoyens tirés au sort. Dès juin, avant même une réforme, 150 personnes seront tirées au sort pour compléter les effectifs sous la couple du palais d’Iéna. Le gouvernement a donc peu de temps pour trouver des solutions.

Avant cela, Edouard Philippe présentera en mai « une profonde réforme de l’administration » destinée à déployer « plus de fonctionnaires sur le terrain » tout en supprimant des postes « en administration centrale », a aussi déclaré jeudi Emmanuel Macron.

Les mesures fiscales annoncées par le chef de l’Etat lors de la conférence de presse seront peut-être concrètement plus simples à mettre en place. Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie, et Gérald Darmanin, celui des Comptes publics, ont annoncé que la baisse de l’impôt sur le revenu interviendrait le 1er janvier 2020. Il s’agirait donc, a priori, de les faire apparaître dans le projet de budget que présentera le gouvernement à la rentrée.