Perquisition chez LFI: Convoqué par la justice, Jean-Luc Mélenchon dénonce un abus de pouvoir

ENQUETE Il doit être entendu par les enquêteurs sur les accrochages ayant émaillé les perquisitions au siège du parti en octobre

20 Minutes avec AFP
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Jean-Luc Mélenchon en octobre 2018.
Jean-Luc Mélenchon en octobre 2018. — Thibault Camus/AP/SIPA

Jean-Luc Mélenchon est convoqué par la justice la semaine prochaine pour être entendu par les enquêteurs après les accrochages qui ont émaillé les perquisitions visant son domicile et le siège de la France insoumise (LFI) en octobre, a indiqué vendredi le parquet de Bobigny.

Le parquet a annoncé avoir convoqué Jean-Luc Mélenchon ainsi que plusieurs cadres de son parti, dans le cadre de l’enquête ouverte pour « violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique », confirmant une information de L’Express. Selon l’hebdomadaire, les députés Adrien Quatennens et Alexis Corbière sont également concernés.

Appel à « enfoncer la porte »

En octobre, des perquisitions réalisées chez Jean-Luc Mélenchon et au siège de LFI dans le cadre d’enquêtes du parquet sur des emplois présumés fictifs de parlementaires européens et sur les comptes de campagne de l’ex-candidat à la présidentielle avaient dégénéré. Le leader de LFI, filmant en direct sur Facebook la perquisition de son domicile, avait dénoncé une « énorme opération de police politique » à son encontre. Plus tard dans la matinée, il s’était rendu avec des proches au siège du mouvement, où une autre perquisition avait viré à la confrontation.

Sous les objectifs de nombreuses caméras de télévision, Jean-Luc Mélenchon avait appelé ses proches à « enfoncer la porte » pour entrer dans les locaux où la perquisition était en cours. On le voyait également bousculer un représentant du parquet ainsi qu’un policier qui tentait de s’interposer.

Impartialité

Le parquet de Paris avait aussitôt ouvert une enquête pour « menaces ou actes d’intimidation contre l’autorité judiciaire » et « violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique ». Elle a été confiée à Brigade de répression de délinquance contre la personne (BRDP) de la police judiciaire parisienne.

Jean-Luc Mélenchon n'a aps tardé à réagir en dénonçant une justice aux ordres «Tout ça n'a rien à voir avec la justice. C'est un abus de pouvoir, ça fait partie des mesures autoritaires d'un régime qui est lui-même autoritaire et a décidé de me pourrir la vie en me convoquant à intervalles réguliers sous un prétexte ou un autre», a-t-il déclaré en marge d'une avant-première à Marseille de J'veux du soleil !, le documentaire de son collègue LFI de l'Assemblée François Ruffin.

«Ça va être comme ça jusqu'au moment où ils me mettront en prison, ou bien ils décideront que je suis inéligible. Ils font ça dans tous les pays, alors pourquoi pas ici. Macron est une sorte de pointe avancée des trouvailles autoritaristes des libéraux, a ajouté le député de Marseille, convoqué la semaine prochaine. Ça va être à répétition, chaque fois qu'on va s'approcher d'une élection. Chaque semaine il y a quelque chose. La semaine dernière, j'étais un antisémite, cette semaine un repris de justice, la semaine prochaine il y aura autre chose.»