Le RSA brise la solidarité active dans les rangs de l'UMP

POLITIQUE Alors que les luttes internes ont été mises de côté, le seul vrai débat est celui sur le financement du RSA...

Vincent Glad

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"Recréer une nouvelle dynamique", "aller partout chercher" les nouveaux adhérents : les ténors et jeunes militants de l'UMP ont envoyé samedi, sur le "Campus" de Royan, un message de mobilisation pour les prochaines échéances électorales.
"Recréer une nouvelle dynamique", "aller partout chercher" les nouveaux adhérents : les ténors et jeunes militants de l'UMP ont envoyé samedi, sur le "Campus" de Royan, un message de mobilisation pour les prochaines échéances électorales. — Pierre Andrieu AFP
De notre envoyé spécial à Royan,

A l'université d’été de l’UMP à Royan, pour parler schématiquement, deux camps s’affrontent: les journalistes qui ne cessent d'évoquer les batailles d'égos à la tête de l’UMP d’un côté et, de l’autre, les cadres de l’UMP qui répètent à l’envi qu’il faut arrêter de parler de «personnes» pour se concentrer sur le «fond».

A force, le discours finit par rentrer. Après une première soirée, vendredi, dédiée à la chasse (infructueuse) à la phrase assassine, les journalistes se sont tournés samedi vers le «fond». Et le grand débat du moment est celui sur le financement du Revenu de solidarité active (RSA). Un sujet sensible qui divise l’UMP.

Défense en bloc

Pour trouver les 1,5 milliard d’euros nécessaires à la mise en place du projet de Martin Hirsch, Nicolas Sarkozy a tranché fin août en faveur d’une taxation du capital. Une décision qui suscite les critiques de l’aile libérale de l’UMP, opposée à toute augmentation des impôts.

Pour contrer l’offensive médiatique des libéraux, le président de la République avait demandé aux membres de son gouvernement de défendre en bloc ce mode du financement du RSA. La consigne a été entendue. A Royan, la team Sarkozy ne compte pas son temps pour expliquer le bien-fondé de cette nouvelle taxe.

Pas d'autre solution


«Les Français sont prêts à faire un effort s’ils sont sûrs que des chômeurs retrouveront le chemin du travail», plaide Xavier Bertrand, qui explique qu’il n’y avait de toute façon pas d’autre solution: «Si on avait financé le RSA par des économies budgétaires, tout le monde aurait pensé que ce n’était pas crédible».

Roger Karoutchi, secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement, estime lui aussi qu’il n’y avait pas d’autre option: «Le débat, c’était est-ce qu’on prend un bout de la Prime pour l’emploi (PPE) pour financer le RSA, en d’autres termes, est ce qu’on prend aux classes moyennes pour donner aux plus pauvres? Ce n’était pas possible d’imaginer cela».

«Fronde» à l'Assemblée?


Le député villepiniste Hervé Mariton, un des opposants à cette taxe sur le capital, annonce qu’il tentera d’amender substantiellement le texte à l’Assemblée pour «limiter le RSA dans le temps et trouver d’autres moyens de financement pour ne pas créer un nouvel impôt, par exemple en prenant une partie de la manne de la PPE.»

Eric Besson (qui fait sa première université d’été... dans le camp UMP) assure qu’il n’y aura pas de «fronde» des parlementaires UMP à l'Assemblée. Yves Jégo, secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, tire déjà une leçon de ce débat interne: «Les libéraux se font bien entendre à l’UMP, les sociaux un peu moins. Il faut qu’ils s’organisent mieux». Une façon de mieux porter la pensée économique sarkozyste, qui navigue entre ces deux pôles.