Municipales 2020 au Mans: Les sujets qui vont agiter la campagne

POLITIQUE A un an des municipales, «20 Minutes» liste les enjeux de l'élection. Au Mans, on va parler de sécurité, d'offre médicale, de zones commerciales, de tourisme ou de centre-ville à réveiller

Frédéric Brenon

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Tramways en centre-ville du Mans (illustration).
Tramways en centre-ville du Mans (illustration). — JF.Monier/AFP

Dans un an, les Manceaux devront élire leur maire. Après un mandat marqué par le décès de Jean-Claude Boulard, à la tête de la ville depuis 2001, son successeur, l’ancien ministre Stéphane Le Foll (PS), sera de nouveau candidat. La droite et le centre, eux, croient en leurs chances de renverser une gauche qui pourrait être divisée. Mais quels seront les thèmes qui agiteront la campagne ? Le point.

La sécurité, le sujet crispant

Le Mans n’avait pas de police municipale il y a six ans. La ville en a désormais une depuis l'été 2016. Le dispositif de caméras de vidéoprotection s’est également développé. Pourtant, le sentiment d’insécurité n’a pas diminué. La médiatisation des faits d’agressions et des trafics, en particulier en centre-ville et dans les quartiers sud, inquiète les habitants. Consciente de la situation, la majorité a déjà promis de renforcer les moyens. Considérant qu’il s’agit là d’un « sujet prioritaire », Les Républicains réclament « davantage d’ambition » avec des policiers municipaux mobilisés 24h/24 et armés. Stéphane Le Foll y est opposé.

L’offre médicale, les habitants veulent du concret

La Sarthe souffre d’une désertification médicale. Le Mans est également touché. L’offre de soins est jugée insuffisante par les habitants qui n’en peuvent plus de galérer pour obtenir rendez-vous chez un médecin généraliste ou spécialiste. Stéphane Le Foll, qui a annoncé la livraison de deux maisons pluridisciplinaires de santé près de l’Ile-aux-Planches et aux Maillets, veut croire au « développement de la télémédecine ». La droite et le centre appellent à « mobiliser tous les acteurs ». « Il faut faciliter l’exercice de la profession, fidéliser l’implantation de manière incitative », propose la députée socialiste Marietta Karamanli.

Le Mans, une ville enfin attractive ?

Le Mans est reconnu pour son patrimoine historique et culturel (Cité Plantagenêt, remparts, etc.). Elle dispose aussi de la réputation internationale des 24 Heures. Malgré ces atouts, le tourisme d’agrément ou d’affaires peine à décoller. Nantes, Rennes ou Tours, pourtant plus éloignées de Paris, tirent davantage leur épingle du jeu. « Le Mans doit devenir enfin une ville où on fait étape », insiste la droite. En attendant, la mairie a transmis une demande de classement Unesco pour la muraille romaine. Elle postule aussi au titre triennal de «Capitale française de la culture ». Le projet de parc à thème autour des 24 Heures, porté par l’Automobile club de l’ouest, est également suivi avec attention.

L’abondance commerciale en périphérie divise

Le Mans fait partie des villes françaises les mieux équipées en zones commerciales (par habitant). Une situation exacerbée par le projet Maine street à Ruaudin et, surtout, le projet contesté d'Ikea-Leclerc à Béner. Les uns y voient un atout pour attirer des clients venus de loin, les autres s’alarment pour l’avenir des petits commerces ou la destruction de terres agricoles. Des élus de tous bords s'interrogent. Le projet est bien avancé mais les opposants, soutenus par les écologistes, pensent pouvoir encore le faire capoter en justice. Les prises de position des candidats à l’élection s’annoncent explosives.

Un centre-ville à réveiller ?

Trop minéral, trop sale, peu attractif… Le centre-ville du Mans n’est pas épargné par les critiques de ses propres habitants. « Il faut prendre le problème à bras-le-corps », réclame l'association de commerçants Manséa. Elle demande en particulier de « mieux organiser les cheminements piétons » et « mieux faire connaître les lieux de stationnement ». Il faudrait aussi revoir à la baisse les tarifs des parkings, voire des transports en commun, estiment les professionnels du centre-ville. Les Républicains insistent sur la propreté des rues « à améliorer ». L’envie de verdir l’espace public ou de valoriser les bords de Sarthe fait, elle, consensus.