«Grande confrontation» sur LCI: La suppression de l'ENA est un «leurre», un «rideau de fumée», pour les chefs de partis

POLITIQUE Plusieurs responsables politiques ont néanmoins reconnu la nécessité de réformer cette école

20 Minutes avec AFP

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«Grande confrontation» sur LCI entre Adrien Quatennens (LFI), Laurent Wauquiez (LR),  François Bayrou (MoDem), Stanislas Guerini (LREM), Olivier Faure (PS) et Marine Le Pen (RN), le 24 avril 2019.
«Grande confrontation» sur LCI entre Adrien Quatennens (LFI), Laurent Wauquiez (LR), François Bayrou (MoDem), Stanislas Guerini (LREM), Olivier Faure (PS) et Marine Le Pen (RN), le 24 avril 2019. — RETMEN/SIPA

La proposition de suppression de l’ENA, évoquée dans un projet d’allocution d’Emmanuel Macron en réponse à la crise des gilets jaunes, est « un leurre » et « un rideau de fumée », ont jugé mercredi soir plusieurs responsables politiques sur LCI, tout en reconnaissant la nécessité de réformer cette école.

« Je n’ai pas eu un Français qui m’ait parlé de ce sujet », a dit le chef des Républicains Laurent Wauquiez, seul énarque du débat, alors qu’Emmanuel Macron pourrait annoncer la fermeture de l’Ecole nationale d’administration jeudi lors d’une conférence de presse. « Est-ce qu’il faut supprimer l’ENA peut-être, est-ce qu’il faut la réformer sûrement », « mais est-ce une priorité, sûrement pas », a-t-il dit, évoquant sa crainte « que sur la sortie du grand débat, il y ait un travail consistant à installer un joli rideau de fumée (…) en oubliant ce que sont les vrais problèmes de la France ».

« Des locataires qui se prennent pour le propriétaire »

« C’est incontestablement un sujet de diversion », a estimé la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen, tout en soulignant que selon un sondage, « 81 % des Français considèrent qu’il y a une opposition entre le peuple et les élites ». Pour elle, « c’est une bonne école l’Ena, à peu près (…) mais il ne faut pas que les énarques soient un peu comme des locataires qui se prennent pour le propriétaire ».

La suppression de l’ENA « n’est pas la question essentielle », a aussi jugé Olivier Faure, patron du Parti socialiste. « On va remplacer l’ENA par une autre école, parce qu’il faudra continuer à former des hauts fonctionnaires », a-t-il jugé.

Pour Adrien Quatennens, député de la France insoumise, cette suppression serait « un leurre de la part de Macron, qui vient se défausser sur la haute administration ». « Le problème c’est la question des modes de recrutement » et « le pantouflage » (le fait de passer de la haute fonction publique au privé) », mais « il y a au sein de l’ENA un sens de l’Etat dont nous avons besoin », a défendu le député.

Les diplômés « passent dans le privé très rapidement »

Pour le président du MoDem François Bayrou, « si on ne voit pas qu’il y a un problème de fracture, un gouffre, entre la haute fonction publique (et la population), on ne voit pas situation comme elle est ». « L’ENA est censé préparer au service de l’Etat, mais en réalité, passent dans le privé très rapidement, ceux qui sont faits pour bâtir la colonne vertébrale de l’Etat en France », a-t-il déploré.

Et pour le patron de La République en marche, Stanislas Guerini, « on est tous assez d’accord sur le fait qu’il faille changer ce système », proposant « l’idée d’une école des services au public ».