Salon de l'agriculture: «Ils sont connus eux, je crois»... On a suivi la visite en catimini des socialistes

REPORTAGE Olivier Faure, le patron du PS, était ce mercredi matin au Salon de l'agriculture avec une poignée de parlementaires

Thibaut Le Gal

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Des éléphants et des agneaux.
Des éléphants et des agneaux. — THIBAUT LE GAL/20 MINUTES
  • Olivier Faure, le patron du PS, était ce mercredi matin au Salon de l'agriculture avec une poignée d'élus.
  • Peu connus du public, les élus ont connu une visite tranquille.
  • Le patron du PS  a profité du point presse pour égratigner Emmanuel Macron.

En biologie, on appellerait ça une espèce menacée d’extinction. Très affaiblis depuis 2017, les socialistes s’étaient donné rendez-vous ce mercredi au Salon de l'agriculture. Mais mardi soir, l’entourage du Premier secrétaire du parti nous prévient : « Le point presse pour Olivier Faure et la délégation PS est à 12h15 à la sortie du stand du Centre National Interprofessionnel de l’Economie Laitière ». Pas de visite le matin ? « Si, mais sans presse ».

On décide de tenter quand même notre chance. Aux alentours de 10 heures, le patron du PS arrive en catimini avec une poignée d’élus, dont le sénateur Patrick Kanner et la députée Valérie Rabault. Aucune caméra. La foule habituelle de curieux non plus. Le petit groupe se dirige dans l’anonymat vers Imminence, la vache égérie de l’édition 2019. Avant de retourner aux bêtes, de rares personnes s’interrogent :

  • « Ils sont connus eux, je crois ».
  • « On dirait Tony Estanguet ».
  • « C’est qui lui ? Ah, Olivier Faure… Et c’est qui ? »
  • « Je reconnais l’ancien ministre des Sports, celui du Nord »
La délégation socialiste avec la reine du Salon
La délégation socialiste avec la reine du Salon - TLG/20minutes

Quelques minutes d’échanges avec les éleveurs et la petite troupe s’en va. « Ils nous ont posé quelques questions sur l’exploitation. Le monsieur en costume nous a demandé combien de travailleurs nous étions », résume l’une d’elle. Anne-France, éleveuse de la race Bleue du Nord nous répond : « Olivier Faure ? Non je ne connais pas. Mais monsieur Kanner est notre ancien président de conseil général. On a beaucoup travaillé avec lui, c’est même lui qui avait initié notre venue au salon. Il a toujours soutenu les éleveurs ».

« Il y a cette vieille croyance que le PS ne s’intéresserait pas à l’agriculture »

La délégation se dirige vers un stand d’agneaux du Quercy. En toute tranquillité. « Là, vous avez une photo historique », s’amuse Patrick Kanner, un animal entre les bras. Des membres de l’équipe immortalisent la scène. Puis les parlementaires partent faire une « pause yaourt » auprès de producteurs de Montauban.

Des éléphants et des agneaux.
Des éléphants et des agneaux. - THIBAUT LE GAL/20 MINUTES

« Lors de la loi alimentation, madame Rabault avait défendu notre projet pour que soit reconnu le label Bleu-Blanc-Cœur. Elle est vraiment intéressée par ces questions agricoles », avance Michel, producteur de lait dans la circonscription de la députée.

« Il y a cette vieille croyance que le PS ne s’intéresserait pas à l’agriculture. Moi, ça fait 40 ans que je viens au salon », assure l’élue, qui nous tend un livret. « Nous avons fait ce fascicule pour montrer que les parlementaires socialistes travaillent sur ces questions au Parlement : sur le coût de revient, la protection du foncier, les retraités agricoles, les indicateurs de qualité… »

Même topo chez Patrick Kanner : « Je suis venu ici souvent, notamment avec Stéphane Le Foll [ancien ministre de l’agriculture], dans des moments de crise. Le monde agricole fait partie de nos préoccupations prioritaires. Nous déposons de nombreux amendements pour protéger la situation des agriculteurs même s’ils ne sont pas toujours votés. N’oublions pas que les socialistes dirigent de nombreux territoires agricoles », poursuit l’ancien ministre de Hollande.

Olivier Faure, entre flegme et attaques contre Macron

Olivier Faure, lui, traverse le salon avec flegme. « Ce n’est pas sa spécialité, vu son territoire, mais il est très attentif », confie Kanner. « C’est un des plus urbains du groupe, mais je le trouve très à l’aise, à l’écoute », ajoute Rabault.

Au point presse, le patron du PS profite de trois caméras pour répondre aux questions : « On est tous heureux d’être là, l’agriculture est à la confluence de plusieurs sujets : l’emploi et les revenus des producteurs, l’équilibre des territoires, les sujets environnementaux ». Et tape sur le président de la République, qui, en visite samedi a appelé à « réinventer » la politique agricole commune (PAC).

« Aujourd’hui ce qui est central c’est l’accompagnement des agriculteurs pour la transition vers une agriculture durable et de qualité. On ne peut pas dire qu’ils n’ont rien fait, mais ils sont au milieu du gué […] C’est toujours le problème d’Emmanuel Macron, c’est un énarque qui au grand oral a les félicitations du jury, mais à l’écrit c’est toujours plus compliqué, sa copie est incomplète et floue ». Les caméras s’éteignent, et la petite troupe repart sans bruit.