Grand débat national: Invité surprise en Gironde, Emmanuel Macron pris à partie par une femme «gilet jaune»

VISITE Emmanuel Macron s'enst rendu en Gironde, où il doit rencontrer ce vendredi Alain Juppé, le maire de Bordeaux dont ce sera le dernier jour du mandat, avant qu'il ne rejoigne le Conseil constitutionnel

20 Minutes avec AFP

— 

Emmanuel Macron s'est rendu à un débat à Pessac, près de Bordeaux, le 28 février 2019.
Emmanuel Macron s'est rendu à un débat à Pessac, près de Bordeaux, le 28 février 2019. — NICOLAS TUCAT / POOL / AFP

« J’ai le droit de ne pas mettre un gilet jaune ». A la veille de sa rencontre avec Alain Juppé, le maire de Bordeaux, dont ce sera le dernier jour de mandat avant son entrée au Conseil constitutionnel, Emmanuel Macron était l’invité surprise d’un débat à Pessac, où il a été interpellé par une femme « gilet jaune ».

« Quand j’ai vu sur BFM TV que vous veniez, j’ai pris ma voiture » pour venir, a lancé la femme. « Parce que depuis le 17 novembre je suis "gilet jaune" », a-t-elle poursuivi, applaudie par une partie de la salle, avant de tendre un collier orné d’un gilet fluo miniature au président de la République.

Emmanuel Macron dénonce le « cynisme » de Ford

« Je suis le président de toutes les Françaises et tous les Français, et j’ai le droit de ne pas mettre un collier "gilet jaune" et de ne pas mettre un gilet jaune », a répondu le chef de l’Etat en faisant valoir les « réponses » apportées par l’exécutif depuis décembre - sans véritablement la convaincre.

Interrogé quelques minutes plus tard par l’épouse d’un salarié de l’usine Ford de Blanquefort, Emmanuel Macron a estimé qu’il y avait eu « beaucoup de cynisme » de la part du constructeur qui a refusé une dernière offre de reprise. « L’Etat s’est battu, compte tenu des efforts mobilisés, s’il y avait eu un autre repreneur, je pense véritablement qu’on l’aurait eu », a-t-il assuré, promettant « un dispositif de suivi et d’accompagnement ».

« Je ne suis pas le personnage qu’on a voulu caricaturer »

Auparavant, interpellé lors d’un bain de foule par un père de famille, dont le « fils, qui est bac + 5, cherche du travail depuis neuf mois », qui s’insurgeait contre la petite phrase du président qui promettait à un chômeur de lui trouver un emploi en traversant la rue, le chef de l’Etat a plaidé un propos « sorti de son contexte ». « Je ne suis pas le personnage qu’on a voulu caricaturer : je vais toujours vers les gens et je parle très librement », s’est justifié Emmanuel Macron, qui revenait pour la première fois sur cette polémique en son temps abondamment alimentée.

« J’ai dit, les cafés-restaurants de l’autre côté de la rue - ce qui est vrai - embauchent (dans le quartier parisien de) Montparnasse, il y en a plein. Et c’est vrai. Donc je n’ai pas dit pour toutes les rues de France et de Navarre, je connais suffisamment bien le pays pour que ça ne soit pas le cas », a-t-il encore développé, regrettant « cinq minutes… sorties de leur contexte ».

Les pensions alimentaires garanties

Le chef de l’État s’est également rendu, toujours en visite surprise accompagné notamment de Marlène Schiappa et de Sébastien Lecornu, dans un centre social de Bordeaux qui aide les projets professionnels des parents isolés en difficultés, l’un des problèmes identifiés par le grand débat. Le président de la République a notamment proposé « des mécanismes de garantie » des paiements de pensions alimentaires non-honorés.

« C’est-à-dire que pour - la plupart du temps, ce sont les mères qui sont seules et à qui la pension n’est pas payée - on ait un système où l’on puisse recouvrer beaucoup plus rapidement possible cet argent auprès des mauvais payeurs et qu’on puisse même avoir des mécanismes de garantie pour les accompagner », a-t-il développé. Le président de la République a multiplié les visites surprises et tenues secrètes jusqu’au dernier moment en marge du grand débat lancé le 15 janvier, son staff invoquant des raisons de sécurité mais aussi surtout de spontanéité des échanges.