Européennes: Glucksmann regrette le manque d'union à gauche, qui a une «mentalité de videur de boîte de nuit»

ELECTIONS La tête de liste Place Publique/ PS, Raphaël Glucksmann a appelé une nouvelle fois à l'union de façon plutôt originale

20 Minutes avec AFP

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Avec son mouvement Place Publique, Raphaël Glucksmann veut fédérer la gauche.
Avec son mouvement Place Publique, Raphaël Glucksmann veut fédérer la gauche. — Tristan Reynaud/SIPA

Une comparaison osée et un appel du pied original… La gauche montre, à travers son incapacité à se rassembler pour les élections européennes, « une mentalité de videur de boîte de nuit », a déploré dimanche la tête de liste Place Publique/PS Raphaël Glucksmann en appelant une nouvelle fois à l’union. L’essayiste a par ailleurs confirmé, dans l’émission BFM Politique en partenariat avec Le Parisien, que les eurodéputés de sa liste siégeront, s’ils sont élus, « au sein du groupe social-démocrate » (S & D), qui est actuellement la deuxième force du Parlement européen derrière les conservateurs du PPE. « La seule façon de construire une majorité est de s’inscrire dans le groupe social-démocrate au Parlement », a-t-il expliqué.

Trois listes à gauche

En France, la gauche avance en ordre très dispersé vers le scrutin du 26 mai avec notamment trois listes aux programmes très proches autour du concept de la social-écologie : celle menée par Raphaël Glucksmann, celle des écologistes d’EELV et celle de Générations cornaquée par Benoît Hamon. Dans les sondages, EELV (autour de 8 à 9 %) devance Place Publique/PS (autour de 6 %) et Générations (autour de 3 %). Pour obtenir des élus, une liste doit recueillir au moins 5 % des votes.

« La gauche peut disparaître »

« Il y a des logiques de chapelles, des patriotismes d’appareils, des ego aussi qui rendent le rassemblement quasiment impossible. A gauche, il y a une mentalité de videur de boîte de nuit : je protège mon espace, aussi petit soit-il », a regretté Raphaël Glucksmann. « Moi j’ai œuvré pendant quatre mois en les rassemblant autour d’une table pour qu’il y ait une seule offre politique », a-t-il ajouté. En vain. Or aujourd’hui, s’alarme M. Glucksmann, « la gauche peut disparaître » et « c’est une catastrophe ».

C’est pour cela que la porte de l’essayiste « reste ouverte » et il continuera à œuvrer « à ce qu’il y ait ce rassemblement ». Sachant que, selon lui, la réunion du social et de l’écologie « est la seule manière de faire exister la gauche » en tant qu’alternative au « nationalisme » d’une Marine Le Pen et au « libéralisme » d’un Emmanuel Macron. « Moi je considère aujourd’hui que Raphaël Glucksmann (…) n’apporte aucune garantie de clarté sur ce qu’il fera », a répliqué Benoît Hamon dans le Grand jury RTL/LCI/Le Figaro, ajoutant : « on ne peut pas être anti-libéral à Paris et libéral au Parlement européen. »