«Gilets jaunes»: «Le mouvement ne survit aujourd’hui que par la violence», estime Christophe Castaner

LIVE Revivez l'audition de Christophe Castaner et de Bruno Le Maire au Sénat 

Jean-Loup Delmas et Manon Aublanc

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Christophe Castaner et Bruno Le Maire lors de l'audition au Sénat
Christophe Castaner et Bruno Le Maire lors de l'audition au Sénat — Jacques Witt/SIPA

L’ESSENTIEL

  • Samedi dernier, l’acte 18 des « gilets jaunes » a connu un pic de violence dans le mouvement avec des scènes de casses et de heurts avec les forces de l’ordre, notamment sur les Champs-Elysées.
  • Les images ont fait le tour du monde et ont suscité de vives réactions, tant des autres pays que des partis d’oppositions en France, ces derniers dénonçant un laxisme.
  • Christophe Castaner, le ministre de l’Intérieur, et Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie, se sont exprimés, ce mardi, devant le Sénat pour expliquer comment de telles violences ont pu avoir lieu.

A LIRE AUSSI

A VOIR

 

19h53 : C’est la fin de ce live, merci de l’avoir suivi avec nous.

19h27 : Après trois heures d’audition, plus de quarante questions, près de 53 minutes de réponses de la part des deux ministres, l’audition est désormais terminée.

« La situation actuelle ne doit pas tourner à une sorte de désordre hebdomadaire chaque samedi », conclut Philippe Bas, le président de la commission des lois du Sénat.

19h21 : Concernant les prochaines mobilisations des « gilets jaunes »

« On n’attendra pas qu’il y ait des exactions ou des violences pour intervenir». 

19h19 : « Ce mouvement ne survit aujourd’hui que par la violence »

« Vous m’interrogez pour savoir quand nous allons rétablir l’ordre public (…) pour rétablir l’ordre public face à des voyous, il faut assumer. Voyous, et même assassins, pour ceux qui ont mis le feu à cet immeuble. Quelqu’un qui met le feu à un immeuble d’habitation assume d’être considéré comme un assassin », déclare le ministre.

« Ce mouvement ne survit aujourd’hui que par la violence », ajoute Christophe Castaner. « Ça n’est plus aujourd’hui un mouvement social revendicatif ».

19h10 : « Un blessé, qu’il porte un gilet jaune ou un képi bleu, est un blessé de trop ».

« Un blessé, c’est systématiquement un échec », déclare le ministre. « Je fais une vraie différence entre ceux qui sont vraiment légitimes à utiliser la force (…) et ceux qui viennent pour casser et pour détruire ».

19h07 : Christophe Castaner s’explique sur le limogeage de Michel Delpuech, le préfet de police de Paris

« Le préfet Delpuech est un préfet remarquable », explique le ministre. « Mais, le changement de doctrine a été décidé samedi à la préfecture de police de Paris, sans que le gouvernement et les deux ministres qui sont devant vous n’en soient avertis. (…) Sans remettre en cause l’homme, nous avons souhaité qu’il y ait une reprise du management », explique Christophe Castaner.

19h01 : Sur les personnes interpellées et traduites en justice : « Sur les 1800 premiers jugements rendus il n’y a eu que 100 relaxes », répond Christophe Castaner.

18h55 : Le ministre répond à la question de la sénatrice Esther Benbassa

« Vous laissez faire les casseurs, me dites-vous Madame Benbassa ? C’est une insulte » répond Christophe Castaner. « Les déclarations de Messieurs (Eric) Drouet et (Maxime) Nicolle qui, au soir des dégâts sur les Champs-Elysées, se sont félicités de ce qui s’était passé, suffisent à les discréditer ».

18h50 : « Ceux qui ont manifesté samedi et qui ont cassé n’ont aucune revendication »

« La consigne, c’est celle de la plus grande fermeté », affirme Castaner. « Personne ici, ne peut penser que qui que ce soit laisse faire les casseurs », s’énerve le ministre.

« Je suis convaincu d’une chose : ceux qui ont manifesté samedi et qui ont cassé n’ont aucune revendication, si ce n’est celle de faire tomber la République ».

18h48 : Laurent Nuñez, le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur, répond lui aussi aux questions

« Il n’y avait pas que 300 ultras, ils étaient beaucoup plus nombreux. Il y avait aussi des "gilets jaunes" qui se sont radicalisés (…) Il y a un certain nombre d’individus qui sont connus, certains d’ultra-gauche, certains d’ultra-droite. »

18h44 : Christophe Castaner balaye l’idée d’un rétablissement de l’état d’urgence

« Il s’agit d’un état exceptionnel en cas de péril grave et imminent. Nous ne sommes pas dans ce cas de figure ».

18h41 : « Nous avons rapatrié des effectifs qui étaient hors de Paris »

« Dès le matin, nous avons une mauvaise physionomie, les manifestants ont voulu reprendre l’Arc de Triomphe (…) Ils ont cassé la grille du souterrain de l’Arc de Triomphe, ça ne s’est pas su, je vous le livre », explique Christophe Castaner.

