VIDEO. Assemblée nationale: Une députée «choquée» par des «remarques genrées» de Jean Lassalle

SEXISME « Personnellement en tant que femme je n’admets pas ce genre de remarques », a affirmé Ericka Bareigts, provoquant des applaudissements d’autres députées et des protestations de l’ancien candidat à l’élection présidentielle

B.D. avec AFP

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Le député Jean Lassalle à l'Assemblée nationale, à Paris, le 5 mars 2019.
Le député Jean Lassalle à l'Assemblée nationale, à Paris, le 5 mars 2019. — JACQUES DEMARTHON / AFP

Il se distingue, une fois de plus. Ericka Bareigts, élue PS de la Réunion, s’est dite « choquée » par des « remarques genrées » du député Jean Lassalle (non inscrit) adressées à la ministre Agnès Buzyn, dans la nuit de lundi à mardi, lors de l’examen du projet de loi Santé à l’Assemblée nationale.

« Je voudrais dire au collègue Lassalle pour ses remarques genrées vers la ministre de la Santé, personnellement en tant que femme je n’admets pas ce genre de remarques. Et cette remarque m’a beaucoup choquée », a affirmé Ericka Bareigts, provoquant des applaudissements d’autres députées et des protestations de l’ancien candidat à l’élection présidentielle.

« Monsieur Lassalle, n’en rajoutez pas, ce n’est pas la peine », a enchaîné la présidente de séance Carole Bureau-Bonnard (LREM) pour obtenir le silence de l’intéressé, qui voulait répondre à Ericka Bareigts. Quelques minutes auparavant, Jean Lassalle avait fait part de son agacement au sujet du projet de loi, en s’adressant à Agnès Buzyn, alors que les débats tournaient autour de la désertification médicale.

« Un peu moins de maternités de fermées »

« La seule chose qui m’interroge c’est comment des ministres peuvent avec une telle constance plonger le pays dans lequel ils l’ont plongé depuis une vingtaine d’années. Et quand je pense que c’est des ministres femmes… Avec tout ce que l’on dit à juste titre de la femme aujourd’hui… C’est des ministres femmes, des femmes qui portent l’enfant, nos mères, nos soeurs, nos filles qui sont capables de porter des textes pareils », a d’abord affirmé Jean Lassalle.

« Moi j’aurais fait comme (Nicolas) Hulot, j’aurais dit "merde" et je serais parti… Et elles en seraient sorties grandies. J’attends que la dernière s’en aille mener la liste de LREM aux Européennes. Il y aura un peu moins de maternités de fermées peut-être », a poursuivi l’élu des Pyrénées-Atlantiques.

Sur Twitter, le patron des députés LREM Gilles Le Gendre, a regretté ces « propos misogynes », « indignes de l’Assemblée nationale » selon lui.