Européennes: Face-à-face entre Marine Le Pen et Nathalie Loiseau dans «l'Emission politique»

DEBAT Le débat entre la présidente du Rassemblement national et la ministre des Affaires européennes sera l’un des temps forts de l’émission consacrée à Marine Le Pen

20 Minutes avec AFP

— 

Marine Le Pen sur le plateau de «L'Emission politique» le 9 janvier 2017 à Saint-Cloud.
Marine Le Pen sur le plateau de «L'Emission politique» le 9 janvier 2017 à Saint-Cloud. — Thomas SAMSON / AFP

L’une veut conforter son rôle de première opposante, l’autre est évoquée pour être tête de liste du parti présidentielle. A l’approche du lancement de la campagne des européennes, Marine Le Pen et Nathalie Loiseau doivent confronter leurs visions de l’Europe, ce jeudi soir sur le plateau de « L’Emission politique » sur France 2.

Le débat entre la présidente du Rassemblement national et la ministre des Affaires européennes sera l’un des temps forts de l’émission consacrée à Marine Le Pen, qui sera également confrontée à l’essayiste Jacques Attali et à l’ancien président du conseil italien Matteo Renzi. Trois membres du gouvernement ont conseillé Nathalie Loiseau pour ce débat : le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, élu comme Marine Le Pen dans les Hauts-de-France, Sébastien Lecornu, coanimateur du grand débat, et Benjamin Griveaux, porte-parole.

Une « débatteuse efficace »

Ce jeudi, sur Franceinfo, Gérald Darmanin a qualifié Marine Le Pen de « démagogue », « pas très sûre d’elle », mais concédé qu’elle était « une débatteuse (…) assez efficace ». Dans l’entourage de la députée du Pas-de-Calais, on espère « un débat de fond » face à une ministre qui pourrait s’avérer « polémique ». La prestation de Nathalie Loiseau, qui sera scrutée en haut lieu, aura « valeur de test », selon un ministre. Un nombre croissant de partisans de la macronie la verraient bien mener la liste LREM-MoDem pour le scrutin du 26 mai, même si cette proche d’Alain Juppé répète qu’elle n’est « pas candidate ».

Marine Le Pen devra pour sa part faire oublier son débat jugé raté de la présidentielle. Des notes et des e-mails du FN avaient montré son manque de préparation, et elle-même admet qu’elle aurait pu obtenir un meilleur score en 2017 si elle avait mieux réussi sa prestation. Cette fois, elle a reçu des fiches, politiques et techniques, « qu’elle travaille », assure son conseiller Philippe Olivier. Les deux femmes assument de concert ce duel, qui s’inscrit dans le clivage défendu par Emmanuel Macron entre « progressistes » et « nationalistes », et celui de Marine Le Pen entre « mondialistes » et « nationaux ».

« La plus compétente pour parler d’Europe »

La cheffe du RN, dont la liste aux européennes est donnée au coude-à-coude avec celle de LREM, a désormais le vent dans le dos dans l’opinion après son « trou d’air » post-présidentielle. Son parti a retrouvé dans les intentions de vote son niveau de premier tour à la présidentielle (21,3 %). Et son image auprès des Français, fortement dégradée début 2018, s’est améliorée, même si elle n’a pas retrouvé les niveaux de début 2017, selon un sondage annuel Kantar Sofres-onepoint paru mardi.

Marine Le Pen semble en outre être la seule à récolter les fruits électoraux du mouvement des « gilets jaunes », selon plusieurs études. Mais quelle que soit sa prestation jeudi, en étant invitée face à Nathalie Loiseau, Marine Le Pen « a déjà gagné » son statut de première opposante au chef de l’Etat, estime le sociologue Sylvain Crépon. Les soutiens de Nathalie Loiseau assurent que « c’est la plus compétente pour parler d’Europe » et vantent la transformation de la ministre, de plus en plus incisive, quand ses détracteurs la jugent « terriblement techno » et soulignent la précarité de son assise.