18h38 : « Entre le 8 décembre et maintenant, nos forces de l’ordre ont agi de manière satisfaisante », tempère le ministre de l'Intérieur.

18h37 : « L’ordre public a perdu des effectifs ces dernières années (…) Ni les gouvernements précédents, ni les gouvernements actuels n’ont priorisé l’ordre public. »

18h35 : « Nos forces de sécurité ont sauvé des femmes et des hommes, mais elles ont aussi préservé »

18h33 : Christophe Castaner prend la parole

« Il y a eu des dysfonctionnements et un phénomène constaté de dépassement de la violence », reconnaît le ministre de l’Intérieur.

18h33: «Le préfet de police vous a-t-il désobéi ? Ne pensez-vous pas que vous avez une responsabilité ?», demande Sophie Primas

18h31 : En dehors des murs, d’autres élus réclament la démission du ministre de l’Intérieur

Jordan Bardella, tête de liste du Rassemblement national pour les élections européennes, demande, comme Les Républicains et Debout la France, la démission du ministre de l’Intérieur : « M. Castaner est le ministre du laxisme, il doit prendre ses responsabilités », a-t-il déclaré au micro de BFMTV.

18h29 : « Le quinquennat d’Emmanuel Macron doit s’achever dans 3 ans. Verrons-nous un acte 180 ? Quand comptez vous rétablir l’ordre républicain, dans un mois, un an ? », questionne un sénateur.

18h22 : « Monsieur le Ministre, en limogeant le Préfet, n’êtes-vous pas en train de tenter de mettre la main sur l’Etat dans l’Etat, c’est-à-dire la Préfecture de Police ? », tacle une sénatrice.

18h21 : « Ne faut-il pas, le temps de l’application de la nouvelle loi encadrant les manifestations, interdire temporairement ces manifestations ? », interroge Dany Wattebled, sénateur du Nord.

18h19 : « Douze compagnies pour sécuriser l’Elysée. N’auraient-elles pas été plus utiles sur les Champs-Élysées ? (…) Vous dites que vos ordres n’ont pas été respectés, vous étiez sur place, et pas au ski, pourquoi vous ne vous en êtes pas rendu compte ? », demande un sénateur au ministre de l’Intérieur.

18h14 : « Quand allez-vous enfin faire évoluer la doctrine de maintien de l’ordre pour interpeller les délinquants ? », interroge Claudine Thomas, sénatrice de Seine-et-Marne.

18h12 : « Pensez-vous que la répression croissante soit la bonne réponse ? Il serait temps d’apporter une réponse politique », demande Esther Benbassa, sénatrice EELV de Paris.

18h04 : « Il faut que le gouvernement entende les critiques sur sa gestion du maintien de l’ordre », estime Patrick Kanner, président du groupe PS au Sénat.

« Avez-vous correctement jugé l’ampleur des réponses à apporter à une situation inédite dans notre pays ? Votre triptyque "libérer, protéger, unir" est-il toujours d’actualité ? », demande-t-il.

18h01 : Les sénateurs posent désormais leurs questions à Christophe Castaner, le ministre de l’Intérieur

17h58 : Bruno Le Maire rappelé à l’ordre

Sophie Primas, la présidente de la Commission des Affaires Économiques, a rappelé le ministre de l’Economie à l’ordre : « Monsieur, le Ministre, nous ne sommes pas dans un discours de politique générale ».

« Tous ceux qui voudraient faire la Révolution à coups de grands slogans, et avec la violence, devraient se rendre compte qu’ils font le malheur de milliers de Français qui veulent vivre de leur travail », déclare Bruno Le Maire en conclusion.

17h57 : « J’ai demandé aux compagnies d’assurances et aux banques de mettre en place des procédures accélérées » répond Bruno Le Maire, interrogé sur la question des indemnisations.

17h56 : « Si les difficultés financières d’un commerçant ne peuvent pas être résiliées par un plan d’étalement de paiement, il peut solliciter une remise partielle ou totale de ses impôts directs »

17h58: « Je ne suis pas pour plus de redistribution, je suis pour plus de création de richesse »

17h56 : « Je ne suis pas là pour tout dire que tout va bien, mais dire que tout va mal n'améliore pas l'attractivité économique de notre pays »

17h55 : « Ce qu’il faut pour le pays ? Le retour au calme. Cela passe par une restauration de l’attractivité économique »

17h50 : « L'une des réponses à cette crise, c'est de baisser la dépense publique pour baisser les impôts » 

17h45 : Réponse de Bruno Le Maire aux différentes questions

Le Ministre rappelle en premier lieu la possibilité pour les victimes économiques des « gilets jaunes » de « solliciter une remise totale ou partielle de ses impôts sur le revenu ou direct. Les services d’impôts étudient chaque demande de grâce au cas par cas. »

17h35 : La question de la justice sociale mise sur la table
Beaucoup de sénateurs expriment également leur doute sur une sortie de crise sans réforme sociale profonde. « Revalorisation des salaires » et « justice sociale » reviennent extrêmement souvent dans les questions.

