«Gilets jaunes» : «Pas de seconde chance»… L’avertissement de Gérard Larcher à Emmanuel Macron

CONSEILS Le président du Sénat Gérard Larcher donne des conseils au président de la République Emmanuel Macron dans une interview au Figaro

F.H. avec AFP

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Le président du Sénat Gérard Larcher. (Illustration)
Le président du Sénat Gérard Larcher. (Illustration) — SIPA PRESS/SIPA
  • Dans une interview au Figaro, Gérard Larcher demande au président de la République des « réponses [qui] ne pourront pas être uniquement cosmétiques ou purement institutionnelles » pour sortir de la crise des « gilets jaunes ».
  • Pour le président du Sénat, l’exercice du grand débat « pourra être déclaré réussi s’il débouche sur des décisions concrètes qui devront se baser sur trois principes que les Français réclament » : la citoyenneté, la proximité et la solidarité.

Pour Gérard Larcher, président LR du Sénat, Emmanuel Macron « n’aura pas de seconde chance ». Alors que le président de la République doit présenter son plan de sortie de la crise des «gilets jaunes» après trois mois de grand débat national, Gérard Larcher avertit le chef de l’Etat dans une interview donnée au Figaro. « Les réponses ne pourront pas être uniquement cosmétiques ou purement institutionnelles ».

La pression est considérable sur le chef de l’Etat, de nouveau en première ligne après une semaine où le Premier ministre Edouard Philippe a préparé le terrain en vue de la réponse présidentielle.

« Le président va devoir annoncer certaines mesures dans un temps court et parallèlement lancer des chantiers de plus long terme au-delà des pulsions du moment », ajoute Gérard Larcher.

« Où ont été les jeunes et les quartiers ? »

« Les réponses ne pourront pas être uniquement cosmétiques ou purement institutionnelles. Il lui faudra faire preuve de pédagogie dans ses choix, présenter un calendrier et une méthode. Les Français ont besoin de confiance et de rassemblement, d’un nouveau souffle et pas de “coups” », affirme le sénateur d’opposition de droite (LR).

S’il estime que le débat « est un succès quantitatif » de manière « indéniable », il souligne que « ce n’est pas un grand sondage car le panel représentatif n’est pas réuni ».

« Où ont été les jeunes et les quartiers ? Pourquoi certains thèmes ont été occultés : le chômage, l’emploi, les relations sociales, la dépendance, l’immigration, la sécurité, l’école… ? Heureusement, la santé s’est imposée », souligne Gérard Larcher.

Citoyenneté, proximité, solidarité

Pour lui, l’exercice « pourra être déclaré réussi s’il débouche sur des décisions concrètes qui devront se baser sur trois principes que les Français réclament » : la citoyenneté, la proximité et la solidarité « ou pourquoi, dans notre pays le plus redistributif d’Europe, la remise en cause de nos services publics de l’éducation, de la santé, du logement, des transports est-elle si violente ? »

Selon lui, le Sénat, dominé par l’opposition de droite, s’est préparé à la reprise, envisagée en juillet, de l’examen de la réforme constitutionnelle qui prévoit notamment la réduction du nombre de parlementaires. La réforme avait été suspendue par l'affaire Benalla​. « Il n’y aura pas de révision constitutionnelle contre le Sénat, étant donné qu’il ne peut y avoir de révision constitutionnelle sans le Sénat », avertit-il.