Griveaux et Mahjoubi quittent le gouvernement pour se lancer à l'assaut de Paris

MUNICIPALES Les deux jeunes loups de LREM espèrent détrôner Anne Hidalgo et le PS dans la capitale

20 Minutes avec AFP

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L'ex-porte-parole du gouvernementenjamin Griveaux a officialisé sa candidature à la mairie de Paris, le 28 mars 2019.
L'ex-porte-parole du gouvernementenjamin Griveaux a officialisé sa candidature à la mairie de Paris, le 28 mars 2019. — Thomas SAMSON / AFP

Ça n'a pas traîné. A un an des municipales, Benjamin Griveaux et Mounir Mahjoubi ont quitté le gouvernement, mercredi, pour partir à l'assaut de la mairie de Paris, le premier officialisant jeudi sa candidature. Mais encore faut-il remporter l'investiture LREM.

Dans le café Fluctuat nec mergitur –la devise de la capitale– sur la place de la République, Benjamin Griveaux a mis fin jeudi soir à «un suspense absolument intenable»: «Je suis candidat pour que les Parisiens retrouvent le plaisir et la fierté de vivre à Paris», a-t-il lancé devant une centaine de soutiens. L'ex-porte-parole du gouvernement a promis, sans rentrer dans les détails, de porter «un projet profondément écologique» dans la capitale. Cet ancien membre du PS a également appelé à «en finir avec l'incessante alternance gauche-droite dont on ne comprend plus le sens». Paris est gouverné par la gauche depuis 18 ans. A-t-il le soutien d'Emmanuel Macron ? «Je me garderais bien de le faire parler», a-t-il répondu à la presse.

«Les mêmes priorités», estime Mahjoubi

Sorti du gouvernement, l'ancien élu de Saône-et-Loire a les mains libres pour affronter les autres candidats LREM putatifs ou déclarés, parmi lesquels les députés Cédric Villani et Hugues Renson et l'élue municipale Anne Lebreton, ainsi que son ex-collègue Mounir Mahjoubi –qui a également quitté son portefeuille de secrétaire d'État au Numérique, contre son gré. «Il y a deux choses en ce moment, les Européennes et l'atterrissage du grand débat», relevait auprès de l'AFP il y a quelques semaines Mounir Mahjoubi, jugeant «irresponsable» de polluer la séquence avec une investiture.

Avec Benjamin Griveaux, «on n'a pas la même histoire, on n'a pas le même caractère, on n'a pas les mêmes priorités» mais «on a le même coeur de programme», a-t-il assuré jeudi soir sur BFMTV.

Selon un sondage Ifop-Fiducial publié dimanche, la maire PS sortante devancerait légèrement le candidat LREM au premier tour des municipales de 2020. Avec 22% des intentions de vote pour Benjamin Griveaux, s'il devait être choisi, contre 24% pour Mme Hidalgo. Selon la même enquête, l'écart en faveur de Mme Hidalgo augmente légèrement dans l'hypothèse d'une liste Mahjoubi (23% contre 20%) ou Villani (24% contre 20%). Derrière, LR obtient entre 14 et 16%.

Embouteillage

La Commission nationale d'investiture de LREM doit trancher en juin, mais il est vraisemblable que Emmanuel Macron soit lui-même l'ultime juge de paix. Selon un proche, Benjamin Griveaux «a le soutien et les encouragements du président», en plus de celui «des militants, députés et ministres» dont Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat en charge de l'Égalité entre les femmes et les hommes.

«Qu'il soit adoubé, c'est du pipeau !», grince un concurrent interne de Benjamin Griveaux. Ses rivaux sont prompts à l'accuser d'avoir mis sous sa coupe l'appareil parisien du parti et de vouloir court-circuiter le processus de désignation.

Hugues Renson se disait convaincu il y a quelques semaines qu'il n'y avait «aucune candidature naturelle, aucune candidature qui s'impose». «Nous ne sommes pas encore dans le temps des municipales», a-t-il dit mercredi à l'AFP, estimant comme Mounir Mahjoubi que «précipiter la campagne, c'est négliger les priorités du moment» pour Emmanuel Macron et la majorité.

Le processus de sélection sera «clair et transparent», veut croire Cédric Villani, qui salue le départ de MM. Griveaux et Mahjoubi du gouvernement. «Ca clarifie les choses, c'est comme un top départ!», s'est-il réjoui auprès de l'AFP. Mounir Mahjoubi, lui, ne s'avoue pas vaincu, bien que sa déclaration de candidature annoncée au journal Le Parisien, et apprise sur le tard par le chef de l'Etat et le Premier ministre, ait irrité son camp.