Remaniement: L'opposition dénonce des choix «consanguins» après la nomination de proches de Macron

REMANIEMENT Le chef de l'Etat a fait entrer au gouvernement trois trentenaires choisis parmi sa garde rapprochée, ses conseillers Sibeth Ndiaye et Cédric O, ainsi que la députée Amélie de Montchalin

M.C.

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Emmanuel Macron, accompagné de sa directrice des relations presse Sibeth Ndiaye, à Brive-la-Gaillarde, le  25 février 2017.
Emmanuel Macron, accompagné de sa directrice des relations presse Sibeth Ndiaye, à Brive-la-Gaillarde, le 25 février 2017. — DIARMID COURREGES / AFP

Honneur aux fidèles soldats macronistes. Emmanuel Macron a fait entrer dimanche au gouvernement trois trentenaires choisis parmi sa garde rapprochée, ses conseillers Sibeth Ndiaye et Cédric O, ainsi que la députée Amélie de Montchalin, resserrant les rangs autour de lui pendant cette période de crise.

L’opposition a immédiatement critiqué des choix « consanguins », y voyant la preuve que le chef de l’Etat était isolé et n’avait d’autre choix que de puiser dans son carré de fidèles. « Pour son remaniement, Macron choisit deux conseillers sur trois postes. Encore un peu plus techno, encore plus éloigné du peuple, tel est le destin de ce gouvernement », a réagi Valérie Debord, porte-parole LR, sur Twitter avec le mot-clé « le roiestseul ».

« Un chef de l’Etat si isolé qu’il puise dans ses propres collaborateurs/trices pour trouver des Ministres. C’est aussi une consécration de l’inexistence politique des ministres et du renforcement de la concentration du pouvoir à l’Elysée », a renchéri la porte-parole du Parti socialiste, Gabrielle Siry.

« On a l’impression qu’il y a un grand coup de vent et monsieur Macron prend dans sa garde rapprochée », a asséné le député apparenté RN, Gilbert Collard.

« Cette mauvaise habitude de nommer ministres des conseillers de l’Elysée… Comment affaiblir chaque jour davantage la légitimation électorale, ne rien comprendre à la crise de connexion avec les Français et éviter toute contradiction », a également dénoncé la sénatrice socialiste Marie-Pierre de La Gontrie.

« C’est un non-évènement, a réagi Manon Aubry, tête de liste LFI aux européennes, sur BFMTV. Emmanuel Macron a nommé deux de ses plus proches conseillers, ce qui prouve sa volonté de garder le contrôle. »

« Pognon de dingue » et suppression de l’ISF

Le choix de Sibeth Ndiaye est celui qui suscite le plus de controverses. « Les donneurs de leçons macroniens, autoproclamés pourfendeurs de fake news, viennent donc de nommer comme porte-parole du gouvernement une menteuse professionnelle : ça doit être ça le “en même temps” », a attaqué Jordan Bardella (RN).

« Donc celle qui avait dit "la meuf est dead" en parlant de Simone Veil est nommée porte-parole du gouvernement », a tweeté Lydia Guirous, porte-parole de LR, en faisant référence à l’expression polémique prêtée à Sibeth Ndiaye lors du décès de Simone Veil. « Macron a certainement voulu saluer la culture, la classe et le tact de Sibeth Ndiaye à la disparition de #Simone Veil en la nommant porte-parole du gouvernement… », a ajouté l’ancien ministre LR Thierry Mariani, qui a rallié la liste du Rassemblement national pour les élections européennes.

« En réponse aux “gilets jaunes”, faire entrer au gouvernement la communicante qui a soufflé au président la formule malheureuse “le pognon de dingue” et la députée fière d’avoir supprimé l’ISF est un signe politique clair : on accélère dans la même direction », a estimé le député LFI Alexis Corbière.

 

Quelques soutiens des collègues

L’ex-secrétaire d’Etat au Numérique, Mounir Mahjoubi, a au contraire salué l’arrivée de son remplaçant, Cédric O : « Bravo Cédric ! Après tous ces mois passés à travailler avec toi, je sais que tu seras à la hauteur des défis numériques à venir. Tu auras tout mon soutien. A demain ».

« Bienvenue à bord (même si vous y étiez déjà largement et depuis la première seconde) », a tweeté la secrétaire d’Etat à l’Egalité hommes-femmes Marlène Schiappa. Julien Denormandie, ministre du Logement, a lui souhaité la « bienvenue à Sibeth Ndiaye, Amélie de Montchalin et Cédric O. Des engagés de la première heure. Heureux de porter avec eux le projet présidentiel pour une France qui protège et qui libère. »