«Gilets jaunes»: Le week-end au ski de Macron écourté mais critiqué, l'exécutif dénonce une «fausse polémique»

POLITIQUE L’opposition de droite a tiré toute la journée à boulets rouges sur le gouvernement, fustigeant « l’incompétence » du président dont les photos prises sur les pistes de ski ensoleillées tournaient en boucle sur les réseaux sociaux

M.C. avec AFP

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Emmanuel Macron au ski à La Mongie, le 15 mars 2019.
Emmanuel Macron au ski à La Mongie, le 15 mars 2019. — LAURENT DARD / DDM / AFP

Mitraillé par l’opposition qui dénonce « l’incompétence » de l’exécutif, Emmanuel Macron a dû écourter son week-end de ski samedi et promis des « décisions fortes » en réponse aux dégâts commis sur les Champs-Elysées lors de l’acte 18 des « gilets jaunes ».

« Nous avons aujourd’hui des gens qui essayent par tous les moyens (…) d’abîmer la République pour casser, pour détruire au risque de tuer », a affirmé le chef de l’Etat venu à la cellule de crise du ministère de l’Intérieur pour faire le point de nouvelles scènes de violences rappelant des épisodes précédents du mouvement social.

« Beaucoup de choses ont été faites depuis novembre mais très clairement la journée d’aujourd’hui montre que sur ces sujets-là et ces cas-là, nous n’y sommes pas », a-t-il admis. Pour lui, « tous ceux qui étaient là se sont rendus complices » du saccage d’une partie des magasins, restaurants ou d’une succursale bancaire des Champs-Elysées, mené par quelque 1.500 personnes, dans une journée qui a rassemblé plus de 32.000 « gilets jaunes » en France.

« Pendant que Paris brûle, Macron fait du ski »

Une mise au point en fin de soirée alors que l’opposition de droite a tiré toute la journée à boulets rouges sur l’exécutif, fustigeant « l’incompétence » du président dont les photos prises vendredi le montrant souriant sur les pistes de ski ensoleillées de la Mongie tournaient en boucle dans les médias et sur les réseaux sociaux samedi.

« Comment peut-on imaginer dans un autre pays de telles scènes de chaos avec le président de la République qui continue de skier ? C’est une question de positionnement, à la fois Paris qui brûle et à la fois le président à la Mongie », a dit Laurence Sailliet, porte-parole de LR, à BFMTV qui juxtaposait les photos du président et des Champs-Elysées pillées et saccagées. « Pendant que Paris brûle, Macron fait du ski et Castaner démontre encore son incompétence », a martelé Lydia Guirous, autre porte-parole du parti. « Mais quelle honte », a jugé pour sa part la députée européenne LR Nadine Morano.

« Il y a effectivement une erreur » de communication du président, a reconnu la députée Isabelle Florennes, du MoDem, allié du parti présidentiel, soulignant que « l’image n’est pas bonne ».

« Mettre fin à l’impuissance de l’Etat »

Le chef des Républicains, Laurent Wauquiez, a fustigé « Un samedi de plus de violences qu’on laisse dégénérer au cœur de notre capitale. Jusqu’à quand @EmmanuelMacron, @EPhilippePM ? Il est temps de réagir. Il est temps d’agir », a-t-il tweeté.

François-Xavier Bellamy, tête de liste LR pour les élections européennes, a appelé à « mettre fin à l’impuissance de l’Etat ».

« Personne ne peut croire que les moyens nécessaires à la sécurité ont été mis. Si la loi anticasseurs, votée au Parlement, n’était pas bloquée par @EmmanuelMacron on serait plus efficace ! », a fait valoir le centriste (UDI) Jean-Christophe Lagarde.

« Les Black Blocs détruisent, brûlent, violentent toujours en toute impunité », a relevé Marine Le Pen sur Twitter... en joignant une photo prise le 1er mai 2018.

 

« Un peu de dignité et d’unité nationale »

Un tir de barrage qui a fait monter au créneau jusqu’au porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux. « C’est une fausse polémique. Il a présidé la Cellule interministérielle de crise à Paris, et s’est évidemment tenu informé minute par minute toute la journée », a-t-il déclaré au Parisien samedi soir, disant attendre « dans ces moments-là un peu de dignité et d’unité nationale ».

Il a rappelé qu’Edouard Philippe était allé soutenir les forces de l’ordre en bas des Champs-Elysées, alors qu’au même moment des magasins étaient pillés et incendiés plus haut sur la « plus belle avenue du monde ». Le chef du gouvernement a réaffirmé « l’objectif de totale fermeté » du gouvernement contre « plusieurs milliers de personnes très déterminées, qui sont là pour créer le désordre ».

Des « professionnels de la casse et du désordre » pour Christophe Castaner. « Quelques démagos irresponsables », pour Richard Ferrand, président LREM de l’Assemblée nationale. Comme le président, il a dénoncé « ceux qui excusent ou qui encouragent » ces actes « inacceptables » s’en rendent « complices ».