«Chacun de tes tweets t'éloigne de ce que nous sommes»: Agnès Thill recadrée par Christophe Castaner

GPA La députée LREM de l’Oise a réagi à un article du magazine Têtu dans lequel le secrétaire d'État Gabriel Attal se confie sur son homosexualité et son désir d’enfant

Manon Aublanc

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Christophe Castaner, le 4 février 2019.
Christophe Castaner, le 4 février 2019. — Alain ROBERT/Sipa/SIPA

Une fois n’est pas coutume, Agnès Thill, s’est fait sèchement recadrer, ce mercredi. Et cette fois-ci, par le ministre de l’Intérieur en personne, Christophe Castaner. « Chacun de tes tweets t’éloigne de ce que nous sommes », a répondu l’occupant de la place Beauvau, sur Twitter, à la députée de La République en marche, après ses propos sur le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse, Gabriel Attal.

Ce mercredi, Agnès Thill, députée LREM de l’Oise, a partagé, sur son compte Twitter, un article de Têtu dans lequel Gabriel Attal, qui se confie sur son homosexualité et son désir d’enfant, explique ne pas être contre une « gestation pour autrui (GPA) éthique ». « La couleur est annoncée », a écrit en commentaire la députée.

« Les paroles qui ostracisent disqualifient – toujours – leurs auteurs et leurs thèses »

« Chacun de tes tweets t’éloigne de ce que nous sommes, de nous, mais pire, ils t’éloignent des valeurs que tu penses servir », lui a répondu directement, Christophe Castaner, le ministre de l’Intérieur, sur Twitter. « Les mots qui blessent, les paroles qui ostracisent disqualifient – toujours – leurs auteurs et leurs thèses », a-t-il ajouté.

La députée de l’Oise avait déjà créé la polémique, ce mardi, en commentant, sur Twitter, une tribune du collectif SOS Homophobie sur le mariage pour tous, publiée sur Têtu.

L’exclusion d’Agnès Thill réclamée

Du côté de la majorité, plusieurs membres ont dénoncé des propos « inacceptables », réclamant son exclusion du mouvement. « En comparant des couples entre eux, selon leur orientation sexuelle, elle tend à introduire une hiérarchie entre les couples, ce qui est profondément inacceptable », a déclaré Damien Adam, élu de Seine-Maritime, ajoutant qu’il s’agissait de propos qui « heurtent les convictions » et qui « jettent l’opprobre sur le groupe tout entier ».

« Enièmes dérapages d’Agnès Thill », a dénoncé, de son côté, Mounir Majhoubi, député LREM et candidat à la Mairie de Paris.

La députée LREM de l’Allier, Laurence Vanceunebrock-Mialon, quant à elle, a menacé de quitter LREM si Agnès Thill n’était pas exclue.

Ce n’est pourtant pas la première fois qu’Agnès Thill se fait rappeler à l’ordre. Elle avait notamment évoqué l’existence d’un « lobby LGBT à l’Assemblée nationale », comparé la souffrance  des femmes seules en quête de PMA à celle des « drogués » ou encore déclaré que « l’absence de genre dans le mot parent » favoriserait « l’éclosion d’écoles coraniques. »