Nicolas Sarkozy au monument national de la Résistance. (archives)
Nicolas Sarkozy au monument national de la Résistance. (archives) — PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP

RESISTANCE

Emmanuel Macron et Nicolas Sarkozy se retrouvent pour commémorer le maquis des Glières

Nicolas Sarkozy se rendait chaque année dans ce haut lieu de la Résistance, Emmanuel Macron y va pour la première fois

Emmanuel Macron sera rejoint dimanche par Nicolas Sarkozy sur le plateau des Glières, en Haute-Savoie, pour célébrer le 75e anniversaire des combats au cours desquels une centaine de maquisards furent tués en 1944 par des soldats allemands et des miliciens français.

Le chef de l’Etat et l’ancien président, qui s’est rendu sur place à de nombreuses reprises durant son quinquennat, participeront à la cérémonie d’hommage qui se tiendra dans la matinée à la nécropole nationale de Morette. D'après Le Journal du dimanche, François Hollande n’aurait pas été invité.

Haut lieu de la Résistance

Après une allocution à la nécropole, Emmanuel Macron, qui sera accompagné du ministre Jean-Michel Blanquer et de la secrétaire d’Etat Geneviève Darrieussecq, se rendra sur le plateau où a été érigé en 1973 un monument national à la Résistance, avant de déjeuner avec des élus. Le déplacement pourrait être perturbé par des « gilets jaunes » de la région qui, sur les réseaux sociaux, réfléchissent à la manière de mener une action commune aux Glières.

Ce haut plateau calcaire situé dans le massif des Bornes à 1.450 mètres d’altitude est un haut lieu symbolique de la Résistance, malgré une récente remise en cause de l’ampleur de la bataille qui s’y est jouée. Lieu difficile d’accès, les Glières étaient pour la Résistance locale le lieu idéal pour recevoir des parachutages d’armes des Alliés. Mais le 31 janvier 1944, le gouvernement de Vichy, sur l’injonction des autorités allemandes, décide d’en finir avec la Résistance et met le département en état de siège.

Mythe

Le 26 mars 1944, une attaque mobilise soldats allemands et miliciens français avec des moyens disproportionnés face aux 465 maquisards présents sur le plateau. Ces derniers reçoivent l’ordre de « décrocher » du plateau dans la soirée. Mais 129 maquisards et 20 résistants des vallées ne peuvent échapper à l’encerclement : 124 sont tués lors du combat ou fusillés, 9 disparaissent et 16 meurent en déportation.

A partir de ce moment, la bataille des Glières devient, grâce à la radio de Londres, le symbole de la Résistance française. Cette version est contestée par certains historiens. Selon Claude Barbier, qui a eu accès à des archives inexploitées et écrit une thèse en 2011 sur le sujet, « il n’y a pas eu de bataille à Glières » mais une répression féroce de la part des soldats allemands et des forces de Vichy sur des maquisards en repli, affamés et exténués.

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