VIDEO. L'affaire Benalla, «une histoire ridicule qui a pris des proportions folles», selon Vincent Crase

REVELATIONS Vincent Crase, l'autre homme de «l'affaire Benalla» est revenu sur la personnalité d’Alexandre Benalla et la relation de ce dernier avec Emmanuel Macron

Manon Aublanc

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Les parlementaires ont auditionné pour la deuxième fois Vincent Crase, un ex-employé du parti présidentiel LREM, le 21 janvier 2019.
Les parlementaires ont auditionné pour la deuxième fois Vincent Crase, un ex-employé du parti présidentiel LREM, le 21 janvier 2019. — Thibault Camus/AP/SIPA

Si le nom d’Alexandre Benalla est maintenant connu de tous, celui de son acolyte, Vincent Crase, l’est un peu moins. Il est pourtant le deuxième homme du scandale. Mis en examen, avec Alexandre Benalla, pour violences en réunion, Vincent Crase est sorti du silence, pour la première fois, dans les colonnes du Parisien, ce jeudi.

Dans cette interview, accordée à l’occasion de la sortie de son livre Présumé coupable (éditions Plon), l’ancien chef de la sécurité de LREM évoque notamment la personnalité d’Alexandre Benalla et la relation de ce dernier avec Emmanuel Macron.

« Est-ce que nous referons des choses ensemble ? Je ne sais pas »

Dans cet entretien, Vincent Crase revient sur sa relation avec Alexandre Benalla, se présentant comme « l’élément temporisateur du duo » qu’il formait avec l’ancien collaborateur d’Emmanuel Macron. Il affirme que « la plupart du temps, c’était moi qui disais : "Du calme, ça ne sert à rien de s’énerver." » Si l’ancien gendarme reconnaît que « les histoires de passeports diplomatiques, de faux pour obtenir des contrats » sont allées « beaucoup trop loin », il « pense [qu’Alexandre Benalla] sera toujours [son] ami ».

« Je pense que ce sera toujours mon ami. Est-ce que nous referons des choses ensemble ? Je ne sais pas. De toute façon, on n’a pas le droit de se voir ou de se parler », ajoute-t-il. Pour Vincent Crase, Alexandre Benalla « est attiré par les objets du pouvoir ». « C’est un petit gars qui vient de nulle part, avec une enfance compliquée. Il a parfois une maturité extrême. Et parfois, c’est encore un gamin dans sa tête », explique-t-il.

« Benalla a été un défouloir »

Sur les évènements du 1er mai, Vincent Crase affirme que ce n’était « certainement pas comme une affaire d’État, ce n’est pas le Rainbow Warrior ! On est juste deux types qui, croyant bien faire, ont dérapé devant quelqu’un qui filmait », ajoutant « C’est une histoire ridicule qui a pris des proportions folles. Benalla a été un défouloir. »

Il explique également qu’Alexandre Benalla lui a affirmé, dès le lendemain, qu’Emmanuel Macron « est au courant » et qu’il est « furieux », tout en ajoutant ne pas vouloir tirer de « conclusion hâtive » : « c’est peut-être Alexandre qui m’a menti ». Vincent Crase est également revenu sur la relation entre Alexandre Benalla et Emmanuel Macron : « Chez Alexandre, il y a du respect et de l’admiration. Et chez Macron, sans doute un peu d’admiration. Il avait besoin de lui, aussi ».

« Tout le fond de cette histoire, c’est ça : les présidents veulent avoir leur sécurité en main »

L’ancien chef de la sécurité de LREM évoque même une certaine familiarité entre les deux hommes : « Alexandre était capable d’organiser très vite un dîner au restaurant en absolue sécurité, sans les gyrophares » pour Emmanuel Macron. « Je l’ai vu entrer dans le bureau du "PR" et lui dire : "Il faudrait peut-être aller se couper les tifs !" Des trucs que personne n’oserait dire à un président. Lui le faisait. Emmanuel Macron savait qu’il pouvait se reposer sur Alexandre. »

« Tout le fond de cette histoire, c’est ça : les présidents veulent avoir leur sécurité en main », poursuit l’ancien chef d’escadron réserviste de la gendarmerie. S’il pouvait dire quelque chose au président de la République ? Qu’il est « désolé ». « Je le défendrai toujours. Il est hyper talentueux, en avance sur son temps, ou alors ce sont les Français qui sont en retard. La déconnexion vient de là », explique-t-il.