La venue d’Alain Finkielkraut à Sciences Po provoque des remous parmi les étudiants

POLEMIQUE Des étudiants et étudiantes de gauche regrettent que l’école ait donné une tribune à un philosophe « réactionnaire »

R.G.-V.

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Alain Finkielkraut était invité à un débat organisé par une association d'étudiants et étudiantes de Sciences Po.
Alain Finkielkraut était invité à un débat organisé par une association d'étudiants et étudiantes de Sciences Po. — IBO/SIPA

Soirée difficile pour Alain Finkielkraut, mardi, à en croire le site du magazine Marianne. Le philosophe conservateur était invité à venir s’exprimer à Sciences Po Paris pour une association d’étudiantes et d’étudiants, Critique de la raison européenne. Une invitation qui n’a pas plu a d’autres associations de la prestigieuse école de Saint-Germain-des-Prés.

C’est le cas par exemple de Sciences Po en lutte-Fondation Clément-Méric (du nom de ce militant antiraciste tué par des skinheads, en 2013). L’association s’est fendue d’un communiqué dénonçant cette tribune donnée par l'école à Alain Finkielkraut, qualifié de philosophe « réactionnaire ». Un homme aux propos « racistes, sexistes aussi intolérables que dangereux ».

« Pauvres merdes »

Par crainte d’un affrontement entre étudiants de la gauche de la gauche et de la droite souverainiste, à l’origine de l’invitation, la rencontre a dans un premier temps été déplacée dans une école de commerce voisine, avant de revenir dans les locaux de Sciences Po.

Le débat s’est finalement bien tenu, sous protection policière, ce que dénoncent aussi les étudiants dans leur communiqué. Alain Finkielkraut a traité les membres de la Fondation Clément-Méric de « fascistes » dans Marianne et aurait parlé de « pauvres merdes », devant les étudiants.