Européennes: Ce qu'il faut retenir du débat entre 12 têtes de listes

POLITIQUE 12 têtes de liste ont débattu à quelques semaines des européennes jeudi soir sur France 2

T.L.G.

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Benoît Hamon, Florian Philippot, Nathalie Loiseau et Jordan Bardella lors d'un débat sur les européennes sur France 2, le 4 avril 2019.
Benoît Hamon, Florian Philippot, Nathalie Loiseau et Jordan Bardella lors d'un débat sur les européennes sur France 2, le 4 avril 2019. — Jacques Witt/SIPA
  • A moins de deux mois des élections européennes, 12 têtes de liste étaient invitées de France 2 jeudi soir.
  • Les candidats ont donné leurs propositions pour l’Europe.
  • Le scrutin aura lieu le 26 mai prochain.

France 2 lançait ce jeudi soir la campagne des européennes en organisant un débat entre 12 têtes de liste. Vous n’avez pas suivi ces 3 heures d'émission ? On vous résume quelques moments forts de la soirée.

Prise de bec sur le Brexit

Les 12 candidats ont d’abord été interrogés sur le Brexit. « C’est une catastrophe ! », a lancé l’ancienne ministre des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, dressant un tableau noir des conséquences économiques, notamment pour le métier de marins pêcheurs. « L’économie ne s’est jamais si bien portée », a répliqué Jordan Bardella du RN. François Asselineau, de l’UPR, en a profité pour lancer une petite pique sur le changement de stratégie de Marine Le Pen : « On se demande pourquoi le Rassemblement national ne demande pas de sortir de l’Union européenne si le Brexit est aussi positif ».

Echanges de politesses aussi dans cette séquence entre Manon Aubry et Yannick Jadot : « Monsieur Jadot, l’Europe oui, mais pas à tout prix. Sur des bases de justice fiscale, écologique ». Réponse de l’intéressé : « Vous verrez, si vous accédez au Parlement européen, qu’on peut faire plein de choses en Europe sans changer les traités ».

Cacophonie sur Schengen

Nathalie Loiseau a évoqué Frontex, agence de l’UE chargée des frontières extérieures : « On a demandé qu’il y ait minimum 10.000 hommes en soutien des polices nationales. La Commission a appliqué ce que Macron avait demandé ». Réplique de Philippot : « C’est plutôt l’inverse : la Commission européenne décide, et vous vous rampez derrière ». Une fois encore, la candidate LREM est prise à partie par plusieurs candidats. « Quand je vous entends dire que vous être fière d’avoir divisé par dix le nombre de migrants en France, j’ai honte, a lancé le communiste Ian Brossat. Parce que certains meurent à cause de votre politique. Je vous dirais de regarder vos pompes. Parce que ce n’est pas un sujet de fierté ».

« Qu’est ce qu’on fait avec tous ces gens qui sont morts dans la Méditerranée ? Ni Mme Loiseau, ni M. Bellamy n’ont dit ce que tout humaniste devrait dire : On les sauve », a abondé Raphaël Glucksmann. « J’ai honte de votre oubli Mme Loiseau. Le président Macron a été élu sur une promesse d’humanisme. Et aujourd’hui, on ferme nos ports à l’Aquarius, on traite les humanitaires comme des pirates ».

Quelles alliances au Parlement pour LREM et Place publique ?

Benoît Hamon a gratouillé Raphaël Glucksmann et Nathalie Loiseau pour savoir dans quels groupes siégeront les eurodéputés de LREM et du PS-Place Publique. « Il faut être clair sur les alliances qu’on va avoir, les groupes dans lesquels on va siéger. Si je vais chez Ikea et que je demande au vendeur de me vendre un meuble sans mode d’emploi, je ne saurais pas le monter. Avec un parti c’est pareil », a insisté l’ex-candidat à la présidentielle.

« Nous allons créer un groupe », a évacué l’ancienne ministre de Macron. « Ce qui m’intéresse c’est les idées. Si le Parti socialiste européen adhère à ce projet alors nous rejoindrons le PSE. Tout l’enjeu est de pouvoir construire un groupe assez puissant mon cher Benoît », a répondu Glucksmann.

L’écologie, point d’accord entre tous

Du moins dans les mots, d’après la candidate insoumise. « L’écologie, c’est une sorte de totem, tout le monde le saisit. Mais en réalité, très peu est fait », a dénoncé Manon Aubry, défendant l’option d’une règle verte : « on ne prend pas plus à la terre que ce qu’elle peut reconstituer », visant les 100 % d’énergies renouvelables d’ici 2050. « Quand on regarde les chiffres, les ménages les plus riches polluent 40 fois plus que les ménages les plus pauvres et ils sont moins taxés », a ajouté Ian Brossat. Yannick Jadot a lui vanté son « new green deal », plan d’investissement de 100 milliards d’euros pour la transition écologique. Benoît Hamon a lui proposé la reconnaissance d’un « crime d’écocide ».

Nathalie Loiseau a été prise à partie sur le report de trois ans de l’interdiction de la production de certains pesticides par la majorité à la mi-mars : « Nous voulons diminuer les pesticides par deux d’ici 2025, c’est ce qui est dans notre programme », a balayé la candidate.