Municipales 2020 à Pau: Commerces de proximité et bus à hydrogène vont animer les débats

MUNICIPALES A un an des municipales, «20 Minutes» liste les enjeux de l'élection. A Pau, on va notamment parler du dynamisme commercial du centre-ville et des offres de mobilité

Elsa Provenzano

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François Bayrou (MODEM) a été élu en 2014 à la tête de la mairie de Pau.
François Bayrou (MODEM) a été élu en 2014 à la tête de la mairie de Pau. — NICOLAS TUCAT / AFP
  • Le projet de rénovation des Halles de Pau, en cours, et la revitalisation des commerces de proximité vont animer les débats des municipales.
  • Le déploiement du nouveau bus à haut niveau de service, présenté comme la nouvelle colonne vertébrale du réseau de transports, devrait aussi être largement commenté.

Dans la capitale du Béarn, François Bayrou et son équipe, contactés par 20 Minutes, estiment qu’il est « prématuré » de s’exprimer sur les dossiers locaux promis à animer les municipales, dont le scrutin se tiendra en mars 2020.

De son côté la République en Marche attend l’été 2019, lorsque le grand débat national et les élections européennes seront terminés, pour se positionner. « Mais deux comités de Pau travaillent déjà sur les dossiers palois, assure Loïc Corrégé, porte-parole LREM sur les Pyrénées-Atlantiques. Bayrou est un allié de notre mouvement et ce sera une possibilité de travailler avec lui ». Plusieurs dossiers sensibles sont déjà partis pour alimenter les passes d’armes de la campagne béarnaise pour les municipales.

  • La rénovation des halles

Le dossier des Halles, ce projet de réhabilitation du marché couvert qui s’étend sur plus de 4.300 m2 et dont la première phase a été livrée à l’automne, est l’une des réalisations phares de la mandature en cours. Même Jérôme Marbot, conseiller municipal d’opposition (PS) concède que « le projet architectural est plutôt réussi ». En 2016, il a reçu une distinction mondiale au Wan Awards (World Architecture News Awards) décernés par un jury international au nom de l’Académie mondiale d’Architecture. Trente-huit commerçants de bouche, du volailler au caviste, y mettent en valeur leurs produits.

Alexandre Zimmermann, président de Pau Commerces, qui regroupe 240 commerçants, estime que c’est « un bon début » sur le chemin de la revitalisation des commerces, saluant aussi les efforts de la municipalité sur la propreté de la ville.

Le hic c’est son coût, évalué à 20 millions d’euros par la majorité quand l’opposition l’estime à au moins 35 millions d’euros. Rénové, ce marché couvert est présenté par la Ville, sur son site, comme « un véritable poumon économique » qui vient « renforcer l’attractivité du centre-ville, en retrouvant son rôle de vitrine du patrimoine gastronomique local, en assurant la promotion des produits et métiers du terroir ». Pour l’opposition ce gros effort budgétaire se fait au détriment d’autres dossiers, sociaux ou associatifs.

  • Des commerces de centre-ville en difficulté

​Jugé un peu loin du centre par l’opposition, le projet des halles ne résout pas, à son sens, le problème d’un manque de vitalité des commerces du centre de la ville. « Il faut un moratoire sur les centres commerciaux de périphérie, estime Jérôme Marbot. On ne peut pas les fermer mais on peut arrêter de leur délivrer des autorisations d’extension ». « Mes commerces de centre-ville sont moins impactés que ceux sur la partie centre commercial », nuance Alexandre Zimmermann. Pour lui, les explications sont à chercher du côté de la concurrence de la vente en ligne et du contexte de mobilisations sociales sur la fin d’année 2018 et ce début 2019.

Dès 2014, la Ville et la Communauté d’agglomération Pau Béarn Pyrénées ont signé une convention avec le gouvernement et des partenaires appelée « Action cœur de ville », visant justement « la revitalisation du centre-ville de Pau ». Au-delà de la réhabilitation des Halles, la requalification urbaine liée à Fébus (lire ci-dessous), elle comprend aussi la restauration du parc Beaumont, la restructuration du musée des Beaux-Arts et l’accueil de l’Ecole supérieure d’art des Pyrénées.

  • Le Fébus, colonne vertébrale du réseau de transports

​A l’automne 2019, un nouveau réseau de bus doit être mis en place, en lien avec un bus à haut niveau de service (BHNS) entre la gare et l’hôpital, baptisé Fébus.

Ce bus, qui sera le premier de France à fonctionner à l'hydrogène, est présenté comme la future colonne vertébrale des transports de la ville, avec une desserte du nord au sud. La ville souligne le confort des huit bus de 18 mètres, spacieux et dotés de grandes fenêtres.

L’opposition pointe un abaissement des fréquences sur le réseau de lignes secondaires, préjudiciable aux habitants les plus loin du centre, et qui pourraient alors être tentés de prendre plutôt leur voiture. Pour l’association Pau Commerces, l’enjeu sera surtout que « les gens s’approprient ce nouvel outil car dans les grandes villes, les habitants ont l’habitude de prendre le métro ou le tram mais là, cela va être nouveau ».

« C’est surtout pendant les mandats qu’on discute avec les politiques, même si on recevra tous les candidats aux municipales lors d’un débat, explique le président de l’association de commerçants. Parce que cela peut changer entre ce qui est dit, ce qui est réalisable et ce qui est fait ».