Génocide au Rwanda: Qui est Hervé Berville, le représentant d’Emmanuel Macron aux commémorations à Kigali?

CEREMONIES Ce député de La République en marche a quitté le Rwanda au tout début du génocide, il y a vingt-cinq ans

Rachel Garrat-Valcarcel

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Herve Berville est député de La République En Marche (LREM) depuis juin 2017.
Herve Berville est député de La République En Marche (LREM) depuis juin 2017. — AFP

Le député LREM Hervé Berville, « représentant personnel » d'Emmanuel Macron dimanche à la 25e commémoration du génocide rwandais à Kigali, est lui-même un orphelin tutsi adopté par une famille bretonne en 1994. « Le Rwanda est une partie importante, en tout cas première dans ma vie, et donc c’est à la fois une fierté et aussi une grande responsabilité de m’y rendre pour représenter la France » a déclaré l’élu de 29 ans à RFI.

Placé dans un orphelinat à Kigali avant le début du génocide, il a été évacué avec son frère aux premiers jours et adopté à l’âge de 4 ans par une famille de Pluduno (Côtes-d’Armor). Il n’est revenu qu’en 2015 au Rwanda, où une partie de sa famille d’origine a été décimée durant le conflit.

Elu député lors de la vague macroniste

Entre-temps, Hervé Berville est passé par Sciences Po Lille, la London School of Economics, et a assuré des missions d’économiste pour l’Agence française de développement (AFD) au Mozambique. Un temps proche du PS, il rejoint à l’automne 2015 le collectif « Les Jeunes avec Macron », avant d’en devenir le référent Côtes d’Armor pour la présidentielle.

Elu au Palais Bourbon en 2017, parmi les cadets, le grand jeune homme - 1,87 m - siège à la commission des Affaires étrangères et devient un des porte-parole des députés « marcheurs ». A ses risques et périls, puisqu’il avoue par exemple à la fin de l’année ne pas avoir d'« information » sur la prime de Noël versée aux foyers les plus modestes.

Racisme

Après un rapport au Premier ministre sur la modernisation de l’aide au développement en 2018, Hervé Berville doit être le rapporteur d’un futur projet de loi pour notamment renforcer l’aide de la France, les crédits ayant baissé au cours du précédent quinquennat.

Autre front pour le député : la lutte contre le racisme, dont il n’avait pas souffert jusqu’alors. Avec d’autres élus, il a été la cible d’attaques racistes en début d’année de menaces de mort, son auteur déplorant qu’il ait « malheureusement échappé aux machettes du Rwanda ».