«Gilets jaunes»: On vous résume le débat entre les six chefs des grands partis

DEBAT Six chefs de partis ont débattu mercredi soir sur BFMTV des issues à la crise des «gilets jaunes»

T.L.G.

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Capture d'écran BFMTV.
Capture d'écran BFMTV. — BFMTV

Six chefs de partis en débat. François Bayrou (MoDem), Olivier Faure (PS), Stanislas Guerini (LREM), Marine Le Pen (RN), Jean-Luc Mélenchon (LFI), et Laurent Wauquiez (LR) ont échangé sur la crise des «gilets jaunes» dans une émission spéciale mercredi soir sur BFMTV. Vous n’avez pas suivi les échanges ? Pas de souci, on vous résume la soirée.

Premier thème de la soirée : la fiscalité

Marine Le Pen propose « d’arrêter de prendre aux pauvres pour rendre aux très riches » car « il n’y a plus de consentement à l’impôt », se disant « opposée » à la suppression de l' ISF, et proposant « un dégrèvement de la CSG qui sera progressif sur 5 ans ». François Bayrou s’est lui contenté de dénoncer « l’exonération fiscale » et « l’optimisation fiscale ».

« On est en train de perdre notre temps. Dans n’importe quelle démocratie au monde, au bout de dix-huit semaines d’insurrection, on vote. Et là le président ne veut pas qu’on vote », s’est agacé Jean-Luc Mélenchon, qui a proposé de faire passer l’impôt sur le revenu de 5 à 14 tranches pour soulager les classes moyennes. Olivier Faure a évoqué un « ISF vert » : un impôt sur la fortune pour financer la transition écologique.

Attaqué de toutes parts, Stanislas Guérini a défendu les mesures du gouvernement. « Il faut qu’on continue à baisser les impôts des Français, c’est ce qu’on fait depuis le début du quinquennat », montrant aux caméras, pour le prouver, la fiche de paie d’un salarié. « Pourquoi vous n’êtes pas venu avec une feuille de retraite ? Avec une facture des carburants ? Nous pourrions constater les pertes de pouvoir d’achat provoquées par vos hausses d’impôts », a alors taclé Laurent Wauquiez, qui a demandé « une baisse de 10 % de l’impôt sur le revenu et qu’on réindexe au minimum toutes les retraites sur l’inflation ».

Deuxième thème : la France des oubliés

Evoquant le mouvement des « gilets jaunes », Laurent Wauquiez a torpillé la majorité. « Quand vous avez pris des décisions très dures contre les automobilistes, c’est cette France que vous avez déclassée. Renoncez aux augmentations de fiscalité sur le carburant ». Stanislas Guerini a esquivé l’attaque, défendant « la mise en place d’un système de location de voitures », et la gratuité du permis de conduire pour les jeunes participant au service civique.

Jean-Luc Mélenchon a lui fustigé les traités européens, « qui disent plus de marché, moins d’Etat. Nous avons besoin d’Etat », a-t-il clamé, prônant un « protectionnisme intelligent ». La patronne du Rassemblement national a évoqué « l’insécurité », qui « a des conséquences sur la désertification », avec par exemple « la catastrophe que représente actuellement l’explosion des cambriolages ».

Le premier secrétaire du PS a lui ciblé le problème de la désertification médicale et ironisé sur les propositions de François Bayrou : « Parfois vous êtes plus éclairé que votre majorité ».

Troisième thème : les violences des manifestations

Le député LREM a dénoncé les violences : « Ce n’était pas des manifestants, c’était des émeutiers. Venus pour casser, piller, incendier », et défendu la loi anti-casseurs votée par la majorité. Réplique de Laurent Wauquiez, qui ne l’a pas lâché de la soirée : « Cette présidence est marquée par l’installation de ce chaos. Dès le 4 décembre, nous avons demandé l’instauration de l’Etat d’urgence », a-t-il rappelé, demandant une « peine plancher quand on agresse les pompiers ou les forces de l’ordre ».

La température est montée d’un cran sur le plateau quand la décision du gouvernement de mobiliser les militaires de Sentinelle pour les manifestations de samedi a été évoquée. « C’est une erreur totale de faire ça ! », a tonné le patron des Insoumis. « C’est déjà le cas dans toutes les gares, tous les aéroports… », a tenté François Bayrou, avant que Marine Le Pen lui coupe la parole : « Contre qui ? Contre les terroristes ! », a hurlé Marine Le Pen. « On ne met pas l’armée contre le peuple français. Le gouvernement a les moyens d’arrêter ces centaines de casseurs professionnels, dont on connaît l’identité », a-t-elle ajouté. « Et la prochaine étape c’est quoi ? On tire ? C’est un métier d’être policier. Il faut faire baisser la température », a abondé Jean-Luc Mélenchon.