VIDEO. La France insoumise: Thomas Guénolé, candidat pour les élections européennes, mis en cause pour harcèlement sexuel

ACCUSATIONS Pour Thomas Guénolé, ces accusations ont été utilisées pour étouffer ses critiques sur le fonctionnement du mouvement

20 Minutes avec AFP

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Le politologue Thomas Guénolé, le 17 Septembre 2015, à Paris.
Le politologue Thomas Guénolé, le 17 Septembre 2015, à Paris. — IBO/SIPA

Le politologue Thomas Guénolé, candidat de La France insoumise pour les élections européennes, a fait l’objet d’un signalement par une militante pour «harcèlement sexuel», a annoncé, dans un communiqué publié ce jeudi, le parti dirigé par Jean-Luc Mélenchon. De son côté, l’intéressé dénonce des « méthodes staliniennes » utilisées pour étouffer ses critiques sur le fonctionnement du mouvement.

« Le comité électoral a reçu un signalement d’une jeune femme dénonçant des faits pouvant s’apparenter à du harcèlement sexuel de la part de Thomas Guénolé », a indiqué le comité électoral de LFI dans un communiqué, qui précise qu’une « cellule de veille et de vigilance » a été mise en place. Le parti dit avoir été saisi le 3 mars par une femme, auditionnée ensuite le 14 mars 2019. « Nous découvrons avec stupeur le communiqué de Thomas Guénolé qui instrumentalise des prétextes politiques pour sa défense », a ajouté le comité électoral.

Pour Guénolé, Jean-Luc Mélenchon gouverne LFI « en autocrate »

« Nous déplorons la réaction de Thomas Guénolé », a de nouveau réagi la France insoumise en milieu de journée. « La création du pôle de vigilance et d’écoute de la France insoumise contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes a été actée par l’ensemble des insoumis.es lors des différentes conventions du mouvement. Nous réaffirmons l’engagement absolu de la France insoumise contre les violences faites aux femmes, dans l’organisation comme dans l’ensemble de la société », conclut le parti.

Le politologue a publié un communiqué dans lequel il affirmait que ces accusations avaient été formulées pour étouffer ses critiques sur l’organisation du mouvement. « Fort « opportunément », les dirigeants de la France insoumise se mettent à employer contre moi des méthodes staliniennes : m’accuser de choses sur la base de rumeurs mais refuser de me communiquer le moindre document m’incriminant précisément ; faire pression sur moi pour que je retire « spontanément » ma candidature LFI à l’élection européenne », a-t-il expliqué.

LFI, un fonctionnement en « toile d’araignée », avec Mélenchon au centre

Et celui qui figure en 14e position, non éligible en l’état actuel des intentions de vote, sur la liste LFI pour le scrutin du 26 mai​, de dénoncer le mouvement « comme une dictature ». « Tandis que le soulèvement historique des « Gilets Jaunes » exige le RIC et la démocratie directe, Jean-Luc Mélenchon, lui, gouverne LFI en autocrate », dénonce-t-il.

« Distant des militants de terrain, l’appareil central fonctionne comme une toile d’araignée : des cercles de plus en plus étroits, jusqu'à «JLM» au centre qui in fine décide de tout ce qui compte en symbiose avec Sophia Chikirou », dont le retour pour les européennes avait provoqué le retrait de la tête de liste pressentie, Charlotte Girard, affirme Thomas Guénolé dans son communiqué. En outre, selon le politologue, «  les enquêtes judiciaires sur les comptes de campagne présidentielle de LFI font peser un risque judiciaire élevé de condamnation de Jean-Luc Mélenchon, avant la prochaine élection présidentielle, à une peine d’inéligibilité ».

La France insoumise est visée par des enquêtes sur les comptes de la campagne 2017 et sur les conditions d’emploi d’assistants d’eurodéputés. « Des millions de gens voudraient soutenir la France insoumise pour son programme, mais s’y refusent juste à cause de la personnalité imprévisiblement colérique de Jean-Luc Mélenchon », estime par ailleurs Thomas Guénolé.