Grand âge: Agnès Buzyn assure qu'«il n'y aura pas d'impôt supplémentaire» pour financer la dépendance

SANTE La ministre reçoit ce jeudi matin un rapport très attendu sur la prise en charge du grand âge et de la perte d'autonomie

20 Minutes avec AFP
La ministre de la SAnté Agnès Buzyn pendant les questions au gouvernement le 27 mars 2019.
La ministre de la SAnté Agnès Buzyn pendant les questions au gouvernement le 27 mars 2019. — AFP

Comment financer la dépendance ? La question, ardue, reste ouverte. La réforme de la dépendance devra être accompagnée d’un « financement public », mais sans créer « un impôt supplémentaire », a affirmé jeudi la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn. « Il n’y aura pas un impôt supplémentaire, c’est une porte qui est clairement fermée », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse organisée par l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis).

La ministre devait recevoir en fin de matinée un rapport très attendu sur la prise en charge du grand âge et de la perte d’autonomie, en vue d’un projet de loi annoncé d'ici à la fin de l'année, censé préparer la société au vieillissement massif de la population.

« Une très forte inquiétude »

« Une très forte inquiétude des Français sur cette question remonte du grand débat », notamment chez les retraités qui jugent leurs pensions « insuffisantes pour prendre en charge leurs aînés », a-t-elle souligné. Mais la ministre a aussi soulevé qu'« il y a une expression claire sur le fait qu’il faut baisser les prélèvements obligatoires et les impôts ».

10 milliards d’euros par an en 2030

Ce qui complique l’équation financière de la future réforme, dont le coût est estimé à 10 milliards d’euros par an en 2030. Une somme censée répondre à l’explosion des besoins : les plus de 85 ans seront 4,8 millions en 2050, soit trois fois plus qu’aujourd’hui. « Pour moi ça doit être un financement public (…) dans le cadre de la protection sociale », a-t-elle indiqué.

« Je ne vois pas comment nous pourrions proposer plus d’impôts », donc « nous devrons travailler un peu plus », a-t-elle ajouté, « sauf à réduire les dépenses sociales, mais je ne vois pas lesquelles ». Depuis deux semaines, le gouvernement a avancé la piste d'un allongement de la durée du travail pour financer la dépendance, indépendamment de la réforme des retraites attendue cet été, qui maintiendra l’âge légal de départ à 62 ans.