Les conclusions du «Vrai Débat» des «gilets jaunes» assez proches de celles du grand débat du gouvernement

PROPOSITIONS Sans surprise, le référendum d'initiative citoyenne revient beaucoup dans les suggestions

20 Minutes avec AFP

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Les — LOIC VENANCE / AFP

Réforme des institutions et du fonctionnement politique, justice fiscale, meilleur service public et écologie... : les « gilets jaunes » avaient également monté leur propre plateforme et voté sur leurs revendications... assez semblables à celles du grand débat national clos lundi. Lancé en novembre par un collectif de Gilets jaunes de la Réunion, le site du « Vrai débat » est finalement devenu national et, du 30 janvier au 3 mars, a collecté toutes les « revendications » des citoyens sur « les sujets de [leur] choix sans aucune exclusion ».

Détail marquant : le logiciel utilisé était le même que celui du gouvernement pour son grand débat -dont le bilan a été présenté lundi-, mis à disposition gracieusement par la société Cap Collectif. Au total, 44.576 identifiants d'utilisateurs ont été enregistrés sur le site du « Vrai Débat ». Ces derniers ont fait 25.229 propositions, et ont généré 898.790 votes.

Quatre « grands blocs assez clairs »

De cette consultation se sont dégagées un certain nombre de « propositions consensuelles favorables » qui constituent quatre « grands blocs assez clairs », explique Jean-Claude Zancarini, professeur émérite au Laboratoire CNRS Triangle de Lyon, qui a travaillé sur le traitement des données issues de la plateforme.

Au menu : la « question du fonctionnement politique, de la démocratie » (Référendum d'initiative citoyenne (RIC), prise en compte du vote blanc ou nul, contre les privilèges des élus -mais pas contre les élus), « la justice fiscale et la justice sociale », «un meilleur service public, avec une demande massive de proximité, des nationalisations, des renationalisations » et enfin des « revendications écologiques ».

Des failles

Des tendances qui se rapprochent des contributions du grand débat, organisé par le gouvernement. « Il y a plein de sentiments partagés des deux côtés. C'est la France quoi, il n'y a pas de séparation entre un groupe d'excités et puis les autres (...) la grosse différence, c'est le Référendum d'initiative citoyenne », analyse Jean-Claude Zancarini,

Sur le site, les chercheurs qui ont participé à l'étude des résultats avertissent toutefois : « Une consultation en ligne n'est pas une enquête sociologique. On ne contrôle pas l'échantillon et on connaît très peu de choses sur les participant-e-s » (profession, lieu d'habitation, etc.). « 1% des utilisateurs ont écrit 35% des propositions et 44% des arguments», est-il encore souligné. Après une synthèse menée par le CNRS et deux laboratoires (Lerass et Triangle) jusqu'au 7 avril, des "assemblées citoyennes" seront organisées jusqu'au 30 juin afin de «produire des propositions citoyennes de loi ».