Suppression de l’ENA : Le directeur de l’école répond aux critiques d’Emmanuel Macron

REPONSE Le président français est susceptible de confirmer la suppression de cette école, ce jeudi lors d’une conférence de presse

20 Minutes avec AFP

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L'Ecole Nationale d'Administration (ENA), le 14 janvier 2013 à Strasbourg.
L'Ecole Nationale d'Administration (ENA), le 14 janvier 2013 à Strasbourg. — PATRICK HERTZOG / AFP

Alors qu’Emmanuel Macron pourrait annoncer la fermeture de l’Ecole nationale d’administration (ENA), ce jeudi lors de son allocution, son directeur, Patrick Gérard, a répondu au président de la République, dans une tribune publiée ce mercredi dans Le Figaro

S’il explique ne pas vouloir « participer au débat actuel sur l’avenir de l’ENA, qui sera tranché par le président de la République », Patrick Gérard a estimé qu’il était de son « devoir de rétablir quelques vérités » face aux critiques visant l’établissement.

« Non, les élèves de l’ENA ne sont pas mus par le désir de compliquer la vie de leurs concitoyens »

Elles « choquent voire blessent profondément ses élèves et ses personnels », a-t-il souligné. « Non, les élèves de l’ENA ne sont pas mus par le désir de compliquer la vie de leurs concitoyens », a-t-il débuté, jugeant ses étudiants « sincèrement soucieux de s’engager pour leur pays, pour l’intérêt général et le bien commun ».

« Non, les élèves de l’ENA ne sont pas tous "des jeunes de 25 ans" » mais ont un « âge moyen de 31 ans et demi » à la sortie de l’école et y entrent après « plusieurs années d’expérience professionnelle » ou « après des études supérieures plus longues qu’autrefois », a-t-il poursuivi. Le patron de l’ENA a également contesté que les étudiants y entrent « par favoritisme » puisqu’ils passent « un concours exigeant ».

Pour Patrick Gérard, l’ENA « n’a pas le monopole de la haute fonction publique »

La création de l’école en 1945 visait précisément à mettre fin à « un système de cooptation » des hauts fonctionnaires, a-t-il expliqué. Et « l’actuelle promotion Molière ne compte aucun enfant d’énarque, de ministre ou de parlementaire », a-t-il fait valoir. Pour autant, « on peut regretter que seuls 19 % des élèves actuels aient un parent ouvrier, commerçant, employé, agriculteur, artisan ou chômeur » et « il faut encore mieux faire », a ajouté le directeur de l’établissement.

Selon lui aussi, la scolarité a été « profondément rénovée » et « les élèves de l’ENA ne sont pas coupés des réalités de leur époque », œuvrant notamment « en faveur de personnes défavorisées » à Strasbourg, où l'école est installée depuis les années 90. Seuls 2,5 % des anciens élèves de l’ENA exercent « une fonction ou un mandat politique » comme c’est le « cas aujourd’hui de 15 députés sur 577 », a-t-il précisé. Pour Patrick Gérard, l’ENA « n’a pas le monopole de la haute fonction publique » puisque « plus de la moitié » des ambassadeurs, préfets ou recteurs n’en sont pas issus.

Quatre présidents diplômés de l’ENA

Emmanuel Macron est susceptible de confirmer, ce jeudi lors d'une conférence de presse, la suppression de cette école, une annonce qu’il s’apprêtait à faire lors de son allocution du 15 avril, annulée en raison de l’incendie de Notre-Dame.

L’ENA a formé en un peu plus de 70 ans quelque 7.000 hauts fonctionnaires français et accueilli plus de 3.700 élèves étrangers, venus de 134 pays. Quatre présidents de la Ve République – Emmanuel Macron, François Hollande, Jacques Chirac et Valéry Giscard d’Estaing –, en sont diplômés.