Grand débat national: Emmanuel Macron doit livrer ses réponses aux Français, ce lundi

RESTITUTION Mercredi dernier, lors de son discours devant le Sénat, Edouard Philippe avait assuré qu’Emmanuel Macron répondrait au message « assourdissant » des Français

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron le 7 mars à Greoux les Bains lors du grand débat national.
Emmanuel Macron le 7 mars à Greoux les Bains lors du grand débat national. — CHAMUSSY/SIPA

Une semaine après la restitution de la consultation, Emmanuel Macron va dévoiler, ce lundi soir à 20 heures à la télévision, « les chantiers d’action prioritaires et les premières mesures concrètes » pour répondre au grand débat national et à la crise des « gilets jaunes », a annoncé l’Elysée, ce dimanche soir.

Mercredi, il « fera de nouvelles annonces », « expliquera et détaillera » ses grands chantiers, lors d’une conférence de presse à l’Elysée. Sa toute première en France depuis le début de son quinquennat en mai 2017.

« C’est un président de fulgurances qui souvent arbitre au dernier moment »

Comme cet amateur de théâtre aime à le faire, il entretient le suspense depuis des semaines sur cette intervention, aidé par son entourage. Tout au long de ses cent heures de débat, Emmanuel Macron n’a rien livré non plus. Sans doute faute d’avoir arrêté ses choix. Mardi, rien n’était encore tranché, révélait l’un de ses proches. « C’est un président de fulgurances qui souvent arbitre au dernier moment », selon un autre.

Seul indice distillé dimanche, des « changements en profondeur vont être lancés » pour marquer « un nouvel acte ». Certains promettent même « des surprises » pour lundi. Mais « les annonces se feront dans la durée ? Il ne faut pas tout attendre » de l’allocution de lundi, tempèrent-ils. Emmanuel Macron avait usé du même suspense le 10 décembre, ne prévenant qu’au dernier moment une poignée de collaborateurs de son plan de 10 milliards d'euros pour calmer la colère sociale. Ses ministres l’avaient découvert à la télévision.

Une allocution censée relancer un quinquennat en perte de vitesse

Cette fois, à vingt-quatre heures de sa prise de parole, « les annonces sont prêtes », assure son entourage. Et pour une fois, il en a informé à l’avance son gouvernement : il a reçu dimanche d’abord son Premier ministre, Edouard Philippe à 19 heures, puis ses principaux ministres à 20 heures. Le goût du mystère du président a accru les expectatives, au risque qu’il ne déçoive. La sortie du grand débat « va durer longtemps » et « ne se fera pas en trois annonces », avait-il d’ailleurs prévenu fin mars.

Avant d’avertir aussi que toutes les attentes, parfois contradictoires, des Français ne pourraient être satisfaites. « Additionner 66 millions de voix individuelles ne construit pas un projet commun », a-t-il souligné à Saint-Brieuc. La pression est donc maximale pour cette allocution censée relancer un quinquennat en perte de vitesse. Depuis l’été dernier, l'affaire Benalla, puis les démissions de ministres de premier rang et la révolte des « gilets jaunes » ont enrayé la politique de « transformation » du pays sur laquelle il avait été élu.

Des pistes multiples

Parmi les multiples pistes évoquées durant le grand débat, lesquelles a-t-il retenu in fine ? Il en a seulement exclu certaines d’avance, comme le retour de l’ISF dont la suppression lui a valu d’être taxé de « président des riches ». Depuis quelques jours, chacun avance ses pions. Pour Edouard Philippe et Laurent Wauquiez (LR), les Français exigent des baisses d’impôt. Pour Laurent Berger (CFDT) et la gauche, la priorité est à une meilleure justice fiscale et à l'écologie. Marine Le Pen prône une dissolution et un système proportionnel.

Selon le sondage Ifop, 88 % des Français veulent réindexer les petites retraites sur l’inflation, 87 % obliger les médecins à s’installer dans les déserts médicaux, 82 % une baisse générale de l’impôt sur le revenu et 80 % supprimer la redevance télévision.