Terrorisme, immigration irrégulière, criminalité environnementale… De quoi vont parler les ministres de l’Intérieur du G7 réunis à Paris?

SECURITE Christophe Castaner et son secrétaire d’Etat, Laurent Nuñez, vont accueillir dès jeudi leurs homologues allemand, italien, canadien, américain, japonais et britannique, au ministère de l’Intérieur

Thibaut Chevillard

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Après Ischia (Italie) en 2017 et Toronto (Canada, photo ci-dessus) en 2018, c'est la troisième fois que les ministres de l'Intérieur se réunissent sous format G7
Après Ischia (Italie) en 2017 et Toronto (Canada, photo ci-dessus) en 2018, c'est la troisième fois que les ministres de l'Intérieur se réunissent sous format G7 — Chris Young/AP/SIPA
  • Le ministre de l’Intérieur accueille, jeudi et vendredi, place Beauvau, ses homologues des pays du G7.
  • L’occasion d’approfondir la « concertation, la coordination et les échanges d’orientations et de bonnes pratiques » sur des sujets déjà abordés lors des précédentes réunions, selon la place Beauvau.
  • Au menu : menace terroriste, gestion des djihadistes étrangers, lutte contre l’emploi d’internet « à des fins terroristes et d’extrémisme violent » mais aussi contre le trafic de migrants.

L’Italien Matteo Salvini, le Britannique Sajid Javid, le Canadien Ralph Goodale… Ils seront tous à Paris ce jeudi et vendredi. Le ministre de l’Intérieur va en effet accueillir, place Beauvau, ses homologues des pays du G7 pour une série de réunions destinées à préparer le sommet des chefs d’Etats qui aura lieu du 24 au 26 août à Biarritz. L’occasion, selon l’entourage de Christophe Castaner, d’approfondir la « concertation, la coordination et les échanges d’orientations et de bonnes pratiques » sur des sujets aussi sensibles que la menace terroriste ou le retour des djihadistes étrangers dans leur pays d’origine.

Menace terroriste

La rencontre des ministres de l’Intérieur est évidemment l’occasion d’évoquer la menace terroriste, qu’elle soit endogène ou exogène, à laquelle ils sont confrontés dans leurs pays respectifs. « Chacun va faire part de son expérience et de sa façon de gérer ces différentes menaces », indique-t-on place Beauvau.

Gestion des combattants étrangers

Les pays du G7 sont confrontés à une actualité brûlante : la chute de Baghouz en Syrie, marque en effet « la fin de l’emprise territoriale de Daesh ». En parallèle, l’annonce du retrait américain de Syrie a surpris tout le monde. Que faut-il faire des combattants étrangers qui ont été arrêtés ? Alors que la France souhaite que les auteurs de crimes perpétrés dans la région soient jugés sur place, les Etats-Unis préconisent que chaque pays prenne en charge ses djihadistes et les juge sur son territoire.

Afin d’éviter la « dispersion de ces combattants », la place Beauvau estime qu’il est nécessaire que les membres du G7 se coordonnent « sur la façon de procéder ». Un dîner de travail sera donc consacré au sujet jeudi soir au palais de la Légion d’honneur. La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, participera à ces discussions.

Terrorisme et haine sur internet

« C’est un sujet que nous voyons sous un jour nouveau après l’attentat d’extrême droite de Christchurch en Nouvelle Zélande puisqu’une séquence a été diffusée en direct durant 17 minutes et laissée en ligne sur Facebook pendant presque une demi-heure », explique-t-on dans l’entourage du ministre de l’Intérieur. La France estime que l’approche américaine fondée sur la coopération avec les grands acteurs d’Internet a montré ses « limites ». A l’inverse, avec l’Allemagne et le Royaume-Uni, elle a appelé la Commission européenne à proposer une législation européenne pour assurer le retrait rapide de contenus terroristes.

« Les plateformes jouent un rôle essentiel », souligne-t-on place Beauvau. C’est la raison pour laquelle des représentants de Google, Microsoft, Twitter et Facebook seront présents à Paris pour discuter du sujet.

Lutte contre les réseaux de passeurs et les trafiquants de migrants

« L’immigration irrégulière porte avec elle un grand nombre de conséquences négatives », remarque-t-on au ministère de l’Intérieur. La place Beauvau estime que les services de sécurité intérieurs des pays du G7 doivent aider ceux des pays Africains « à lutter contre ces réseaux » de passeurs. Pour évoquer ce sujet, ils ont convié le ministre de l’Intérieur du Niger, Mohamed Bazoum - « un homme fort au Niger qui a agi de façon significative contre les réseaux de passeurs dans son pays » - et Ousséni Compaoré, ministre de la Sécurité du Burkina Faso, pays qui préside actuellement le G5 Sahel.

Délinquance environnementale

« Déforestation irrégulière », « trafic de déchets », « pêche illégale »… Selon un rapport conjoint d’Interpol et du programme des Nations Unies pour l’environnement, la criminalité environnementale serait la troisième activité criminelle la plus lucrative, après les trafics de drogue et de contrefaçons. Elle générerait entre 110 et 281 milliards de dollars par an. La discussion qui doit avoir lieu vendredi matin aura pour objectif d’appeler l’attention des ministres du G7 sur l’importance croissante de cette problématique.