Mediator: Pour Agnès Buzyn, le procès reste «très utile»

JUSTICE Selon une expertise judiciaire, le Mediator, un médicament antidiabétique, pourrait être responsable de 2.100 décès

20 Minutes avec AFP

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Agnès Buzyn, ministre de la Santé, le 14 novembre 2018.
Agnès Buzyn, ministre de la Santé, le 14 novembre 2018. — AFP

Même si plusieurs milliers de victimes ont déjà reçu des indemnisations, Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, a estimé, ce jeudi, que le procès sur le scandale du Mediator, qui doit s'ouvrir à Paris en septembre, reste « très utile ».

«Il y a une indemnisation des victimes qui est facilitée aujourd’hui par une solution amiable qui permet en fait aux personnes de toucher de l’argent beaucoup plus rapidement, c’est très bien, (…) mais le procès pénal doit avoir lieu », a-t-elle déclaré sur LCI.

Près de 3.600 patients indemnisés

Le laboratoire Servier, qui publie chaque mois sur son site internet un point actualisé sur ces indemnisations, a indiqué avoir déjà versé au total 115,9 millions d'euros. En ajoutant les offres d’indemnisation adressées aux patients mais pas encore versées, la somme atteint 141,2 millions d’euros. Près de 3.600 patients qui prenaient cet antidiabétique à l’origine de graves lésions cardiaques, retiré du marché en 2009, ont ainsi reçu une offre.

Ce médicament pourrait être responsable à long terme de jusqu’à 2.100 décès, selon une expertise judiciaire. Par ailleurs interrogée sur le dossier du Levothyrox, la ministre a estimé avoir « répondu à l’angoisse et à la souffrance des patients » inquiets des effets secondaires liés à la nouvelle formule de ce médicament pour la thyroïde du laboratoire Merck en faisant « en sorte qu’il y ait une offre plurielle ».

Plus de 4.000 malades de la thyroïde déboutés par la justice

« En l’espace d’un mois et demi, j’ai fait venir sur le territoire français quatre ou cinq formules différentes qui permettaient à chacun de trouver le bon médicament qui lui convenait », a-t-elle souligné. Agnès Buzyn n’a en revanche pas souhaité « donner un avis sur le souhait de patients de porter plainte ».

Début mars, la justice civile a débouté les 4.113 malades de la thyroïde qui avaient assigné le laboratoire Merck pour « défaut d’information » autour du changement de formule du Levothyrox. Une information judiciaire au pénal est toujours en cours. Cette procédure « dira s’il y a eu des fautes. En tous les cas, il y a eu clairement un défaut d'information sur un changement de formule. Et ça c’est inadmissible ».