Européennes: Le Rassemblement national va lancer un emprunt auprès des Français

COLLECTE Le parti d'extrême droite utilise la même méthode que La France insoumise, qui a lancé dimanche une « campagne d’emprunt populaire » pour financer sa campagne pour les européennes 

Manon Aublanc

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Marine Le Pen, le 8 octobre 2018 à Rome.
Marine Le Pen, le 8 octobre 2018 à Rome. — Luigi Mistrulli/SIPA

Pour financer sa campagne des élections européennes, le Rassemblement national va lancer à son tour, comme La France insoumise, un emprunt auprès des Français, a annoncé la présidente du parti, Marine Le Pen, ce mardi.

« Nous n’avons pas d’autre possibilité que d’aller demander aux Français de nous prêter pour un an les moyens de faire cette campagne », a déclaré la cheffe du RN au micro de LCI.

Les banques refusent de prêter de l’argent aux « partis politiques d’opposition », selon Le Pen

« C’est à eux |les Français] que revient, et c’est terrible parce que ça ne devrait pas être le cas (…), la mission de sauver le fonctionnement démocratique de notre pays », a ajouté la finaliste de la présidentielle en 2017. La députée du Pas-de-Calais a critiqué les banques qui refusent de prêter de l’argent aux « partis politiques d’opposition »​ et « ont droit de vie ou de mort sur les listes électorales ».

La France insoumise a lancé dimanche une « campagne d’emprunt populaire » auprès des Français, qui pourront verser au minimum 400 euros, pour financer la campagne du parti pour le scrutin du 26 mai.

Le projet de « banque de la démocratie » abandonné par le gouvernement

Le RN soutient le projet, lancé par le chef du MoDem, François Bayrou, mais abandonné par le gouvernement, d’une « banque de la démocratie », qui devait être un établissement public permettant de s’affranchir des financements des banques privées pour les prêts aux partis et candidats.

Pour la présidentielle de 2017, le RN n’avait pas non plus obtenu de prêt bancaire et avait contracté deux prêts auprès de Cotelec, le microparti du père de Marine Le Pen, Jean-Marie Le Pen. Pour les législatives, l’ancienne candidate à la présidentielle avait lancé un « emprunt patriotique ». Pour les européennes, Jean-Marie Le Pen a indiqué début février que Cotelec ne pourrait pas prêter d’argent au RN qui, « pour l’instant, n’est pas en mesure de nous payer ».