17h30 : Les différents sénateurs posent tour à tour leurs questions

Chacun dispose d’une minute trente pour cela. Les ministres y répondront ensuite. Pour le moment, c’est le ministre de l’Economie qui est interrogé.

Les principales questions concernent le bilan économique de Bruno Le Maire. La présentation du ministre, sur l’impact des « gilets jaunes », et sur la bonne santé économique du pays, ne semble pas avoir convaincu.

17h25 : Michel Raison, sénateur LR « Nous nous demandons quand l’Etat retrouvera un patron »

17h18 : « 38,5 millions d'euros de coût pour l’Etat à cause du chômage partiel avec la crise des "gilets jaunes" »

Il cite également comme mesure forte l’annulation d’impôt de société ou d’impôt sur le revenu pour les commerçants ayant subi trop de perte économique à cause de la crise.

17h15 : « Quand on attaque les banques, on attaque les 350.000 employés derrière »
Le ministre de l’Economie défend son bilan en citant ses nombreux rendez-vous et déplacement à la rencontre des victimes économiques des « gilets jaunes ».

17h10 : Au tour de Bruno Le Maire de s’exprimer sur l’impact économique des « gilets jaunes »

Premier impact à court terme : 0,1 point de PIB pour le quatrième trimestre 2018 et 0,2 point de PIB pour 2018-1019, au maximum.

Il rajoute que cet impact s’ajoute à celui de la grève SNCF, évalué lui aussi à 0,1 point de PIB.
« La crise a eu un impact significatif sur notre croissance », a fortiori à cette période de l’année.

17h05 : Laurent Nunez, secrétaire d’état auprès du ministère de l’Intérieur, s’exprime à son tour

Il reconnaît lui aussi que tout avait été anticipé, mais que les mesures n’ont pas été appliquées, notamment un « usage dégradé » du LBD, pas assez utilisé selon lui et le ministre.

17h00 : Plus de moyens pour la police
Plus d’effectif, plus de moyens technologiques (vidéo, drone, plus d’officiers, plus d’initiative)… Le ministre de l’Intérieur énumère les décisions d’Edouard Philippe ce lundi.

16h55 : « Nous avions prévu ce niveau de violences, il n’y a pas eu de problème d’anticipation »

« Nous avions demandé au Préfet de police de réagir avec la plus grande fermeté. Certaines consignes n’ont pas été appliquées. Nous avons pris les mesures nécessaires. »
Pour rappel, le Préfet de police a été remplacé hier, sur décision du président de la République.

16h50 : Castaner prend la parole pour la première fois

Il fait le parallèle avec la Marche pour le climat, avec « trois fois plus de monde et s’étant passé sans encombre ». Il cite notamment le problème des « ultras jeunes et des blacks blocs ». Il cite notamment le bilan le plus lourd pour les forces de l’ordre lors de l’acte 18.

16h45 : « Pourquoi le LBD n’a pas été plus utilisé samedi dernier ? »
Philippe Bas rappelle que le ministre de l’Intérieur n’a cessé de défendre l’utilisation de cette arme.

16h40 : « Le Sénat salue l’action et l’engagement de nos forces de l’ordre »

« Nous cherchons les moyens qu’ils effectuent leurs tâches le mieux possible », souligne Philippe Bas, président (LR) de la commission des lois. « Nous constatons que nos forces n’ont pas su contenir les exactions. »

16h35 : Bruno Le Maire est interrogé sur le coût des dégradations et sur les discussions entre l’Etat et les assureurs

Le ministre de l’Economie et des finances, lui aussi présent à l'audition, va devoir s'exprimer après l'introduction de Philippe Bas, président (LR) de la commission des lois. 

16h33 : Début de l’audition

Sophie Primas, présidente (LR) de la commission des affaires économiques présente l’audition, annonçant que les sénateurs sont là pour « comprendre » comment ces violences ont pu avoir lieu.

16h30 : Des violences avec un fort impact économique
Les manifestations des « gilets jaunes » ont causé 170 millions d'euros de dégâts, sans compter l'acte 18.

16h25 : L’opposition dénonce un « laxisme sécuritaire »
Les évènements de samedi ont été vivement dénoncés par l’ensemble des partis d’opposition, qui dénonce un « laxisme sécuritaire » de la part du gouvernement. D’où l’audition d’aujourd’hui. Le Préfet de police de la capitale, lui, a déjà été remplacé hier lors des annonces d’Edouard Philippe.

16h15 : Des mesures forces annoncées par Edouard Philippe
Ce lundi, le Premier ministre avait annoncé plusieurs mesures suite aux violences de samedi. Plus grande autonomie de la police, possibilité de « marquer » les casseurs, interdiction de manifester dans certains quartiers…

 

16h00 : Christophe Castaner bientôt au Sénat

Bonjour à tous, nous suivons ici l’audition de Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, convoqué par le Sénat à la suite des violences des « gilets jaunes » de samedi.