Elections européennes: Comment fonctionnent les partis au Parlement européen?

VOS QUESTIONS SUR L'UE 4/4 « 20 Minutes » répond aux questions des internautes sur le fonctionnement des institutions européennes

Thibaut Le Gal (Infographies de Laure Cometti)

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Le Parlement européen à Strasbourg.
Le Parlement européen à Strasbourg. — ISOPIX/SIPA
  • Le 26 mai prochain auront lieu les élections européennes.
  • 20 Minutes a demandé aux internautes leurs interrogations sur le fonctionnement des institutions européennes.
  • Aujourd'hui, nous nous concentrons sur les alliances au Parlement européen.

Le 26 mai prochain, les Français sont appelés aux urnes pour choisir leurs nouveaux députés européens. A l’occasion du scrutin, 20 Minutes répond aux questions que vous vous posez sur le fonctionnement du Parlement européen, la mission des eurodéputés ou leur mode d’élection.

Plusieurs internautes nous ont interrogés sur le fonctionnement des partis à l’échelle européenne et la question des alliances.

« Je désirerais vraiment un article généraliste sur les partis et mouvements politiques français qui vont se présenter aux européennes et leur filiation avec les partis européens […] J’aimerais savoir à qui va se rallier le Rassemblement national, la République en marche… », demande Véronique.

« Pourrait-on avoir un tableau des correspondances entre les partis politiques français et les partis européens, afin de savoir qui vote quoi ? », s’interroge également Wahouuuuu.

Comment fonctionnent les groupes politiques au sein du Parlement européen ?

A Strasbourg, les 751 députés, élus au niveau national, siègent au sein de groupes politiques européens. Les parlementaires ne se rassemblent donc pas par nationalité, mais selon leurs « affinités politiques », précise le règlement intérieur du Parlement.

Pour constituer un groupe, il faut rassembler au minimum 25 députés élus dans au moins un quart des États membres, soit 7 pays actuellement. Il existe aujourd’hui 8 groupes européens, dont le Parti populaire européen (PPE, de droite et centre-droit) et le Parti socialiste européen (PSE), les deux plus importants.

« Ces groupes rassemblent des diversités politiques assez larges. Car le clivage droite-gauche ne signifie pas la même chose entre les différents pays sur les questions sociales ou sociétales », indique Emmanuelle Reungoat, maître de conférences en sciences politiques à l’université de Montpellier et spécialiste des questions européennes. Les partis coexistants au sein de ces formations n’ont pas forcément la même cohérence idéologique. Le PPE rassemble par exemple aussi bien la CDU d’Angela Merkel, Les Républicains, ou le Fidesz de Victor Orban (avant sa récente suspension).

« Pour participer à la vie politique du Parlement, il faut être dans un groupe, les non-inscrits n’ont aucun pouvoir. Pour simplifier, plus on est nombreux, et plus on a de chances d’être influent », résume la spécialiste. Avant chaque vote en séance plénière, chaque groupe examine les rapports issus des commissions parlementaires et dépose des amendements.

Dans quel groupe européen vont siéger les partis politiques français ?

Certains partis ont été clairs mais tout dépendra des rapports de force au lendemain des élections de mai prochain. Yannick Jadot, tête de liste EELV a indiqué que ses élus siégeraient au sein du groupe des Verts/Alliance libre européenne, qui rassemble les écolos européens. Les Républicains devraient rester au sein du Parti populaire européen.

Le Rassemblement national pourrait poursuivre son alliance avec la Ligue du Nord de Matteo Salvini et le FPÖ autrichien au sein de l’Europe des nations et des libertés (ENL) ou tenter de créer un pôle populiste plus large au sein du Parlement. Les élus de Debout la France de Nicolas Dupont-Aignan et les Patriotes de Florian Philippot siégeaient eux au sein de l’Europe de la liberté et de la démocratie directe, qui regroupe aussi le Mouvement 5 Etoiles italien et les Britanniques de UKIP. Mais Debout la France a annoncé en février qu'il siégerait avec les Conservateurs et réformistes européens dans un nouveau groupe. 

Les insoumis devraient se retrouver au sein de la Gauche unitaire avec les élus communistes européens. Qu’en sera-t-il des eurodéputés du PS/Force publique et de La République en marche ? Après quelques hésitations, Raphaël Glucksmann et ses colistiers devraient finalement siéger au groupe du Parti socialiste européen, même si l’une des candidates, Aurore Lalucq, a demandé à siéger dans le groupe des Verts.

Emmanuel Macron aimerait bien faire en Europe ce qu’il a réussi en France : dépasser les clivages habituels pour créer une force centrale. LREM devrait s’appuyer sur l’actuel groupe centriste européen l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ALDE), où siégeaient jusqu’ici ses alliés du MoDem.