«À vouloir tout bousculer, tout s’est arrêté»: Le tacle de François Hollande à Emmanuel Macron

RÈGLEMENT DE COMPTE Dans une interview accordée ce dimanche au journal « Le Parisien », l’ancien chef de l’Etat distribue les piques à son successeur

20 Minutes avec AFP

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François Hollande a une nouvelle fois adressé quelques critiques à Emmanuel Macron à l'occasion de la réédition de son livre.
François Hollande a une nouvelle fois adressé quelques critiques à Emmanuel Macron à l'occasion de la réédition de son livre. — Mathieu Pattier/SIPA

Son livre porte décidément bien son nom. A l’occasion de la publication d’une édition « augmentée » de son ouvrage, «Les leçons du pouvoir», l’ancien président François Hollande a une nouvelle fois taclé sèchement son successeur Emmanuel Macron dans un entretien accordé ce dimanche au Parisien.

« Diriger la France, je l’ai éprouvé, est un exercice difficile qui suppose de bien comprendre notre pays. Le résultat au bout de deux ans n’est bon ni pour la vitalité économique, ni pour la cohésion sociale », affirme l’ex-chef de l’Etat.

« J’interviens pour alerter »

« À vouloir tout bousculer, tout s’est arrêté », poursuit-il : « Mais un mandat dure cinq ans, évitons de porter des jugements définitifs. Tout président peut toujours opérer des corrections, moi-même, j’en ai fait. Pour ma part, si j’interviens à l’occasion de la nouvelle édition de mon livre, c’est pour alerter ».

Le livre « Les leçons du pouvoir » sera publié mardi en édition de poche, avec trois nouveaux chapitres dont un abordant le mouvement des «gilets jaunes». Interrogé sur ce qu’il aurait fait s’il avait été confronté à une telle crise durant son mandat (2012-2017), il rappelle la fronde fiscale des bonnets rouges qu’il avait subie en 2013.

Il saisit l’occasion d’enfoncer le clou contre Emmanuel Macron, qui fut son conseiller avant de devenir son ministre de l'Economie : « L’écotaxe dont j’avais hérité de mon prédécesseur n’était pas comprise, dans ses modalités comme dans sa gestion par un opérateur privé. J’ai donc pris la décision de la suspendre. Le recul est parfois préférable à l’entêtement. Ça m’a été reproché par certains à cette époque. Je constate que le gouvernement actuel a battu en retraite. Mais trois semaines trop tard. »