Le soutien public aux éoliennes est estimé à 1,3 milliard d'euro pour 2019.
Le soutien public aux éoliennes est estimé à 1,3 milliard d'euro pour 2019. — SICCOLI PATRICK/SIPA

FAKE OFF

Les éoliennes coûtent-elles vraiment 8 milliards d'euros par an, comme le dit Marine Le Pen?

La présidente du Rassemblement national Marine Le Pen affirme que les éoliennes ont « un coût exorbitant de huit milliards d'euros par an », que les Français doivent supporter sur leur « facture d'électricité ». En fait, le soutien à l'éolien est estimé à 1,3 milliard d'euros pour 2019

  • Marine Le Pen affirme que les éoliennes ont « un coût exorbitant de huit milliards d'euros par an », que les Français doivent supporter sur leur « facture d'électricité ».
  • Plusieurs taxes financent le soutien public à l'éolien.
  • Pour 2019, ce soutien est estimé à 1,3 milliard d'euros.

Alors candidate à l’élection présidentielle en 2017, Marine Le Pen  fustigeait déjà les éoliennes en réclamant un moratoire à leur sujet. La présidente du Rassemblement national est revenue à la charge ces derniers jours. Lors du débat entre les chefs de partis sur BFMTV le 20 mars, elle a dénoncé un coût de l’éolien de « huit milliards d’euros » sur la « facture d’électricité » des Français. Un argument repris dix jours plus tard dans un meeting en Ile-de-France : Marine Le Pen y a fustigé « un coût exorbitant de huit milliards d’euros par an, que vous supporterez sur votre facture d’électricité ».

FAKE OFF

Marine Le Pen fait allusion à la Contribution au service public de l’électricité (CSPE). Derrière ce nom à rallonge, une taxe présente sur la facture d’électricité des particuliers et des professionnels. Avant 2016, elle servait à financer le coût des énergies renouvelables, dont l'éolien.

Depuis 2016, et la loi sur la transition énergétique, cette contribution n’est plus la seule source de financement public de l’éolien. Plusieurs taxes sur l’énergie y contribuent : outre la CSPE, une partie des recettes d’une taxe sur la consommation de carburant et d’une taxe sur la consommation de charbon sont affectées à ce financement, précise la Commission de régulation de l’énergie (CRE), une autorité indépendante. Les recettes proviennent également d’une taxe sur le gaz, selon le ministère de la Transition écologique et solidaire.

1,3 milliard d’euros pour l’éolien en 2019

Quel est le coût de ce soutien ? Le montant annoncé par Marine Le Pen est loin de l’estimation donnée par la CRE. Selon cette commission, le soutien au secteur éolien s’élèvera à 1,3 milliard d’euros en 2019 et non huit milliards comme l’annonce la présidente du Rassemblement national. Le montant donné par l’élue se rapproche du montant total de l’ensemble du soutien aux politiques de l’énergie, estimé à 7,8 milliards d’euros pour 2019. Outre le soutien aux énergies renouvelables comme l’éolien ou le photovoltaïque, ces fonds financent des politiques de solidarité, comme le soutien aux territoires non connectés au réseau continental.

Le montant du soutien aux énergies renouvelables a augmenté de 13 % par rapport à 2018, d’après un rapport du Sénat. Cette augmentation « est due au fort dynamisme des filières éolien, photovoltaïque et biomasse », soulignent les sénateurs. Toutefois, cette hausse est « atténuée par la hausse des prix de marché de gros de l’électricité », ajoute la CRE.

Le soutien de l’Etat, « une garantie pour les industriels et les investisseurs »

Pourquoi cette hausse a-t-elle un impact sur les finances publiques ? L’Etat garantit un prix de rachat aux industriels de l’éolien pour l’électricité qu’ils produisent. L’Etat s’engage à acheter le kilowattheure à un certain prix. Il s’engage également à acheter l’électricité produite. Si le prix de l’électricité est en dessous de ce seuil sur le marché, l’Etat compense. « C’est une garantie pour les industriels et les investisseurs », explique Marc Jedliczka, porte-parole de négaWatt, une association qui milite pour « une transition énergétique réaliste et soutenable ».

Le militant se montre critique du nouveau système mis en place depuis 2016 : « Ce n’est plus le consommateur d’électricité, c’est le contribuable qui paie, car les fonds viennent du budget de l’Etat désormais. » Un changement de philosophie qui met la France à la merci d’une sanction de la Commission européenne, selon lui. « L’Etat prend de l’argent de sa propre poche (pour aider des entreprises). La Commission réglemente les aides que l’Etat apporte aux entreprises. C’est le principe de la concurrence non faussée. » Une éventuelle sanction pourrait freiner le développement de l’éolien, alors que la France est en retard sur ses objectifs de développement de ce mode de production d’électricité.

 

 

 

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