Européennes: Nathalie Loiseau s'est présentée sur une liste d'extrême droite pendant ses études, révèle Mediapart

CANDIDATE « Une vraie connerie » et une « erreur de jeunesse », a réagi la tête de liste LREM aux élections européennes, Nathalie Loiseau, après les révélations

L.Br.

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Nathalie Loiseau, en campagne pour la liste LREM dans une exploitation agricole d'élevage bovin en Saône-et-Loire, le 20 avril 2019.
Nathalie Loiseau, en campagne pour la liste LREM dans une exploitation agricole d'élevage bovin en Saône-et-Loire, le 20 avril 2019. — JC Tardivon/SIPA

A l’approche des européennes, la tête de liste de la République en marche (LREM) est confrontée à une élection vieille de 35 ans. « Une erreur de jeunesse », reconnaît-elle aujourd’hui. A l’époque, en 1984, Nathalie Loiseau s’appelle encore Nathalie Ducoulombier. A 20 ans, celle qui prépare le concours de l’ENA figure alors en sixième position sur une liste électorale en vue des élections de délégués étudiants au conseil de direction et à la commission paritaire de Sciences po.

Problème, cette liste est celle de l’Union des étudiants de droite (UED), « un syndicat étudiant né sur les cendres du GUD (Groupe union défense) à Sciences po. [Il prône] l’union des droites et de tous ses courants de pensée, « maurrassiens, indépendants, gaullistes… » », révèle Mediapart. Sept autres personnes figurent à ses côtés sur cette liste, dont Christophe Bay, « un haut fonctionnaire ayant contribué officieusement au programme de la candidate du Rassemblement national (RN) en 2017 », précise le site d’information.

« C’est une erreur »

Face aux affirmations de Mediapart, l’entourage de l’ex-ministre a dans un premier temps nié la véracité du document. Contactée une nouvelle fois le 22 avril, la ministre a fini par donner sa version des faits à nos confrères. « À ce moment-là, j’ai été, d’après mes recoupements – parce que pour être tout à fait honnête j’avais complètement oublié cet épisode –, approchée pour participer à une liste qui voulait accentuer le pluralisme à Sciences po, alors quasi inexistant, et qui cherchait des femmes. J’ai dit oui », explique-t-elle.

« Avoir figuré sur une liste où il y avait des gens d’extrême droite, c’est une vraie connerie, c’est une erreur de jeunesse, je le regrette », a-t-elle déploré sur Franceinfo. « J’aurais dû enquêter, j’aurais dû regarder qui étaient les autres colistiers », a concédé Nathalie Loiseau, expliquant que la liste étudiante visait à « rassembler des gens de droite, notamment des gaullistes ».

Faire reculer l’extrême droite

Elle a ensuite tenu à souligner qu’elle n’avait « jamais eu d’engagement à l’extrême droite, ni proche de l’extrême droite, ni de fréquentations d’extrême droite » et qu’elle avait au contraire toujours combattu ces idées. « Le fait de conduire la liste que je conduis aujourd’hui, avec pour ambition de faire reculer l’extrême droite en France, est cohérent avec ce que je pense. »

« Je viens de la droite et j’ai rejoint Emmanuel Macron pour combattre l’extrême droite, mon combat en politique, cela a toujours été de combattre l’extrême droite », s’est-elle défendue. Elle n’est pas la première figure politique à être passée par une liste ou une structure d’extrême droite. Avant elle, Alain Madelin, Patrick Devedjian ou encore Gérard Longuet ont dû justifier leurs années de jeunesse passées à militer au sein du mouvement Occident.