A Royan, les cadres de l'UMP se sont aimés les uns les autres

POLITIQUE Un discours de politique générale de François Fillon a clos l’université d’été de l’UMP...

Vincent Glad

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 France's Prime Minister Francois Fillon (3rd R) applauds with members of his government during the summer meeting of their UMP political Party in Royan, Southwestern France, September 7, 2008. REUTERS/Regis Duvignau (FRANCE)
 France's Prime Minister Francois Fillon (3rd R) applauds with members of his government during the summer meeting of their UMP political Party in Royan, Southwestern France, September 7, 2008. REUTERS/Regis Duvignau (FRANCE) — REUTERS/Regis Duvignau
De notre envoyé spécial à Royan,

«Aimez-vous les uns les autres ou disparaissez!» C'est en ces termes, empruntés à Ségolène Royal à La Rochelle le week-end dernier, que l'on peut imaginer la consigne donnée par Nicolas Sarkozy à ses troupes. Tout le week-end, les cadres de l'UMP ont débattu au Campus de Royan dans une parfaite «unité».

Pourtant, en coulisses, les querelles ne manquent pas, entre l'éventuelle succession du secrétaire général de l'UMP, Patrick Devedjian, et la bataille pour l'investiture aux régionales en Ile-de-France. Dans une mise en scène réussie quoique surjouée, les dirigeants du parti majoritaire n'ont laissé affleurer qu'un seul débat, «sain», celui sur le financement du revenu de solidarité active (RSA).

Bref, on parle des «idées» plutôt que des «personnes» avec un regard taquin vers la ville voisine de La Rochelle où s'est déroulée l'université d'été du PS. «[Les journalistes] voulaient la symétrie entre La Rochelle et Royan. On leur a imposé le contraste», déclare Patrick Devedjian, triomphateur. «La Rochelle fut pathétique, Royan est sympathique», répète devant toutes les caméras la secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Morano.

Huis clos dans une voiture

Puisque les mots ne suffisent pas toujours, Nicolas Sarkozy, qui ne s'est pas déplacé à Royan, avait aussi demandé de l'image. Patrick Devedjian s’est affiché ostensiblement avec Brice Hortefeux, que la rumeur annonce à sa place à la tête du parti.

Mais l'image la plus belle, peut-être aussi la plus survendue, fût celle de l'arrivée, vendredi, de Roger Karoutchi et Valérie Pécresse dans la même voiture en provenance de Paris. Deux ministres qui rêvent de l'investiture pour la région Ile-de-France et qui s'invectivent par voie de presse interposée depuis plusieurs semaines. Deux ministres qui ont passé cinq heures dans la même voiture pour rejoindre Royan, après avoir été convoqués vendredi matin à l'Elysée avec Yves Jégo, l'autre candidat dans la course.

Le RSA, un «investissement»

Ayant évité toutes les embûches, l'UMP a clos dimanche midi le Campus avec un discours de politique générale de François Fillon. Le Premier ministre a vanté le bilan de Nicolas Sarkozy: «La France n'a pas seulement changé ses lois, elle a changé de cap, changé de culture, changé de valeurs, changé de politique.»

Revenant sur la polémique entre les «sociaux» et les «libéraux» de l'UMP concernant le financement du RSA, François Fillon a estimé que le dispositif de Martin Hirsch était un «investissement»: «Si nous atteignons nos objectifs, le retour au travail de ceux qui en sont aujourd'hui exclus entraînera la hausse de notre productivité et la baisse de la dépense publique.»