Macron «ne pourra pas être candidat en 2022» si «on ne réussit pas», estime Emelien

ELECTION PRESIDENTIELLE L'ancien conseiller spécial du chef de l’Etat a fait un parallèle avec la situation de François Hollande en 2017

20 Minutes avec AFP

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Ismaël Emelien sur BFMTV, le 27 mars 2019.
Ismaël Emelien sur BFMTV, le 27 mars 2019. — BFMTV

Emmanuel Macron « ne pourra pas être candidat » à l’élection présidentielle de 2022 « si on ne réussit pas d’ici » là, a estimé mercredi Ismaël Emelien, ancien conseiller spécial du chef de l’Etat qui a annoncé sa démission en février.

« J’ai une conviction à titre personnel, c’est que si on ne réussit pas d’ici à 2022, la question ne se posera même pas. Il ne sera pas candidat, il ne pourra pas l’être, c’est ce qui s’est passé pour son prédécesseur », François Hollande, a affirmé sur RMC/BFMTV Ismaël Emelien, qui publie avec l’économiste et ex-conseiller élyséen David Amiel Le progrès ne tombe pas du ciel (Editions Fayard).

Emmanuel Macron ne parle « jamais » de 2022, a assuré l’ancien conseiller qui a quitté l’Elysée lundi. « Toute l’énergie qu’il a, toute l’énergie qu’on met dans l’action, elle est tournée, non pas vers 2022, mais vers maintenant et ici », a-t-il ajouté. « La question ne se posera que si on a réussi avant », a-t-il insisté, sans préciser les critères de la réussite.

« Est-ce qu’on remet de la confiance dans le système ?

« J’ai souvent eu l’occasion de dire que je considérais qu’un bon critère de réussite de ce quinquennat, c’est si à la fin de ce quinquennat les parents pensent que leurs enfants vivront mieux qu’eux », a répondu le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, interrogé à la sortie du Conseil des ministres sur ces propos d’Ismaël Emelien.

« Est-ce que nos compatriotes à la fin de ce quinquennat considéreront que le pacte de confiance est renoué et qu’on remet de la confiance dans le système pour leurs enfants ? C’est en tout cas moi à l’aune de cet indicateur que je considérerais que ce quinquennat est réussi », a-t-il précisé.

L'« inquiétude qui habite cette majorité présidentielle »

« Personne ne peut croire un seul instant qu’Emmanuel Macron ne pense pas à 2022 », a réagi sur BFMTV le député socialiste des Pyrénées-Atlantiques David Habib. Pour lui, il n’y a pas un seul critère de réussite, mais « c’est un sentiment général et il faut que sur l’ensemble de ses sentiments, y compris sur l’aménagement du territoire, sur les questions industrielles, sur les questions agricoles, il y ait des résultats, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui ».

Cette « réflexion qui sent le sapin », selon Gilbert Collard sur BFMTV, trahit « une sacrée inquiétude qui habite maintenant cette majorité présidentielle ». Le député RN a aussi dénoncé « cette espèce de course au pouvoir » qui « finit par fatiguer les Françaises et les Français ».