Comment le violentomètre doit-il calmer les élus du conseil régional d'Ile-de-France?

BAROMETRE L’instauration du « violentomètre » au conseil d’Ile-de-France doit être votée lors de l’audience du conseil régional les 20 et 21 mars

F.H. avec AFP

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Un combat de coqs. (Illustration)
Un combat de coqs. (Illustration) — CHINE NOUVELLE/SIPA
  • La mise en place du « violentomètre » intervient « après de nombreux incidents de séances, des vociférations, des comportements irrespectueux dans l’hémicycle depuis le début de la mandature », justifie la région Ile-de-France.
  • L’opposition a dénoncé ce choix, certains critiquant « un détournement » de cet outil destiné à être diffusé aux lycéens pour les sensibiliser aux violences faites aux femmes.

On connaissait le bâton de la parole, le roi du silence ou la tête dans les bras pour cadrer ou calmer les discussions en famille ou dans les classes d’école. Au conseil régional d'Ile-de-France, le « violentomètre » va être instauré. Ce baromètre est destiné à évaluer la violence des élus et censé les calmer, a annoncé la région.

L’opposition a dénoncé ce choix, certains critiquant « un détournement » de cet outil destiné à être diffusé aux lycéens pour les sensibiliser aux violences faites aux femmes.

Ce dispositif, qui sera voté lors de l’audience du conseil régional les 20 et 21 mars, intervient « après de nombreux incidents de séances, des vociférations, des comportements irrespectueux dans l’hémicycle depuis le début de la mandature », justifie la région.

« Une commission du règlement proposera quelles sanctions à appliquer »

En décembre, « un conseiller régional a dû être exclu de la séance compte tenu de la violence de son comportement », précise la région. Cet élu du groupe Alternative écologiste et sociale (AES) avait « jeté des parapheurs sur un vice-président du conseil régional à la tribune », a précisé l’entourage de Valérie Pécresse.

Adapté pour le Conseil régional, il va de la « sérénité » (où l’élu « respecte le temps imparti pour ses déclarations orales » ou « respecte les décisions de la présidence de séance » par exemple), à « la vigilance » (l’élu « prend la parole quand ce n’est pas son tour » ou « abuse des rappels au règlement »), et jusqu’à la « protection » (l’élu « pète les plombs », « injurie un autre élu », « commet un acte de violence physique en séance »).

« Après l’adoption de ce violentomètre, une commission du règlement proposera quelles sanctions à appliquer » en fonction du comportement constaté, précise l’entourage de Valérie Pécresse.

Le violentomètre dévoyé pour certains

Dénonçant un outil « infantilisant », Mounir Satouri (AES) déplore une violence régulière contre l’opposition : « Les votes s’enchaînent sans réponse, le droit d’exposer un amendement nous est régulièrement retiré, l’accès à la tribune publique est interdit, il faut se battre pour parler », dit-il.

Pour Céline Malaisé (Front de gauche), Valérie Pécresse « a décidé de dévoyer le violentomètre. […] Si elle veut assurer la sérénité des débats politiques qui sont utilement contradictoires, elle doit respecter les droits de son opposition ».

« Nous sommes choqués du détournement d’un outil visant à lutter contre les violences faites aux femmes à des fins politiciennes » a aussi réagi Nadège Azzaz (groupe socialiste, écologiste, progressiste).

Othman Nasrou (LR) a répondu en jugeant « regrettable » de devoir adapter le « règlement intérieur aux comportements inacceptables et parfois même violents de certains élus de l’opposition de gauche à la région ».